SCÈNE V
MADAME JOLIVAR, FRANÇOIS, endormi, puis TIBURCE. dit CROQUIGNOLE, sous le nom de GIMBLETTE.
MADAME JOLIVAR.
Il faut absolument que je décide ma nièce à épouser l'un de ces deux grigous... c'est ma seule [«^■isourcc... et puisque son cousin Tiburce n'est b!as de ce monde...
oiMBLETTE, entrant.
Air: de la royale Polka.
Je n'ai point de patrie Et ne possède rien!
Partout je promène ma vie.
Vrai bohémien!
Mon seul pays, oui, j'en convien, C'est le p;iys où je suis bien !
J'suis bateleur !
Ici bas, d'ailleurs, qui n'est donc pas acteur,
Tragiqu', sauteur.
Le monde est une comédie Levez l'rideau Et vous verrez, se drapant dans son manteau, Chacun offrant sur son tréteau Un nouveau Tableau !
Je n'ai point de patrie, etc.
Madame, je désirerais...
MADAME JOLlVAR.
Je n'ai pas le temps... demandez au garçon.
{Elle sort.)
GIMBLETTE
Au garçon?... je n'en vois pas!.. {Allant à la porte du fond.) Entrez toujours, porte-faix!.. (Un porte-faix entre et dépose plusieurs paquets sur une table. Gimblette, frappant sur la table.) Garçon !
FRANÇOIS, S éveillant.
Voilà !... qu'est-ce qu'il faut servir? *
GIMBLETTE, à part.
Tiens ! il dormait ! {Haut.) Un journal !
FRANÇOIS
Lequel, Monsieur?
GIMBLETTE
Celui que tu voudras.
FRANÇOIS
Nous n'en avons aucun !
GIMBLETTE
Qu'est-ce que vous avez donc dans ce café?
FRANÇOIS
Nous avons tout ce qu'on désire !
En ce cas-là, je désire être seul, sers-moi tout de suite!
FRANÇOIS, à part.
Je me défie de ce particulier!.. Il ne prend rien, mais il pourrait prendre quelque chose... allons prévenir la bourgeoise !
GIMBLETTE
Es-tu parti?
FRANÇOIS
Vous voyez bien ! {Il sort à gauche.)
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