Légende dorée, t. 1, p
"i. Par exemple, sainte Aldcgonde, saint Lubiii, saint Léon, minime, saint Pierre de Cbavanon, arrêtèrent le feu par leurs prières. Cf. Jacq. Severl, Invent, jen., i. Il, c. 56; d'Achery, Spicileyium, t. Il, p. 157. (Vita S. Pétri de Chavanon.)
S. Ceux qui ont visité les Catacombes ont pu remarquer, dans les peintures où
ce miracle a été représenté comme un emblème de la résurrection, le feu for-
i&int au-dessus de la tête des trois jeunes Assyriens une sorte de dôme igné au
Diilieu duquel ceux-ci demeurent intacts. Nous lisons précisément dans l'Acte du
iDariyre de saint Pol y carpe (apud Ruinart, p. 43) un passage qui fait allusion à
Que pareille disposition miraculeuse de la flamme, dont l'idée pourrait fort Mon
jvoirété puisée dans ces représentations des temps primitiTsdu christianisme.
Mî>xXt,; ùÏ, est-ll dit, èxXa(xJ/a<TT)ç cpXovo;, Oîjaa a^va eiooulev, oiç iBeîv eSoOtj W»f« .N,^.w,^j t ^«..-.\ 2 -.»- - ' --> . ~ .". 1- 'n'.
^fT;*?^; Êv xafx^vo) ;îopo*j{x£vo;. Cf. Bottari, Sculture e Pitlure sagre estratti dei ^^^iteri diRoma, pi. 158; et Bosio, R. sot., p. 495, pour des exemples des repré- ■^niations des trois Assyriens dans la fournaise avec une pareille disposition de ^3 flamme. Cf. Daniel, 111, 12 et ss.
^^. Les usages de cette épreuve étaient au ra^^te empruntés aux peuples barbares, ^épreuve par le feu, par le fer rouge, existait chez les Acarnanlens, les Éthiopiens, ainsi que le dit Tiraqueau (Sotitia ad Dies gen.fAlex., cap. 18). La formule ^ns l'épreuve par le feu était :a Deys, judex justus,qui auctor pacises et judicas ^uitaiem, te suppliciter rogamus, ut hoc ferrum, ordinatum ad justam exami-
^t'ooem cujuslibet dubietatis faciendam, beneficcre et sanctiflearo digneris,
saasion où Ton était alors que Dieu ne laisse jamais succom^ ber rinnocence. Rien n*était, au fond, plus naturel que cette croyance ; rien n'était plus d*accord avec les dogmes historiques du christianisme. Les livres saints ne nous pré* sentent-ils pas sans cesse le Très-Haut mettant à couvert rinnocence sous Tégide inattaquable de sa puissance, en* manifestant sa présence par Tintervertissement des lois ordinaires du monde ? Gomment cette pensée n'eût-elle pas pénétré les esprits, dicté la loi elle-même, puisqu'elle était si conforme à la religion de tous? Aussi, dans les disputes théo* logiques soulevées si souvent, voyons-nous ce moyen d^épreuve plusieurs fois proposé par les deux camps adverses, pour décider de quel côté était la vérité ^ Tout le monde connaît le trait de Savonarole, qui conservait encore la foi enthousiaste et vive des premiers siècles, à une époque où les premiers symptômes de critique et de doute venaient déjà altérer Taustère orthodoxie des anciennes croyances. Ainsi l'épreuve judiciaire, et en particulier l'épreuve par le feu, que le psaume lui-même nous rappelle', n'a disparu que quand la confiance en la Providence commençait à devenir moins forte, et la foi aux miracles moins absolue.
J'emprunte à l'éloquent et profond Lamennais le passage suivant, où est développée, avec un grand talent d'exposition, l'idée différente que la raison nous donne graduellement de i l'action divine : « Dans Fignorance des causes immédiates, les hommes remontent, pour satisfaire à ce besoin de l'esprit, à la cause universelle, et ceci est remarquable, parce qu'il s'ensuit que l'idée de cette cause précède la connaissance
ita si innocens hoc ferrum ignitum in raanum acceperit, illaBsusappareat; et si culpabilis ac reus, justissima sit ad hoc virtus tua in co, cum virtute declarandum, etc. » (Pellicia, Christianœ Ecclesiœ poUtia, t. I, p. 443.) En France, en 411emagne, ces épreuves avaient été très usitées. Les papes Innocent I, Célcstin I et Honorius I les défendirent dans leurs docréiales. Au xiv* si(>cle. le concile dit Palentinum (1322), en Espagne, auquel souscrivit Alphonse IV le Débonnaire, roi d'Aragon, interdit cet usage.
1. Cf. Nicéphore, 1. XV, c. 23; Cedronus in Anaslasio, 17; Moschus (éd. Limon), c. 86; Gréfioire de Tours, De gloria confessorum, c. 3.
2. (( Igné me examinasti et non est inventa in me iniquitas. » (Ps. XVI, 3.)
ÉLÉMENTS DE L*HISTOIIIS BIBUQUS 121
expUche de toutes les antres, qui n*en sont que des spécifications secondaires. Voilà poiurquoi Tenfant rapporte naturellement à Dieu tous les effets qui le frappent; voilà pourquoi encore le genre humain, près de son origine, voyait en toutes choses, comme Tenfant, Faction de Dieu et son intervention directe. H ne se trompait pas quant au fond, et même lorsqu'il multipliait les divinités pour qu'elles correspondissent à la multiplicité des effets observés, que faisait-il, qu'individualiser les causes particulières dans les causes générales, à mesure que les phénomènes eux-mêmes s'individualisent pour loi dans le tout? La science même, aujourd'hui, ne fait pas autre chose : seulement, tandis que les anciens, ne considérant les causes particulières que dans leur rapport radical avec la cause universelle, n'y attachaient point d'autre notion que celle de cette cause même, la science les conçoit, ou cherche à les concevoir, dans ce qui les spéciûe ou dans leur caractère distinctif. En cela consiste toute la différence. Pourquoi les corps gravitent-ils les ims vers les autres? Parce que Dieu Ta voulu, disaient les anciens... Parce que les corps s'attirent, dit la science... La réponse (celle de la science) marque un progrès immense, car elle implique la connaissance de ce qui caractérise la cause formelle de la gravitation, elle implique l'idée nette de cette spécification de la cause générale ou sa conception ; ainsi, à mesure que l'intelligence se développe, elle spécifie un plus grand nombre de causes particulières, c'est-à-dire que, découvrant les relations spéciales de la cause une et universelle aux phénomènes divers, elle arrive à reconnaître les causes immédiates, leurs lois propres, et par là à exercer sur le monde extérieur une action qui n'est physiquement que celle de ces causes mêmes dirigées à de certaines fins*. »
Les ondes débordées ouvrent un passage à saint Hilarion^,
* Lamennais, Etquiue d'une philosophie, t. III, p. 45 et ss.
* Ribadeneira, 20 oclob., t. II, p. 361.
à saint Spiridion\ à saint Ck)lomban'. Dans la vie de Bonchard, comte de Melnn ', nous voyons les eaux laisser passer à pied sec le peuple qui porte le corps d'un saint. La Meurthe ^, la Sarthe *, la rivière d'Huine *, sont le théâtre de semblables prodiges, nés tous du passage de la mer Rouge et du Jourdain.