‹ Crustacés de la Mediterranée et de son littoralChapitre 39 sur 45 · PL. XLIV · texte numérisé non relu

PL. XLIV

■Pie. I, mâle, ■! , son abdomen; 5, abdomen de la femelle. — 4» Antenne iMlcrme'Hi.iire , 5 , idem exte'rieuie , 6 , pied-màcboiie cxle'rieur grossis.

Ord. Décapotes, Fam Brachytjres, Trib. Nageurs.

L. Testa rubescente, tomentosa, simwlnta , novem dentata; inter dentis maculis alhis sericeis ; manibus prismaticis, carmatiSj bispinosis.

Lupa Dufourii , Latr.,Nom'. dict. dliist. nnt. , a-n^ édit. , tom. 28, pag. 46.

Id. id. Desmarest, Consid. génér. sur les Crustacés, pag. 99.

Cancer ponticus, Herhst, planche 3S,Jig. 5, pag. 38.

Id. id. Fab., Suppl. entom. sjst. , pag. 368 , «» 22?

Id. hastatus, Linné.

Cette espèce de Lupée , que M. La treille a consacrée à M. Léon Dufour, me paraît être évidemment celle qu'Herbst représente, pi. 55, lîg. 5, sous le nom de Cancer ponticus. Cette dénomination, qui indique que ce Crustacé habite la mer du Bosphore de Thrace , m'autorise aussi à y rapporter le Cancer hastatus j des côtes de l'Adriatique, mentionné par Linné ; M. Dufour l'a trouvé sur celles d'Espagne , et je l'ai reçu moi-même de Sicile. Herbst cite, en décrivant ce Brachyure, la phrase de Fabricius, Suppl., où se trouvent ces mots : manibus filiformibus j digitis brevibus , ce qui serait en contradiction avec la figure qu'en donne le premier. Le Cancer hastatus de Fabricius, soit Pelagicus d'Herbst, pi. 8 , fig. 55, me paraît être une espèce très-voisine que j'ai reçue des Antilles, et qui ne différerait de la Lupée de Dufour que par l'absence du duvet qui couvre le têt de celle-ci , par les espaces d'un blanc soyeux qu'on remarque entre chacune des dents latérales, et par le prolongement un peu plus droit et un peu plus aigu de la dernière de ces dents.

La Lupée de Dufour atteint deux pouces deux lignes de largeur, prise de l'extrémité des deux pointes latérales. La surface de sa carapace

Ord. Décapodes, Fam. Bracryuues, Trib. Nageurs."

est sinue'e de lignes raboteuses, d'un rouge de brique pâle; ces lignes sont lisses sur toutes les autres parties du corps ; tout le reste du têt est couvert d'un duvet jaunâtre soyeux , très-serré ; les côte's sont armes de neuf dents acérées, tournées en avant, dont la postérieure très-forte. On en voit quatre au milieu du front , dont les deux intermédiaires plus petites. Entre chacune des dents latérales, il faut remarquer un petit espace d'un blanc nacré, brillant, qui caractérise très-bien cette espèce. La première paire de pattes , portant les serres, est presque trois fois plus longue que le corps. Les bras ont quatre dents aiguës sur leur bord interne j le carpe porte, sur sa face externe, cinq côtes longitudinales : le bord supérieur est, en avant, armé de deux fortes pointes. Les dents des doigts sont inégales et arrondies. Le dessous du corps est blanchâtre.

C'est toujours en haute mer qu'on rencontre cette espèce de Lupée , ordinairement dans le voisinage de quelques bas-fonds rocailleux, éloignés de la côte. Elle vit en troupe, et on la rencontre quelquefois aussi sur des fucus flottans. Il paraît qu'on la trouve dans toute la Méditerranée 5 mais elle n'est abondante nulle part, et ne s'approche jamais du littoral. Je ne connais point la couleur de ses œufs, ni l'époque à laquelle la femelle en est pourvue.

Ord. Décapodes, decjpodj;^!.^^ macroures, macroubj.

Tribu SALICOQUES, CARIDES.

Car. ( Voyez l'Introduction. )

Genre NIRA, NIKA.

NiKA, Risso, Desmarest , Lamarck.

Processa, Leach, Latreille.

CiKiCTEB.zs. — antennes intermédiaires ou supérieures terminées par deux filets sétace's, dont l'intérieur est le plus long ; porte'es sur un pe'doncule forme' de trois articles dont le premier est le plus grand. Antennes extérieures ou inférieures se'tace'es, beaucoup plus longues que les premières, pourvues à leur base d'une écaille alonge'e, unidente'e à l'extre'mite' et en dehors, cilie'e sur le bord interne.

Pieds-mdchoires extérieurs ne couvrant pas la bouche , formés de quatre articles visibles dont le second est très-long.

Pieds généralement grêles et longs ; cens de la première paire monodactyles à gauche et didactyles à droite, n'ayant pas le carpe multiarticulé ; pieds de la seconde paire plus grêles, très-longs, filiformes, multiarticulés sur le carpe et l'article qui le précède, de grandeur inégale et finissant chacun par une petite main didactyle. Les trois dernières paires de pieds simplement terminées par un ongle aigu, légèrement arqué et non épineux.

Carapace un peu alonge'e, lisse, pourvue en avant d'un petit rostre simple, comprimé.

Abdomen arqué vers le troisième segment, terminé par des lames foliacées, alongées, dont l'extérieure de chaque côté est bipartie à l'extrémité.

Yeux globuleux, rapprochés.

Ord. Décapodes, Fam. Macroures, Trib. Salicoques.

C'est à la division des Salicoques dont les antennes intermédiaires ne sont composées que de deux filets, qu'appai'tient le genre Nika. C'est sur une même espèce qui servit plus tard à M. Leach à créer celui de Processa, que M. Risso l'a fondé. Les Crustacés de ce genre sont extrêmement remarquables par la singulière conformation de leur première paire de pattes, dont une seule est constamment monodactyle, c'est-à-dire terminée par un seul crochet, et l'autre toujours didactyle, soit en forme de pince. Ils ne sont pas moins curieux par l'alongement extrême d'une de celles de la seconde paire. Je rapporte, avec conviction, la Processn canaliculata de M. Leach à la Nika eclulis de M. Risso. La Fariegata de ce dernier auteur, qui ne mentionne point cette espèce dans son Histoire naturelle de l'Europe méridionale, pourrait bien n'être qu'une variété de VEdulis. Je crois ne pouvoir comprendre que deux espèces dans ce genre ; savoir : cette dernière et la Sinuolata du même.

LA NIKA COMESTIBLE, NIKA EDULIS.

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