SCÈNE PREMIÈRE
JULES, THÉRÉSON.
THÉRÉSON.— Il fant convenir que yous êtes tous, à rheure qu'il est, de bien drôles de corps; je ne
iOO CROQUIS A LA PLUME.
sais, en vérité, quelle mouche vous pique; mais, à la moindre contrariété, au plus petit déboire, voilà la pauvre tête qui déménage ; Il ne s'agit plus que de se faire sauter la cervelle. Singulier moyen de se tirer d'affaire ! \
JULES.— Vous êtesétonnante, Tliérèson ! comme si jamais Je vous avais parlé de ça.
THÉRÊsoif. — Eh! bon Dîeu! parce que vous ne m'en avez rien dit, est-ce une raison, mon bon, pour vous croire plus qu'un autre ? Je vous répéterai ce que je vous ai déjà dit. Travaillez du matin au soir, prenez de la peine, allez doucement votre petit bonhomme de chemin, vous finirez par percer, vos affaires s'arrangeront, vous ferez votre petite pelote, et vous vous direz un jour : « La pauvre Thérèson, elle avait bien raison. »
JULES. — • Je dirai que vous avez toujours été bien désespérante... voilà ce que je dirai.
THÉRÈSON.— Voyons, raisonnons un peu, si c'est possible. Quel est le père un peu propre qui jettera sa fille à la tête du premier venu? Ça ne se fait pas, ça ne s'est jamais fait, ça ne se fera jamais; et, d'ailleurs, pour faire votre demande, ne pourriezvous pas bien attendre un peu que la petite fût au moins sortie de pension !
jiLfis. — Je suis bien malheureux î
THËRÈsON. — Et pourquoi? Parce que l'on ne
LES COMPATRIOTES. iOt
veut pas faire vos volontés? Oo n'est pas toujours au monde pour les faire; un peu de patience : tout vient à points à qui sait attendre ; quant à vos papiers, soyez paisible ; ils sont en bonnes mains.
JULES. — Je viendrai tantôt les reprendre.
THÉR]^so5. — Très-bien.
JULES. — Vous direz à son père que mon oncle m'a chargé de lui recommander d'en prendre connaissance.
THiRÉ805. — Je n'y manquerai pas.
JULES, revenant sur ses pas, — Je m'en vais.
THÉRÈsoN. — Bien le bonjour.
JULES, revenant encore sur ses pas. -— Adieu, Tbérèson.
THÉBisoii. — De tout mon cœur.