‹ Croquis a la plumeChapitre 47 sur 75 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

LES MÊMES, THÊRÊSON, à la porte, un plateau à la main, derrière la caisse, qui lui interdit le passage.)

thérèson. — Voilà pour vous rafraîchir.

madame de la ba^tide. — Laisse-moi là ce que lu tiens en main, et pousse de ton côté. THÉRisoii. — Mais vous allez tout renverser.

MADAME DE LA BASTIDE. — PoUSSe, le dis-je,

et ne crains rien... Allons, vous autres! parlez tous ensemble... c*est bien, ça cède, ça cède... (Les battants de la porte s'ébranlent sous les efforts des commissionnaires et ceux de madame de la Bastide: la caisse pénètre dans la chambre, faisant sauter la porte en éclats.) Nous y voilà... thérèson. — La porte est brisée.

MADAME DE LA BASTIDE. — Et mOIl pi'OCèS gagllé.

Je suis rendue. {Elle s'assied.) Aïe! ;iïe! aïe!

FANNY. — Ou'avez-vous?

madame de la bastide. — Ce n'esl rien; j'éprouve cela toujours quand je descends de diligence...

LE PREMIER COMMISSIONNAIRE. — Toutes les

affaires de madame sonl montées.

madame de la bastide. — .le t'avais demandé une croule; c'eût été toutec qu'il fallait, je t'assure.

sans m'apporter toute cette pyramide de biscuits... Voilà Tliérèson qui recommence à me gâter. Le délicieux vin! (Elle boit.) thérèson, à pari. — Elle n'a pas changé!

LE SECOND COMMISSIONNAIRE. — T/OUteS JCS

affaires de madame sont montées.

madame de la bastide. — J'ai peine à me mouvoir... Cela ne sera rien; avant deux jours, il n'y paraîtra plus. Ce vin est parfait. (Elle boit.)

LE TROISIÈME COMMISSIONNAIRE. — ToUtCS ICS

affaires de madame sont montées.

madame de la eastide. — J'ai parfaitement compris. C'est de l'argent qu'il te faut, pas vrai, vilain merle? Il est odieux!

premier commissionnaire. — Si c'est un effet de votre complaisance.

MADAME DE LA BASTIDE. — CoillbiCII le faUt-Jl, la

main sur la conscience?

deuxième commissionnaire. — Madame sait bien ce que c'est.

madame de la bastide.— Je n'en sais rien.

troisième commissionnaire. — Ce sera ce que madame voudra .

MADAME DE LA BASTIDE. — Tllél'èSOn , Obll'ge-

moi, ma fille, de payer ces vivants; je n'ai point de monnaie.

thérèson. Je n'en ai pas non plus.

madame de la bastide. — Eh bien , qu'ils attendent. Je ne suis point disposée, harassée comme je le suis, à courir les boutiques pour y changer; au diable! je déjeune. Vas-y. si bon te semble.

rAHirr. — Elle ne demande pas mieux...

madame de la bastide. — Je n'en ai jamais douté.

thérêsox. — Alions, venez, vous autres... {Elle sort, suivie de plusieurs commissioyinaires.)

QUATRIEME COMMISSIONNAIRE. — Et le pOUl'-

boire?

madame de la bastide. — Demande à Thérèson. c'est elle que ça regarde.

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