‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 78 sur 251 · Luc, I · texte numérisé non relu

Luc, I

5. a Et hroc vidua usque ad annos octoginta quatuor : quo) non disoedebat de templo, jejuniis et obsecrationibus, servions nocte ac die. » Luc, II. 37.

98 LES LéGBKt)Ëd PIEUSES

la naissance de leur héros, les légendaires les ont, au reste, puisées souvent partout ailleurs, quand le champ de TEvangile trop exploré ne leur permettait plus de glaner la plus légère imitation. Ainsi le trait si connu de Fessaim d'abeilles qui prédisait, dans la bouche de Platon enfant, la douceur de Téloquence par laquelle il devait briller un jour *, et dans celle de Pindare, la sublime harmonie de ses odes ', a été répété pour saint Ambroise ^ et saint Ephrem ^.

Mais laissons Tannonciation et passons à la vie du Christ. Un des premiers événements qui la signale, c'est le jeûne raconté par saint Marc et saint Mathieu '.

Ce jeûne avait quelque chose de trop surprenant et de trop méritoire aux yeux des chrétiens du moyen âge, pour que Ton n*ait point associé au mérite d'une si étrange abstinence plusieurs des saints dont on voulait rapprocher la vie de celle de Jésus. Mais, soit par respect pour la supériorité infinie qui séparait l'homme de son Sauveur, soit par la crainte qu'un jeûne aussi long ne trouvât pas créance, les hagiographes ont rarement osé prolonger jusqu'au terme évangélique de quarante jours les jeûnes miraculeux des saints : sainte Glossinde ® a jeûné sept jours, sainte Euphrasie"^ est aussi demeurée une semaine sans prendre de nourriture, après quoi elle a été tentée par le démon, comme Jésus-Clirist. Ainsi que nous venons de le dire, le nombre de saints qui ont jeûné quarante jours est fort restreint, et il semble qu'il y ait eu toujours dans la tenta-

1. Elien., Ilistoriœ variœ, X, c. 'H; Diog. Laerl., Vie de Platon, 2; Valère Maxime, 1, III; Pline, Hùt. nat., XI, 17.

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