SCÈNE XVIII
Les mêmes, GLMBLETTE, en cloirn.
GIMBLETTE
Ah! mes drôles!., vous vous battez sans ma permission ! (// leur donne à chacun un coup de pied au derrière.)
LE PUBLIC
Bravo! bravo!
TARBOCHET, à part.
Un coup de pied dans le fond d'un secrétaire!
FAROUciioT, à 2)art.
Insulter le médium d'un receveur !
GIMBLETTE
Ah! ah!... ceci vous ferme la bouche!., a ia bonne heure !.. mesdames et messieurs, l'ouvrage que nous allons représenter, a pour titre : La succession de Croquignole, panlomime mêlée de cris, de taloches et de Simts périlleux!.. Renouvelez la consommation !.. (On demande de nouveau, François sert.)
TARBOCHET, bas à Gimblette.
Avant tout, donnez-moi mon legs ?
GIMBLETTE
Un instant !
FAROUCHOT.
Passez-moi mes billets de mille I
GIMBLETTE
Une minute !
TARBOCHCT.
Nous avons rempli les conditions !
GIMBLETTE
Pas encore! (Haut.) Attention!., mon cher paillasse, est-il vrai que vous venez d'hériter d'un j)arent d'Amérique ? (Bas.) Répondez !
TARBOCHET, déguisunt sa voix.
Oui ! oui ! oui !
FAROUCHOT, à part.
Il déguise sa voix !
GIMBLETTE
Je VOUS félicite... mais, la fortune change les niœurs !.. montrez qu'elle ne vous a pas rendu plus fier en exécutant une culbute devant l'honorable société.
Une culbute !
GlMBUlTïE.
Allez la musique ! ( // développe un tapis quil pose au milieu du théâtre, puis, il s'en va au fond et s'élance comme pour faire un saut périlleux et s'arrête tout-à-coup pour arranger le tapis, il répète ce jeu trois fois de droite à gauche et au milieu, puis il dit bas à Tarbochet.) Vite la culbute, ou je vous démasque!
TARBOCHRT, â paît.
Ah! le gredin !... sans les vingt mille francs! ( Il fait la culbute. )
GIMBLETTE
Pas mal! pas mal!., à vous, maître Jeanot!
FAROUCHOT.
A moi ?
GIMBLKTTE,
Vous partagez les richesses du sieur Paillasse, vous devez en partager les charges. Rédigez-nous un petit saut de carpe.
FAROUCHOT.
Je n'ai jamais vu sauter de carpes, que dans la poêle.
GIMBLETTE
J'admets cette excuse... alors faites le tour de la chaise. ( // place une chaise sur le tapis, Farouchot en fait le tour. ) Ce n'est pas ça! Placez cette chaise en équilibre sur le bout de votre nez!... Farouchot, prend la chaise que Gimhlette lui donne, essaie de la placer sur so7i nez, la chaise tombe, et François qui est derrière lui la reçoit au vol. )
GIMBLETTE
Vous êtes gentils ! vous êtes de petits anges! maintenant, recevez de ma main, cette opulence que vous avez si bien méritée par vos nobles travaux. Il leur donne à chacun un paquet de hillels qu'il tire du vieux bas.)
TARBOCHET.
Enfin !
FAROUCHOT.
Jen suis quitte !
TARBOCHET, Usaut les billets.
« Mille francs, à celui qui découvrira le secret de mes serrures. Fichet !
FAROUCHOT , de même.
« Mille francs, à celui qui fera pousser les che- < veux, mieux que l'eau du docteur Lob ! TARBOCHET, à Gimblette, bas.
Dites donc, est-ce encore un tour?., ce ne sont pas des billets de banque?... (Il les lui montre.
GIMBLETTE, baS.
Oh! je me suis trompé!... c'est Farouchotqui a les bons !
FAROUCHOT , à Gimblette, bas.
Plaisantez-vous? ce sont des billets pour faire pousser les cheveux !
GIMBLETTE, bas.
C'est une erreur! J'ai donné les autres à Tarbochet : Reclamez-les-lui !
FAROUCHOT, à Tarbochet.
Eh! vous!., pas de bruit, et partageons î
TARBOCHET.
Comment ! C'est à vous de me donner ma part.
FAROUCHOT.
Tu es un vieux filou.
TARBOCHET.
Ah ! c'est trop de patience !
FAROUCHOT.
Il faut en finir!
{Ils s'empoignent, l'un par la barbe , l'autre par le nez.) GIMBLETTE , sintcrposunt.
Arrêtez, furibonds !
(7/ les écarte. La barbe de Paillasse reste dan,"- in main de Jeanot, et le faux nez de Jeanot dans la main de Paillasse. Tout le monde se lève et les entoure*.)
CHOEllV.
Air : De L'étournmu.
Quoi! c'était M. le secrétaire Et M. le receveur!
Chacun d'eux vient ici, faire Le compère (l'un farceur!
TARBOCHET et FAROUCHOT.
Quelle catastrophe !
Ah! mes chers cousins !..
TARBOCHET Ct FAROUCHOT.
Cousins !
GIMBLETTE
Oui, cousins! Gimblette se mélamorphoseen CroquignolelCroquignole ressuscite ! Vous méprisiez le bateleur, vous vilipendiez sa profession, et vous l'avez exercée pour l'appât d'un vil métal!... Qu<' la moralité de ce fabliau profile à tous les sexes ! Quant à vous, tante Jolivar, j'achète votre café, j'épouse votre nièce, nous avons beaucoup d'enfants, et je vous donne une part dans les bénéfices !
EUPHRASIE
Vous y consentez, n'est-ce pas, ma bonne petite tante?
• T,G, Mad.J, Far. Fr.