C. Siades Mastigopus
(PI. xx, fig. 42-4b)
Le matériel examiné consiste en deux spécimens à différents stades, recueillis tous deux aux' Canaries par le Professeur C. Chun, qui les décrivit et les figura comme Sergestes sanguineus Chun, et offrit les deux spécimens au Musée de Copenhague, il y a déjà longtemps. En 1896 et en 1903, j'ai montré que l'espèce de Chun est identique avec Sergestes obesus Krôyer, et que celui-ci est une larve de Petalidium. Les deux spécimens seront décrits ici.
a. Stade intermédiaire. — Le spécimen mesure 5.5%*, Le rostre (fig.4) est spiniforme, environ aussi long que la largeur de l’écaille antennaire près de l'extrémité, et avec une petite épine dorsale près de la base. Épines supraorbitales bien développées ; épines hépatiques modérément longues ; en outre, chaque angle antéro-latéral de la carapace a une épine, aussi longue que la supraorbitale.
Ophtalmopodes, y compris l'œil (fig. 4*) presque en forme de poire, en ce que l’article distal du pédoncule, assez robuste à la base, s’élargit graduellement et fortement jusqu'à l'œil qui est très grand, qui constitue la plus grande partie d'une sphère, et qui est plus épais encore que l'extrémité du pédoncule.
Pédoncules antennulaires caractéristiques (fig. 4*). Premier article presque deux fois aussi long que les deux articles distaux ensemble, assez étroit depuis l'extrémité jusque près de la base, car la partie proximale plus large est si courte que, dans la figure, elle est couverte par les ophtalmopodes ; en outre, cette partie proximale est moins large que de coutume et, sur le bord externe, elle est simplement angulaire, sans aucune dent. Le second article est assez épais, aussi long que le troisième, lequel, près de l'extrémité, est encore un peu plus épais. Flagelle supérieur légèrement plus long que le premier article pédonculaire, robuste, divisé en rares articles ; flagelle inférieur un peu plus court que le troisième article pédonculaire, inarticulé. Écaille antennaire atteignant même un peu au delà de l'extrémité du flagelle antennulaire inférieur ; elle est modérément étroite, avec le bord externe visiblement concave, les bords parallèles jusqu'au milieu et alors très légèrement divergents, de sorte que l’écaille est un peu plus large à la base de l’épine marginale, qui est assez courte et ne dépasse pas le bord terminal assez convexe.
Seconds maxillipèdes petits, les articles montrant toutefois presque la même forme et les mêmes dimensions relatives que chez l’adulte. Troisièmes maxillipèdes aussi longs que les précédents, mesurant à peine 1"*, c’est-à-dire extrêmement petits, divisés en articles peu marqués, avec quelques soies près de l'extrémité. Premières pattes mesurant seulement les deux tiers des troisièmes maxillipèdes ; secondes pattes presque aussi longues que ces derniers, les deux paires montrant le même caractère de non-développement. Troisièmes pattes longues de 3.37%" plus de moitié aussi longues que le corps par conséquent et presque 3.5 fois aussi longues que les troisièmes maxillipèdes ; les quatre articles proximaux sont très robustes, les deux longs articles distaux plus grêles, il n’y a aucun vestige de pince. Quatrièmes pattes à l’état de très courts rudiments, les cinquièmes étant à peine visibles.
Pléosomites sans épines, sauf une courte épine sur l’angle supérieur distal du sixième somite (fig. 4); ce somite est environ égal en longueur à la somme des deux précédents. Pléopodes avec les exopodites un peu plus longs que les pédoncules, sétifères ; pas d’endopodites. Exopodites des uropodes (fig. 4) un peu plus larges que ceux de l'adulte, légèrement plus de 4.5 fois aussi longs que
= 166 = larges tandis que la portion ciliée occupe mioins du septième du bord externe, ét que lépine ést bien développée. Felso moitié aussi long que les uropodes, et deux fois aussi long que largé ; l'asséz largé éxtrérnité est émarginée, avec une épine de taillé moyenne sur chaqué angle.
Branchies petites ; lamelles branchiales non visibles, pas de brañchié visible ñôn plus au-dessus de la quatrième patté.
b. Stade âgé. — Le spécimen mesure 9.5"%, Le rostré est un peu plus cotirt et plus épais à la base qu'au stade précédent, maïs la spintle dorsale a persisté. EÉpines supraorbitales absentes, ainsi qüe celles dés angles aritéro-latéraux ; épines hépatiques bien développées ; sillon gastro-hépätiqué profond én dessus. Yeux, pédoncules antennulaires, écaillés antennaifes dans l'ensemblé comme at stade précédent, mais le premier artiéle des pédoncules antennuülaires s’élargit près de la base; en outre, la flagelle antennulaire inférieur ést presque plus lénig que le troisième article antennulaire, et lé flagellé supérieur pas beaucoüp plus court que la carapace. |
La longueur relative des troisièmes maxillipèdes et des trois paires antérieurés dé pattes est présque comme au stade jeune ; les troisièmes paites mesurent 6.5%%, soit plus des deux tiers du.corps ; le dactylé est imdiqué à l'extrémité, ét le propoditée un peu élargi dans s4 courte partie la plus distale, mais sans Constituer aucun doigt immobile ; l’ensemible des deux articles pôrté environ sept épinés grêlés ; l'extrémité de là sécondé paire montre, sous le tégutmient, le développement rudiméntaire d'une pince. Quatrièmes pattés presque aussi longues que les ophtalmopodes, œil inclüs; ciriquièmes pattés mesurant setlement le tiérs environ des précédentes.
Les deux pléosomites postérieurs avec une épine presque füdiméntairé partant de f’angle postéro-supérieur. Pléopodes avec les endopôdites des trois pairés postérieures presque moiïtié aussi longs que les exopodités et avec dés soies terminales ; sur la seconde paire, l’endopodite est légèrement plus coûrt que sur les autres paires et dépourvu de soies. Exopodites des uropodes différant dé ceux du stade jeune en ce que la partie ciliée du bord éxterné est un peu plus obliqué et par suite un peu plus longue. Telson différant dé celui du stade jeune en ce que les épines términales sont excessivement petites, ét le bord entre elles fon pas concave, mais bien un peu saïllant et angüleux.
Lés branchies sont très intéressantes. Celle sur l’épipodite du second maxillipède paraît visible, maïs elle est en tout cas excessivement pétité, et on trouve ati-désstrs un petit bourgeon pleurobranchial représentant la branchie de l'adulte; aü-dessus du troisième maxillipède et des pattes, de fa première à la troisième incluse, se voient les pleurobranchies avec cinq ou six ramificationis pétites ou rudimentaires sur fa première et la seconde paire, trois ou quatre sur les deux autres paires de bränchies ; on trouve en outre une lamelle pleurôbranchialé au-dessus dé chacune de ces quatre branchiés, lamelles qui sont grañides ét croissent beaucoup
commé taille de la première à la quatrième ; au-dessus de la première patte cétté lamelle est au moins aussi grande que la branchie réelle, et plusieurs fois aussi grande au-dessus de la troisième patte. Au-déssus de la quatrième patte, urñe pleurobranchie tout à fait petité et non ramifiée.
Gouleur. — D'après Chün, l'animal est hyalin avec une tache rougeñtre au-dessus de la base dé chaque pléopode, les flagélles antenhaires étant complétement rouges. |
D. Occurréncé el Distribution.
La liste dés localités montre que les adultes ont été capturés à douze statiôns, par des profondéurs allant dé 5600 à 5000" ; l4 plus séptentrionale étant par 40° 15° lat. N., 56° 25° long. W. Le T'ALISMAN captura un spécimen à la hauteur du Maroc par 34° 20° lat. N., à 2516". Sund n'a recueilli aucün spécimen, ét aucun adulte où subadulte de P. obésum Krôyer (ou de l’autre espèce P. foliaceum Bâte) n’a jamais été capturé par aucun batéau ou äâucuün naturaliste près de la surface. Ces faits, joints à la consistance membraneuse dü tégument, semblent bien indiquer que P. obesum est une forme nageuse des grandes profondeurs. L’unique Mastigopus, d’après lequel Krôyer a établi l'espèce, fut capturé dans l'Atlantique par 4°5 lat. N., certainement à la surface ou tout près ; les larves de Chun, provenant des Canaries, furent prises au filet fin de profondeur, plus rarement à la surface. Ces quelques rares données contiennent tout ce qui a été publié jusqu'ici.
E. Remarques.
En 1806 déjà, l’auteur de ce travail a établi que Sergesles obesus Kr. et S. sanguineus Chuñ sont synonymes, que cCés animaux éont des stades Mastigopus n’appartenant pas à Sergestes mais probablement à Petalidium, et qu'ils ne devaient pas appartenir à P. foliaceum Bate. Après l'examen des spécimens de Bate, du CHALLENGER, conservés au British Museum, je pouvais écrire en 1903 que les branchies prouvaient que S. obesus Kr. appartient au genre Petalidium, que le Mastigopus âgé possède une petite branchié au-dessus de la quatrième patte, tandis que les spécimens de Bate n’ont pas une telle branchie, dé sorte qu'il y a deux espèces de Peialidium.
Malheüreusement,P. foliaceum Bate est imparfaitemént connu,car les spécimens dü CHALLENGER, redécrits (avec figures) par moi én 1903 sont extrêmement mutilés. Malheureusement aussi, la branchie rudimentaire au-dessus de la quatrième patte né péut être trouvée sur tous les exemplaires de P. obésum (voir plus haut), de sôrté qué sa présence seulé, mais non son absence, peut compter comme caractère spécifique positif. Les spécimens de Bate de P. foliaceum proviennent de 46° 3/4
lat. S., 45° 1/2 long. E., et de 47° 2/5 lat. S., 130° 1/3 long. E., c'est-à-dire très loin des aires tropicales ou chaudes de l'Atlantique. La femelle de LP. foliaceum dont parle Illig (1914) provient de 58° lat. S., 90° long. E., soit de la région subantarctique ; un mâle mentionné par le même auteur a été capturé à 35° lat. S., 3° long. E. et mesurait 36", Un des spécimens de Bate a 12 mloemelle d'Hhis572 l’un et l’autre beaucoup plus grands qu'aucun des spécimens de P. obesum de la collection de Monaco ; de plus, la crête rostrale semble plus haute, avec le bord supérieur plus convexe que chez P. obesum, voire même anguleux. Plusieurs années auparavant, un mâle de Petalidium capturé par l’'Expédition suédoise antarctique me fut montré par hasard; jen gardai l'impression que le petasma a des processus ou lobes considérablement plus longs que chez P. obesum, et je pense qu'en raison de son origine antarctique ou subantarctique il peut appartenir à P. foliaceum.
Stebbing (1914) a décrit un mâle, long de 42.5®%, provenant de 48 lat. S., 9° 50° long. W.; il le rapporte à P. foliaceum, et sa figure du petasma diffère des miennes (fig. 3-3") par plusieurs particularités, mais est assez semblable à la figure du petasma dessinée par Illig.
Sous-famiile des LUCIFERINÆ
Les caractères essentiels, par lesquels cette sous-famille se distingue des Sergestinæ, ont été énumérés p.10. Un seul genre est connu, Lucifer Vaughan- Thompson ; il fut établi (1829) d’après une forme atlantique, qui fut décrite et figurée, mais aucun nom spécifique ne lui fut adjoint. Plus tard H. Milne-Edwards (1837) appella le genre Lucifer, nomma l'espèce de Thompson L. typus et établit une seconde espèce des Indes orientales. Plusieurs auteurs ont adopté le nom amélioré Leucifer, d'autres préférant l'original et assez inadéquat Lucifer ; il faut malheureusement faire un choix dans ce pas assez intéressant dilemne, et je suivrai les lois de priorité.
Lucifer, Vaughan-Thompson
La collection de Monaco contient les deux espèces connues jusqu'ici de l'Atlantique, mais non les formes larvaires. Lorsque j'ai étudié, il y a quelques années, l'énorme matériel de spécimens adultes et immatures appartenant à ce genre, et recueillis par le S1B0G4 dans l’Archipel Indien (oriental) en même temps qu'un bon matériel, surtout atlantique, au Musée de Copenhague, je reconnus impossible de séparer et de nommer les spécimens avec la seule littérature existante ; je fus donc forcé de rechercher des caractères spécifiques valides et d'établir une sorte de monographie. Mon travail (1919) contient les descriptions de probablement toutes les espèces de l'Atlantique et de l'Océan Indien, six formes en tout. Toutes
O0 se trouvent dans l’Archipel Indien, et, parmi elles, deux seulement aussi dans lAlantique.
Comme l'étude des collections de Monaco ne m'a pas permis d’y ajouter grand chose — sauf des indications de localités — j'ai éru suffisant de renvoyer au travail en question, Où l’on trouvera une revue critique de toute la bibliographie antérieure concernant les descriptions et les figures, et en outre les résultats de mes propres recherches, surtout sur l'important petasma, avec description et dessins analytiques de toutes les espèces, et leur distribution géographique. Le développement, si intéressant, a été étudié par W. K. Brooks (1882), qui semble avoir eu en mains tous ou presque tous les stades larvaires d’une des espèces atlantiques, L. Faxont Borradaile.
On peut ajouter que les deux espèces atlantiques sont très faciles à séparer l’une de l’autre. ZL. typus a de longs ophtalmopodes, et le processus ventral postérieur du sixième pléosomite, chez le mâle, a la partie distale renflée ; chez L. Faxoni les ophtalmopodes sont assez courts, et le processus ventral cité s’atténue à son extrémité étroite et obtuse. Mais ces deux formes sont moins aisées à séparer des espèces indiennes ; on pourra se reporter sur ce point à mon travail cité plus haut.
Lucifer typus H. Milne-Edwards
1829. Lucifer, J. VAuGHAN-THompson (1829), p. 58; pl. vrr, fig. 2.
1837. Leucifer ty pus, H. Mizxe-Epwarps (1837), tome 11, p. 460.
1852. Lucifer acestre, J. D. Dana (1852), p. 671; pl. xciv, fig. 9, a-i [au moins en partie]. 1871. ? Lucifer Reynaudi, A. Donrn (1871), p. 357; pl. xxvui, fig. 1-10.
1888. Lucifer Rey-naudii, SPENCE BATE (1888), p. 466; pl. Lxxxiv. [Au moins en partie].
1803. — reynaudi, À. ORTMANN (1893), p. 40.
1018. — acesira, O. PESTA (1918), p. 58, fig. 17. 1019. — tyÿpus, H.J. HANseN {1919}, p. 53; pl. 1v, fig. 6a-6k.
On peut ajouter que L. A. Borradaile (1915), p. 227-230, donne les quatre noms suivants L. éypus H. M.-Edw., L. acestra Dana, L. Clausi Borrad. et L. Batei Borrad., se rapportant tous aux plusieurs figures de L. typus alors que deux des auteurs cités par lui ont, selon toute probabilité, et en se basant sur leurs listes de localités, mélangé des spécimens de L. typus et de L. orientalis H. J.H.
Campagne de 1887 : Stn. 142 (25 juillet), surface ; 21"-21" 30. Mer des Sargasses. Filet fin en soie. Une femelle. — Stn. 145 (26 juillet), surface ; 21" 30-22. Mer des Sargasses. Chalut de surface. Un mâle, une femelle. — Stn. 148 (28 juillet), surface ; 21°30-22" 30. Mer des Sargasses. Chalut de surface. Trois mâles, trois femelles.
Campagne de 1894 : Stn. 430 (6 juillet), surface ; 22" 20-23". Ouest du Maroc septentrional. Chalut de surface. Un mâle.
Campagne de 1904 : Stn. 1781 (20 août), profondeur o-5000". Fosse de Monaco. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle, deux femelles. — Stn. 17097 (26 août),
profondeur 0-2000". Entre les Canaries et les Açores. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle.
Campagne de 1911 : Stn. 3118 (10 août), profondeur o-2380o", Sud-ouest de Funchal. Filet Richard à grande ouverture. Un spécimen immature,
Campagne de 1912 : Stn. 3221 (9 août), profondeur o-500%. Fosse de Monaco. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle.
Campagne de 1913: Stn, 3391 (5 août), surface. Presque à mi-route entre les Açores et la Fosse Sigsbee. Filet fin étroit. Un mâle, — Stn, 34o1 (7 août), surface. Loin au sud du Grand Banc de Terre-Neuve. Filet fin étroit. Une femelle, — Stn. 3407 (9 août), surface. Sud-est de la Fosse Sigsbee, Filet fin étroit. Une femelle. — Stn. 3509 (25 septembre), surface. Sud-est de la Fosse Sigsbee. Filet fin étroit. Un mâle.
Occurrence et Distribution.
La liste des stations montre que L. iypus a été capturé dans la partie méridionale de l'aire de Monaco n'atteignant pas les Açores, mais dans la moitié ouest de l'Atlantique il s’étend plus au nord, la station la plus septentrionale étant par 39° 35° lat. N., 55° 15’ long. W. ; la majorité consiste en stations de surface.
Le Musée de Copenhague possède des spécimens de l'Atlantique de plus de trente localités, la plus septentrionale par 34° 10° lat. N., 42° 10° long. W., les deux plus méridionales par 28° 43° lat S., 25° 14° long. W., et par 40° 32° lat. S., 52° 2? long. W.; tous ces animaux capturés certainement près de la surface. Je suppose que tous les spécimens rapportés par Ortmann à L. reynaudi H. M.-Edw. appartiennent à L. typus, et il écrit qu'il s’agit « d’une véritable forme planktonique, se trouvant seulement dans les mers chaudes, mais cependant si généralement distribuée, qu’elle se trouve presque dans toutes les prises »; sur sa PI. x, une carte avec tracé de l'expédition, il montre son occurrence quantitative, et l’on voit que le plus grand nombre de spécimens ont été pris entre 5° lat. N. et 8° lat. S., la plus septentrionale de ces stations étant dans le courant de Floride, loin au sud de Terre-Neuve environ à 41° 30’ lat. N.
Toutes les localités, en dehors de l'Atlantique et de la Méditerranée, citées dans la bibliographie avant 1918 doivent être écartées comme presque sans valeur. Pesta cite l'espèce de la partie sud de l’Adriatique ; Adensamer (1898) donne un grand nombre de stations dans la moitié est de la Méditerranée entre 19° 5” long. E. et 34° 33 long. E. J'ai examiné des spécimens de Messine, de la baie de Bengale, de Manille, de 16° 8’ lat. S., 11° 50° long. E., et de quatre places dans l’Archipel Indien, des deux côtés d’une ligne à l’est jusqu’à 126° 39’ long. E., au moins.
no LOIS
Lucifer Faxoni Borradaile
1878. Lucifer typus ?, W. Faxon (1878), p. 113 ; pl. vir [d’après Borradaile].
1882. — sp., W. K. Brooks (1882), p. 87, pl. vir-1x, fig. 61-75. 1803. — typus, À. ORTMANN (1693), p. 40.
1915. — faxoni, L. A. BoRRADAILE {1915}, p. 228.
1919. — Faxonii, H. J. Hansen (19719), p. 61; pl. v, fig. 3a-3i.
Campagne de 1887 : Stn. 139 (22 juillet), surface; 22" 15-23" 15. Mer des Sargasses. Chalut de surface. Un mâle. — Stn. 148 (28 juillet), surface ; 21° 30-22°30 Mer des Sargasses. Chalut de surface. Une femelle.
Campagne de 1913 : Stn. 3401 (7 août), surface. Loin au sud du Grand Banc de Terre-Neuve. Filet fin étroit. Une femelle. — Stn. 3485 (8 sept.), surface. Loin au sud-ouest de Halifax. Nouvelle-Écosse. Filet fin étroit. Une femelle. — Stn. 3504 (24 septembre), surface. Très loin au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Filet fin étroit. Une femelle. — Stn. 3505 (24 septembre), surface. Très loin au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Filet fin étroit. Un mâle, une femelle.
Occurrence et. Distribution.
La liste des stations montre que cette espèce est beaucoup moins commune que L. typus dans l’aire explorée. Ortmann écrit que, contrairement aux autres espèces, elle est « très localisée ; à part quelques exemplaires visiblement dispersés dans le courant de Floride et la mer des Sargasses (près des Bermudes), on la trouve en nombre dans quelques points du courant équatorial du Sud (près de Fernando Noronha) et, de facon massive, sur le banc côtier de l’embouchure du Tocantin ». Le Musée de Copenhague possède des spécimens de quelques rares stations atlantiques : de 33° lat. N., 47° long. W., des parages de Puerto Cabello; de 4° 30’ lat. N. 28° 20’ long. W.; de 23° lat. S., 42° long. W. ; finalement de Cruz Bay, S' Jan, Antilles; pour la dernière station, une baie avec eau peu profonde, nous avons un abondant matériel non seulement de spécimens adultes et immatures, mais aussi de larves à divers stades. Ceci agrée avec le fait que W. K. Brooks a pu élucider les métamorphoses sur du matériel capturé dans la baie de Chesapeake et il écrit sur ces animaux : « Je pense qu'ils ne sont pas strictement pélagiques, mais que leur habitat consiste dans les bordures salées proche de l'Océan ». L'espèce est modérément commune dans l’Archipel Indien (Hansen 1919).
L. Faxoni a été capturé en tout cinq fois par grandes quantités, et les localités en question sont très voisines de la côte, ou du moins pas très éloignées, ce qui montre que l'espèce n’est pas réellement un habitant pélagique de la haute mer, mais que les spécimens qu'on y trouve ont été, selon toute probabilité, transportés par quelqu'un des grands courants océaniques.