‹ Croquis égyptiensChapitre 55 sur 64 · LES HADJIS · texte numérisé non relu

LES HADJIS

sanctuaire une société de Hadjis qui causent et rient à haute Yoix sans s'inquiéter de troubler les autres âdèles qui prient ; les dévots de tous les pays sont bien les mêmes ; il semble que la fréquentation assidue du lieu saint les en rende propriétaires uniques et que^ vu leur sanctification constante , ils peuvent s'y permettre bien des choses qu'ils ne toléreraient pas aux autres croyants.

11 va sans dire que, pour que nous puissions visiter ces endroits réservés aux Musulmans, nous sommes obligés de nous entourer les pieds d'immenses chaussons en feuilles de palmier, ce qui nous fait marcher comme des canards. Nous avons le droit, il est vrai, de garder nos coiffures.

J'essaie encore une fois de découvrir, à Choubrah, la demeure d'Ahmed-Emine-Bey, et j'y réussis.

Le jeune \>ej me reçoit très-gracieusement, et au moment où nous commençons la conversation, un petit nègre vient le prévenir que son père, Mohamed-Bey , le secrétaire du vice-roi, va rentrer. Aussitôt nous nous rendons avec

tous les gens de l'habitation dans le grand vestibule d'honneur et , nous mettant sur deux rangs, nous recevons ainsi le chef de la famille.

Mohamed-Bey passe au milieu de nous en nous saluant de la main et du sourire et se rend directement dans le grand salon de réception dont on a ouvert les portes à àeux battants. C'est là seulement que son fils me présente à lui. J'ai trouvé ce cérémonial fort intéresssant ; c'est un reste des mœurs patriarcales qu'il est bon de voir se conserver.

Tous les bébés de la famille , et ils sont nombreux quand on a plus leurs épouses^sont amenés à Mohamed-Bey , qui les embrasse. Ce sont des femmes de chambre françaises qui les portent, et ceux qui peuvent parler s'expriment en français.

Je trouve une grande ressemblance entre l'ameublement du salon et certains mobiliers que je connais à Lyon ; j'apprends que tous sont du même tapissier. Décidément les produits français envahissent l'Orient.

Au moment où je veux prendre congé, on parait très-scandalisé. Puisque je suis venu après midi, me dit-on, je dois rester à dîner. Je ne crois pas, pour une première visite, devoir pousser

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l'indiscrétion aussi loin et je ma retire en faisant , comme mes hôtes , force salutations à la turque, la main au front et à la bouche. Mais j'ai su plus tard que j'avaia fait une grave impolitesse en ne dînant pas.

S68 CROQUIS i^OTPTlENS.

4 janvier.

L6 Eaire se donne le genre d'avoir des courses de chevaux comme Paris et Londres. Malheureusement il n'est pas facile de trouver un champ . de course commode ; partout où vient l'eau du Nil, on a des terrains gras qu'il faut cultiver, et là où elle ne vient pas, on a le sable. C'est donc en plein désert que se font les courses.

Rien n'est curieux comme de voir les équipages et les cavaliers enfonçant dans le sable mouvant pour se rendre aux courses. Aucun chemin n'est tracé et l'on va au petit bonheur ; les uns arrivent, d'autres restent en route, laissant leurs voitures ensablées jusqu'au moyeu. Le lendemain encore on voit le désert parsemé d'équipages en détresse.

Le terrain de la piste est dans des conditions analogues ; à chaque temps de |galop le cheval donne une secousse pour dégager ses pieds , il n'avance que lentement et a un air embourbé qui est pénible à voir. Et pourtant tel est l'at-

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