‹ Croquis laurentiens [microforme]Chapitre 8 sur 31 · LA NEUVAINE · texte numérisé non relu

LA NEUVAINE

l’inctant d’après nous apercevons la demeure des Lauzon, noire de monde. Tout s'explique : le

rang est en neuvaine ; on demande du beau temps pour les semailles. Sur Ja gulerie il y à

cées dans Jes berceuses, les figures hâlées des remueurs de terre, Jes jeunes filles qui ont fait un brin de toilette, et les grands gars dont la pipe s'éteint lentement sur l’appui des fenêtres. Les

enfants n’ont PU trouver place ; ils se serrent

bébé criard, le balançait à bout de bras tout en répondant au chapelet.

L'heure arrivait, l'heure incertaine et tranquille où le miroir de l’eau se ternit et s’opalise, où iln’ya plus de rivi

nn

sur l’aile ouatée du soir, jusqu’à nous...

Oh ! l'impossible rêve de prier comme ces âmes simples, et, après avoir fait le tour de tant de choses, d'arriver à dire un peu bien, son Pater ’

continuaient d'arriver

Le roch-r erratique ——"TT crralique

Il est là depuis des siècles, des «

entaines de siècles peut-être, au f

ane du coteau herbu, non loin de la vieille &range. Abandonné par les glaciers en fuite devant le soleil plus chaud, l’énorme granit a gardé la pose dc hasard qu’il avait avant l’histoire. Pour lui, les jours et les nuits ne nombrent pas. Il à vu, lentement, la terre se couvrir de verdure et de fleurs, et la forêt monter, grandir et se refermer sur lui. Sous l’ombre des grands pins qui le gardaient humide de la rosée du ciel, il accueillit les mignonnes légions des mousses, et laissa le polypode capricieux grimper sur ses flancs.

# Des peuples insoupçonnés, que l’histoire

ignore, l’ont frôlé, et des générations d'enfants des bois ont i

» Sans l’entamer, li vague tranquille des siècles a passé sur lui.

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