‹ Croquis égyptiens (volume 2)Chapitre 1 sur 41 · JOURNAL D'UN TOURISTE · texte numérisé non relu

JOURNAL D'UN TOURISTE

9 novembre 1865.

J'ai quitté Marseille à 3 heures de l'aprèsmidi, à bord da MœriSy capitaine Énout, paquebot des Messageries impériales.

Les passagers étaient au nombre de 250, qui, ajoutés aux 80 hommes du bord, . formaient uû personnel assez nombreux.

Le temps était très-calme, mais couvert.

Longtemps nous longeâmes les magnifiques montagnes arides et déchirées qui avoisinent Marseille.

CROQUIS EciYPTIF.NS.

Je m'attendais à trouver beaucoup d'Anglais à bord, il est rare de n'en pas rencontrer en voyage. Je ne vis que des Français.

Il y avait bien de ces hommes au teint bronzé, au nez recourbé, aux yeux noirs et vifs, largement découpés, de ces hommes aux poses monumentales et sérieuses et dont les vêtements étranges et les coiffures éclatantes indiquent l'origine orientale. En les voyant on admire le

cachet inimitable de ces Levantins , puis on

apprend que ce sont des Parisiens !

Ainsi nous étions tous Français, et le navire était réellement un morceau de la patrie qui s'en allait à l'aventure sur la grande plailie.

Malgré le «calme du temps, je fus étourdi au début du trajet. Peut-être si j'avais eu à mes côtés quelque joyeux compagnon, je ne me serais aperçu de rien, mais j'étais seul. M. T. m'avait présenté à plusieurs passagers, mais, après quelques mots de conversation échangés, il fallut bien revenir à mon isolement.

La nuit tomba peu à peu, et tout d'un coup la machine du bateau s'arrêta. Un boulon venait de se casser, et il fallut allumer la forge sur le pont pour refaire la pièce avariée. Je vis , dans l'ombre, les matelots monter le long des

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