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LES FÉES DU MOYEN AGE

Depuis que Ton a porté dans les études relatives au moyen

âge un esprit d'analyse et de critique qui leur avait d*abord

manqué, les superstitions de cet âge crédule et naïf ont dû

être examinées comme un des traits qui le caractérisent. Les

fées occupent incontestablement Tun des premiers rangs dans

les traditions populaires de notre contrée. Le tableau complet

de leur mythologie, présenté dans un ordre systématique,

pourrait donc jeter quelque jour sur la question des origines

celtiques. Le sentiment religieux si profondément gravé

dans le cœur, que Thomme ne quitte guère plus sa foi que sa

langue, est un des attributs diâtinctifs de celui-ci; ainsi, Ton

peut appeler Tétude des religions, aussi bien que celle de la

linguistique et de Fanthropologie, à Tœuvre commune du

débrouillement des origines d'une nation. Bien des auteurs

avaient avant moi parlé des fées, exprimé sur leur nature

leur opinion personnelle. Tantôt on les faisait descendre des

nymphes et des parques, tantôt des druidesses. Depuis

Gabriel Naudé, Sainte-Foy et Dom Martin, M. Th. de la Ville-

Lvm prAfagb db la premiârb édition

marqué, dans deux publications pleines du plus vif intérêt sur les chants et les contes populaires de la Bretagne, a jeté une lumière inattendue sur ce problème historique. J'avais déjà entrepris mes recherches, lorsque j*ai connu ces deux ouvrages ; ils sont venus donner plus de force aux idées que je m'efforçais de faire prévaloir, et mon travail leur doit sans contredit uue bonne partie du faible mérite qu'il peut présenter.

J'ai tâché, ainsi qu'on le verra, de montrer comment dans des investigations de ce genre, il ne faut négliger aucun élément de la question et combien il serait dangereux de se ranger tout d'abord pour une opinion exclusive. En matière de légendes et de superstitions populaires, rien n'est arrêté, limité; tout se confond et se mêle; le cercle dont on cherche à s'entourer, pour les examiner, doit donc se déplacer et s'étendre, suivant les époques et les lieux. J'ai rassemblé tous les rapprochements, toutes les analogies qui pouvaient amener à la découverte du véritable berceau des fées, et, ces matériaux une fois réunis, j'ai essayé de les rétablir dans l'ordre que leur assigne l'histoire. C'est cette reconstruction que je revendique comme mon œuvre plus particulière; les faits sur lesquels je me suis appuyé, avaient déjà en gnni nombre été rassemblés avant moi.

PRÉFACE

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