‹ Crustacés de la Mediterranée et de son littoralChapitre 35 sur 45 · PL. XXXVII · texte numérisé non relu

PL. XXXVII

Fig. I, vue eu dessusj 2, car.ipacc vue de profil. — 3, Pied-niàcboiie cxlerieur, 4 , antenne inlermc'diaire, 5, antenne iulc'rieurc ou inférieure vue en dessous, G, pied de la première paire, 7, idem de la deuxième , 8, idem de la troisième , 9, idem de la quatrième, 10, idem de la ciiiquiéme, 11, extre'mite's caudales grossis.

Ord. Décapodes, Fam. Macrodres, Trib. Salicoques.

L. Rostro minimojsupvà scxdeniaio , itifrà hidentato; corpore rubrOj longiirorsiim albo lineato.

Lysinata seticaudata, llisso, Hist. nat. de l'Europe viérld., torn. 5, pag. 62.

IJ- iJ. Desmarest, Consid. gén. sur les Crustacés , pag. 238.

Melicerta id. Risso, Crust. des env. de lSice,pag. no, sp. i,pl.i ,Jîg. i .

Tout le corps de cette jolie espèce de Salicoque est d'un rouge de corail, marque' sur l'abdomen et le corcelet de ligues longitudinales blanchâtres 5 celui-ci un peu déprime, svelte, muni, de chaque côte, de deux pointes. Le rostre, qui ne dépasse point l'extrëmitë du troisième article des antennes intermédiaires, est arme' de six dents en dessus el de deux en dessous. Les yeux sont noirâtres, paraissant réticulés dans les individus desséchés , portés sur de courts pédoncules. La plaque caudale est munie de quatre épines 5 son extrémité arrondie en est dépourvue , et se termine par des cils raides.

C'est en été que la femelle pond des œufs d'un rouge brun.

Les habitudes de cette Lysmate, la seule connue , diffèrent peu de celles des Palémons ; cependant il est à remarquer qu'elle s'approche moins du rivage et qu'elle vit solitaire , car quoiqu'on la pèche en même tems que les Palémons et les Nikas, qui sont partout très-abondans, on ne prend jamais que quelques individus de la Lysmata seticaudata. Sa chair est plus délicate que celle des genres précédens. Ce Décapode meurt plus vite que les Palémons, loisqu'il est hors de l'eau; ses

Ord. Décapodes, Fain. Macroures, Trib. Salicoques.

mouveaieos sont moins vifs. La nature paraît avoir accorde à ce Crustacé des mœurs plus douces qu'à ceux-ci , que la nécessite de conserver leur existence, au milieu des nombreux ennemis qui les recherchent sans cesse, a rendu alertes, agiles et méiians. On rencontre la Lysmate queue soyeuse, sur tous les points de la Méditerranée, parmi les rochers couverts d'algues et peu profonds.

Ord. décapodes, DECAPODJi Y m. MACKOURES, MACROURJ.

^ Tribu SALICOQUES, CARIDES.

Genre PALÉMON, PALMMON.

Car ( Voyez l'Introduction. )

PAL.EMON, Risso, Desm., Leach, Cuvier, Latr., Lam, , Fab., Bosc, Olh.

Cancer, Linnée, Herbst.

AsTACus , Fermant.

Squilla , Baster.

Lysmata , Risso.

Melicerta, Idem.

Caractèris. — Antennes extérieures ou inférieures pFus longues que le corps, inse're'es au dessous des interme'diaires sur un pédoncule court, de quatre articles, dont le second donne attache à une forte e'caille ovale, alonge'e, pourvue à son extrémité et eu dehors d'une dent hieu prononcée.

Antennes intermédiaires formées de trois ûlcts; deux principaux les plus longs, sétacés, nniltiarticulcs, et un troisième très-court, assez gros, eoté sur la base intérieure du filet extérieur; ces antennes portées sur un pédoncule de trois articles, dont le premier ou le plus grand est: dilaté et comprimé extérieurement avec une échaucrure en dessus pour recevoir la partie inférieure de l'œil.

Pieds-mâchoires extérieurs avancés, presque filiformes, étroits, composés de quatre articles dont le second, le plus grand de tous, est un peu échancré au côté interne; le dernier en forme d'onglet écailleux. Mandibules ayant leur extrémité supérieure Lifidc, ou comme fourchue, l'une de leurs divisions comprimée, en forme de lance, et l'autre plus épaisse et tronquée.

Pieds des deux premières paires didactyles et assez grêles, ayant le carpe conformé simplement, nullement anneléj les ^incej des deux pieds antérieurs de moitié plus petites que

Ord. Décapodes, Fam. Macroures, Trib. Salicoques.

celles (Ips siiivausi pieds des trois dernières paires grêles, uionodactyles, dccroissanl siicccssivemeut de grandeur depuis la troisième, nui est la plus grande, jusqu'à la cinquième.

Carapace mince, alonge'c, cylindrique, terminée en avant par deux pointes aiguës Intérales, plpar un rostre médian comprimé, ordinairement long et denté en scie sur ses Lords supérieurs et inférieurs.

Yeux globuleux, rapprochés.

Abdomen alougé, comprimé, arqué. Pièce intermédiaire de la nageoire caudale étroite , alougée, tronquée et épineuse au bout; les latérales àe forme ovale alongée, composées d'uue seule pièce, dont les côtes sont assez saillantes.

Les Palémons forment un genre assez nombreux en espèces; ce sont ces Crustacés marins comestibles qui offrent, étant cuits ou salés, une nourriture recherchée par les habitans des pays limitrophes de la mer (i).

Les Grecs leur donnaient le nom de Karis ; on les désigne en Provence sous celui de Carambos ,et l'on confond, sous cette dénomination, les Pénées les Crangons, les Nikas, et autres Salicoques; ils sont connus dans plusieurs parties de l'Italie sous celle de Macottos, et ce sont ces mêmes animaux que nous nommons en français Clievrettes , Salicoques , Squilles , etc.

On trouve des Palémons dans toutes les mers. Les Indes orientales et les Antilles en offrent de très-grands : ceux de nos côtes sont beaucoup plus petits. 11 est des espèces qui se tiennent volontiers à l'embouchure des rivières, d'autres habitent les localités rocailleuses ou couvertes d'algues, et quelques-unes,

(i', Olivier dit qu'on sale , <iaD5 le Levaut , les grandes espèces, qu'on les conserve dans de grandes corbeilles construites principalement de teuilles de palmiers, et qu'on les envoie, en cet état, à Constantinople, Smyrne et toutes les autres villes de la Turquie. Les Grecs et les Arméniens en font une grande consommation pendant leur carOme et tous autres jours d'abstinence; mais ces espèces, ainsi que le remarque M. Latreille, sont, pour la plupart, du genre Pence, Leur chair est considérée comme convenable aux personnes attaquées de marasme ou menacées de pUthîsie. On les mange aussi frits dans rbuile,

Ord. Décapodes, Fam. Macroures, Trib. Salicoques.

essentiellement pélagiennes, n'abandonnant jamais lesjiicus natans de 1 Atlantique, naissent, vivent et meurent sur ces plantes flottantes. Ils sont partout fort abondans. Leur natation se fait ordinairement en avant, et c'est en agitant les lames du dessous de leur abdomen; ils se servent en même-tems de leurs pieds pour se diriger; mais loi'squ'agilés par la frayeur d'un danger quelconque, ils veulent promptement s'y dérober, c'est en nageant à i-eculons sur le côté, et par bonds répétés, qu'ils se sauvent. La vivacité avec laquelle ils portent la queue sous l'abdomen, facilite à ces Salicoques l'exécution de ce mouvement; quelquefois il leur ai-rive de s'arrêter un moment après cbaque élan. Leur nourriture consiste en animaux marins, ils sont très -friands de Sardines ou autres Clupées, avec lesquelles il est facile de les attii'er. La manière de les pêcber la plus avantageuse est à la drague, sorte de filet en forme de pocbe que Ion traîne la nuit au fond de l'eau. Leur cbair crue est tendre et d'un goût agréable; ils se colorent en rouge après la cuisson, et ont un fumet particulier que quelques personnes apprécient. Ces animaux vivent hors de l'eau plus de vingt-quatre heures, pourvu qu'on ait soin de les tenir au frais. La pointe aiguë dont leur front est armé paraît leur servir à lutter avec avantage contre leurs nombreux ennemis; c'est un excellent appât pour la pêche, recherché par tous les poissons; mais ceux-ci sont forcés de les faire descendre à reculons dans leur estomac, aussi les Palémons , qui semblent connaître les moyens de défense dont la nature les a pourvus , fontils toujours face à l'ennemi qui se présente , et ne fuient jamais en tournant le dos.

Les Palémons sont souvent inquiétés par un Crustacé du genre Bopyre qui se fixe sous un côté du têt sur les branchies, et force la carapace à se relever en forme de loupe. J'ai vu de ces Salicoques quelquefois attaqués par deux de ces parasites dont il leur est impossible de se débarrasser.

La fécondité de ces Crustacés est prodigieuse; les femelles m'ont paru pondre, deux fois dans l'année, des milliers d'œufs. Cette double ponte est sans

Ord. Décapodes , Fam. Macroures , Trib. Salicoques.

doute nécessaire pour compenser la destruction qu'en font presque tous les animaux marins.

On connaît seulement deux espèces de Palémons fossiles , l'une qui se trouve souvent renfermée dans la pierre lithographique de Pappenheim et de Solhnofen, a: été décrite par M, Desmaresl sous le nom de Spinipes ; une autre espèce, beaucoup plus grande, a été découverte en Angleterre, I-e système nerveux des, Palémons ai été savamment étudié par MM. Audouin et Milne Edwards.

LE PALEMON ESPADON.

PALMMON XIPHIJS.

PL. XXXVIII

Fig. I , mâle vu eu dessus; 2, femelle vue He profil, portant ses œufs, et altaque'e par un Bopyre; 5, 4, variétés de rostre à six dcuts; 5, G, idem à sept dcuts.

P. Rostro elongato , depresso , recurvato, supra 6, "j aut 8 dentato , infrà quivque dentato ; corpore , pedihus manihusquc lœvihus j antennis rubro annidatis.

Palaemon xipliias, Risso, Hist. des Criist. des environs de Nice, pag. 102. Id. id. Id. , Hist. nal. de VEur. me'rid., tom. 5 , pag. 60.

Id. crenulatus, Id., id. , id. , pag, 60.

Ord. Décapodes, Fam. Macroures, Trib. Sali coques.

Je rapporte au Palëmon espadon, que M. Risso nous a fait connaître, le crénelé du même auteur, que je ne puis considérer que comme varian t dans sa couleur et dans les dentelures du rostre , caractères qu'on sait être peu coustans dans ce genre; mais je distingue comme espèce différente le Paîœmon serratiis de M. Leach, avec lequel on ne doit point le confondre, parce que plus de vingt individus que j'ai sous les yeux me présentent un rostre fortement recourbé , plus long que dans le Palémon espadon, et montrant un grand espace nu sur l'extrémité de la partie supérieure du têt. Les antennes extérieures m'ont aussi paru plus longues, et d'ailleurs ne sont point annelées.

Le Palémon espadon est d'un blanc sale luisant , parsemé de petits points bruns peu ajjparens, disposés avec assez de symétrie sur les parties antérieures et latérales du corcelet. L'extrémité de l'abdomen, les écailles de la queue rougeàtres; les antennes annelées de cette couleur; les pattes fasciées d'une teinte plus pâle. Le rostre est long, recourbé, bifide à son extrémité ; ses dents sont ordinairement de sept en dessus et de cinq en dessous ; quelquefois cependant de six ou de huit sur la carène supérieure et de quatre sur l'inférieure. Le dernier segment de l'abdomen est garni de quatre pointes; les écailles caudales sont parsemées de petits points enfoncés; la pièce intermédiaire bifurquée; le pénultième article des pattes légèrement épineux à l'intérieur. La couleur de ce Salicoque n'est pas constante, j'y distingue trois variétés principales, savoir:

Variété A couleur de chair, les extrémités d'un rouge sanguin, les points et les anneaux de cette dernière couleur, les pattes fasciées de roussàtre. B d'un gris bleuâtre, les extrémités d'un rouge violet, les pat-

Ord. Décapodes, Fam. Macroures, Trih. Salicoques.

les fasciees de bleu , les points du corps de cette couleur, les anteuues auuelees de rougeàtre. C tout le dessus du corps jaune, les extrcmiies lavées de rouge, de même que les anneaux des antennes; dessous du corps d'un gris blanchâtre.

Les femelles portent des œufs verdàtres en mars, avril, juin et aput, c'est-à -dire , durant la belle saison ; elles en sont dépourvues en dc'cembrç.

Le Palemon espadon est souvent exposé à nourrir une espèce de Bopyre qui se loge sur ses branchies , au dessous de la carapace. Il ne doit pas en être beaucoup tourmente, car la présence de ce parasite, malgré sa grosseur, ne paraît nullement l'inquiéter, ni nuire à son accroissement. Cette espèce est , toute l'année , très-abondante sur nos côtes; on la pèche, à quelques pieds sous l'eau, sur les rochers couverts d'algues; elle fournit, ainsi que tous les Salicoques, un excellent appât pour la pèche à la ligne des Labres, de la plupart des Spares, et particulièrement du Sparus erythrinus.

Ord. Dlcapodes, Fam. Macroures, l'rib. Salicoq^ues.

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