LAVENAZE, MADAME DE LA BASTIDE
MADAME DE LA BASTÏM. — Tu le VOlS, elle ITie
nargue... Si elle ne se fût tenue à distance, eUe s'en serait allée avee deux soufflets...
LAVENAZE. — Vous ne l'aurlez point fait, j'aime à le croire.
MADAME M LA BASTIDE. -*- Qu'elle se représente jamais devant mol, tu en auras la preuve. Tu vas me faire le plaisir de me la mettre à la porte, et sur-le-champ encore. Sa présence ici est un scandale.
LAVENAZE. — Et pourqooi, s'il vous plaît?
MADAME DE LA BASTIDE. — Gc Sera le piUS
grand obstacle à l'établissement de ta fille.
làtbnaxb. — Vous croyez?
MADAME DE LA BASTIDB. — FeJDS dODC de PlgDO-
rer. Gomme s'il était bien difficile de voir tout TascendaDt, tout Tempirc que celle créature a sur toit
LAYBNAZE, s'éckauffant. — Je vous en supplie...
MADAME DB LA BASTIDE. — NOttS SaVODS à qUOÎ
nous en tenir, nous avons de bons yeux. La chère Thérèsoo était très -gentille, la chair est faible... LAYBifAZB. — C'en est trop...
MADAME DB LA BASTIDB. — Âh ! DlOn gaîilard i
Du reste, si personne n'a osé te le dire, je suis trop franche, moi, pour le cacher. Chacun s'en rit, chacun s'en moque... Ce sera, au reste» comme lu voudras, je n'y tiens pas autrement, je ne manquerai pas de trouver un gîte : j'ai ici assez d'amis enchantés de me recevoir, qui se feront un bonheur de ra'aider dans mes démarches.
LAVENAZB. -— Je n'en doute pas.
MADAME DE LA BASTIDE. — Si j'avals qucIques années de moins..., on seriiC plus galant... Je me rappelle fort bien qu'à une certaine époque, cher ami, si je n'eusse tenu bon, le pauvre M. de la Bastide en avait pour son compte.
LAVEifAZE. — Vous me prêtez des intentions...
MADAME DE LA BASTIDE. — CeS SOUVCnirS IC
dérident, ta n'as plus l'air aussi irrité.
LAVEifAZE. — je crois que le meilleur parti à prendre...
MADAME DE LA BASTIDE. — Est d'en ri rc, n'oslce pas? Faisons la paix. Je ne puis pas non plus t'en vouloir. Je ne serais pas fâchée, avant le dîner, de faire quelques visites ; donne-moi mon châle. Ce n'est pas la peine d'aller faire une toilette pour aller chez des gens de loi.
LAYENAZE. — Vous uo trouvcrcz personne.
MADAME DE LA BASTIDE. — Au Contraire; et c'est précisément parce que c'est aujourd'hui fête, que je n'en manquerai pas une : on sera à cent lieues de croire que je viens pour affaires.
LAVENAZE. — Libre à vous, au reste, de faire ce que bon vous semblera.
MADAME DE LA BASTIDE. — G'OSt biCU dlnsl que
je l'entends, mon bon... Mon chapeau?... Je suis prête dans l'instant... Mesganls?... Où les ai-je fourrés, à présent?... Je les vois... là-bas, sur ce meuble... Tu as du madère excellent, j'oubliais de te le dire... Ah çà ! tu ne vas pas te déranger j'espère?...
LAYENAZE, prenant son cJiapeau, — Gomment donct je ne souffrirai pas...
MADAME DE LA BASTIDE. — A la bonne houre !
te voilà revenu ; tu n'as pas peur de te compromettre? Tant mieux, pauvre ami, montre-toi donc homme. {Elle s'accroche au bras de Lavenaze et sort avec lui,)