Scopimera kochi n. sp. (PL XXVII, Fig. 21 à
Merauke, coll. Dr. Koch 1905, 5 (f, 1 Q.
Le céphalo-thorax est un peu plus large que long, de contour presque pentagonal. Les régions de la face dorsale sont assez nettement indiquées.
Le front forme en avant une languette arrondie dont la longueur égale la largeur basale. Ce front est garni sur les bords de fins granules. Il présente en son milieu une partie renflée avec une carène longitudinale qui n’atteint pas le bord antérieur. En arrière du front, le
1) Abhandlg. Senckenb. Gesell. 25. p. 536.
J. ROUX. CRUSTACÉS
céphalo-thorax montre une partie mésogastrique légèrement concave tandis que les régions hépatiques adjacentes sont bombées, ainsi que les parties branchiales, qui sont séparées de la région hépatique par une dépression.
Au milieu du céphalo-thorax, sur la région mésogastrique, on remarque un sillon peu profond dans la surface granuleuse. Ce sillon dessine le plus souvent une lettre M aux jambages médians ouverts et courts, non réunis en angles, mais par des courbes, soit entre eux soit avec les jambages latéraux. On aperçoit parfois, de chaque côté de ce sillon une ligne supplémentaire arquée en dehors et qui produit alors au lieu du M un dessin semblable à cette figure on) sur le céphalo-thorax. Celui-ci est entièrement couvert de granules assez gros, qui sont cependant plus fins et plus serrés dans les régions cardiaque et postérieure que dans les parties antérieures et latérales. L’orbite est grande, oblique; en avant, une courte ligne de granules forme le bord supérieur proximal de la cavité orbitaire. Une crête granuleuse en relief borde également cette cavité à la partie inféro-postérieure.
Les côtés du céphalo-thorax sont également granuleux. En arrière, un sillon lisse sépare la partie latérale de la carapace de la portion dorsale. On remarque en outre sur les côtés du corps: 1°. une crête de granules qui, partant de l’angle postérieur de l’orbite, se dirige en arrière et en bas; 2°. un sillon vertical, très étroit, qui part de la portion postérieure de l'orbite et se dirige vers le bas en s’amincissant encore; il n’atteint pas le bord inférieur. 3°. au devant de ce sillon s’en trouve un autre, presque parallèle à lui, mais venant du bord inférieur et cessant dans la région située au dessous de l’orbite.
Le bouclier céphalo-thoracique est bordé en arrière d’une rangée régulière de granules plus petits que ceux du dos.
Les maxillipèdes externes sont très puissants et fortement bombés. Le mérognathe a un peu plus de I 1 , fois la longueur de l’ischium. Les deux articles sont grossièrement granuleux et séparés l’un de l’autre par une suture transversale légèrement en relief. Le côté externe du maxillipède est aussi relevé en bourrelet et régulièrement arqué en dehors. Il n’y a pas de sillon, ni sur le mérognathe, ni sur l’ischium.
Les chélipèdes sont égaux, leur longueur est d’environ 2 fois ou un peu plus celle du bouclier céphalo-thoracique. Ils sont plus trapus que les autres pattes. Le méropodite est fortement granuleux sur la face externe. Sur le côté interne, les granules sont moins nombreux et moins proéminents. Dans sa moitié basale, le méropodite est muni d’un tympan ovalaire allongé dans le sens longitudinal de la patte et divisé en deux moitiés par une bride étroite. Le carpe porte une granulation très dense et régulière sur la face externe, en dessous les granules sont plus irréguliers.
A la pince les deux doigts sont arqués en dedans et baillent largement. Le doigt mobile est de même longueur que la portion palmaire. Sur cette dernière partie des granules sont irrégulièrement distribués. Sur le bord interne, ils forment une série qui se continue sur le doigt fixe. Celui-ci présente également une série de granules sur son bord interne; entre ces deux séries se trouvent quelques granules épars. Une ligne de granules, quelque peu sinueuse part de la face inférieure du doigt fixe, presque lisse et se continue en arrière sur la palma jusque près de l’articulation carpienne. Sur sa face inférieure, la partie palmaire est munie de granules irrégulièrement distribués, mais qui sont plus nombreux du côté du doigt mobile. Celui-ci présente une échancrure à sa base. Les granules qui le couvrent sont arrangés
J. ROUX. CRUSTACÉS
en séries longitudinales, formant des lignes en relief plus ou moins parallèles. Entre la ligne interne de granules qui remplace les dents et la ligne qui borde le doigt du côté interne on compte sur la face supérieure 4 séries de granules. Ces granules deviennent de moins en moins proéminents à mesure qu’on s’avance vers la partie distale du doigt dont le , / 4 terminal est presque complètement lisse. En dessous, le doigt libre est lisse à sa base dans la partie échancrée, puis une ligne de granules médio-inférieure naît à la même distance que la crête interne du doigt et se continue jusque près de l’extrémité distale en diminuant de hauteur. Entre les parties basales des I ères et 2 e paires de pattes ambulatoires, on remarque de chaque côté une forte touffe de poils fins et longs. Les pattes ambulatoires sont toutes fortement revêtues de granules, qui sont plus proéminents sur leur face externe que du côté interne. Les dactylopodites sont plus longs que les propodites correspondants. Quant aux méropodites, leur largeur équivaut à la moitié de leur longueur, ils sont pourvus chacun d’un ,tympan” ovale bien développé, bordé d’une fine ligne de granules, mais non divisé par une bride longitudinale.
Sur les dactylopodites, les granules sont arrangés en lignes longitudinales et diminuent de grosseur à mesure qu’on s’approche de l’extrémité de l’article; celui-ci a ainsi une apparence cannelée visible surtout dans sa portion distale.
Le sternum, dépourvu de tympan, est couvert de granulations très denses.
L’abdomen du mâle se compose de 7 articles, tous de forme différente. L’article basal a une largeur égale à la moitié de la distance qui sépare les pattes marcheuses postérieures. Sa longueur est comprise trois fois dans sa largeur. Ses bords antérieur et postérieur sont parallèles, arqués du côté du céphalo-thorax; le bord antérieur est un peu plus court que le postérieur. Les bords latéraux sont également arqués.
Cet article est lisse, sauf sur sa partie antérieure où se trouve une ligne de granules tout près de la suture avec le segment suivant. Ce dernier est de même largeur que le bord antérieur du précédent. Son bord antérieur est beaucoup moins arqué que le postérieur; il possède aussi une ligne de granules formant une proéminence dans sa partie médiane. L’article 3 a des côtés latéraux convexes. Sa largeur antérieure est plus grande qu’en arrière et est sub-égale à celle du segment basal. Sa longueur est aussi à peu près égale à celle de cet article. Le segment 3 est recouvert de granulations irrégulièrement distribuées qui sont plus nombreuses dans sa partie antérieure. La suture entre cet article et le suivant est presque droite, transversale. L'article 4 diminue de largeur vers l’avant; ses côtés latéraux sont à double courbure, d’abord concaves, puis convexes. En avant, cette courbure se continue sur le bord antérieur de l’article, bord qui, de chaque côté, demeure libre sur un 1 j 6 environ de sa largeur totale. Le segment suivant ne s’attache en effet au 4 e que sur sa portion centrale. La suture entre ces deux articles, convexe en avant, est un peu moins bien marquée que les autres. En aucun cas le 4 e segment ne déborde sur le 5 e et il n’est pas pourvu de poils. L’article 4 porte aussi une granulation assez grossière, irrégulière. L’article 5, plus étroit en arrière qu’en avant (environ d’un tiers) présente une forme de coupe avec ses bords latéraux d’abord concaves, puis convexes. La longueur de ce segment est égale à sa largeur antérieure. Il est granuleux comme les précédents et sa suture avec l’article suivant est transversale.
L’article 6 est aussi long que les segments 3 et 4 pris ensemble; sa forme est quasi rectangulaire. Ses côtés sont cependant quelque peu convexes et sa suture antérieure un peu plus courte que la postérieure et un peu plus arquée. Des granules irrégulièrement distribués.
J. ROUX. CRUSTACÉS
couvrent aussi cet article. La largeur de la suture le séparant de l’article 7 est égale à la longueur de cet article, qui est le segment terminal, arrondi à l’extrémité libre et beaucoup moins granuleux que les segments précédents. Il est épaissi en bourrelet légèrement saillant non loin de son bord libre, qui est garni de poils assez longs. Les bords latéraux de l’abdomen portent aussi des poils, un peu plus courts que ceux de la partie terminale.
L’abdomen de la 9 présente la forme habituelle, régulièrement subcirculaire; il est beaucoup plus large que chez le cT et se compose aussi de 7 articles; c’est le 4e article qui est le plus large. Les deux articles basaux sont très étroits. Leur largeur comprend environ les 2 3 de la distance qui sépare les pattes postérieures. Leur longueur égale environ le '/ 0 de leur largeur. L’article 3 est plus large en avant qu’en arrière, ses côtés latéraux sont convexes; sa longueur égale environ 3 '/, fois sa largeur. L’article 4 est le plus large, sa longueur est également un peu plus grande que celle de l’article précédent. L’article 5 est plus long que le segment 4, sa longueur est contenue environ 3 1 / 2 fois dans sa largeur postérieure; la largeur de cet article diminue d’arrière en avant. C’est le 6 e article qui est le plus long, sa largeur diminue aussi d’arrière en avant et sa longueur est contenue environ 2 '/ 4 fois dans sa largeur postérieure. Tous ces segments ont leurs bords latéraux convexes en dehors; les sutures qui les séparent sont transversales et possèdent en leur milieu une légère concavité. Le 7e segment est beaucoup plus étroit que les précédents (environ de moitié), il est largement arrondi à son bord libre.
Le sternum et l’abdomen de la femelle sont entièrement lisses.
Dimensions cT 9
Largeur maximum du céphalo-thorax.7.5 4.8
Longueur „ „ „ .6 3.5
Epaisseur „ , „ .5.5 3.2
Largeur du front . 1.6 I
Par plusieurs caractères, cette nouvelle espèce appartient au genre Dotilla, mais par plusieurs autres elle se rattache au genre Scopimera. Cela montre bien l’étroite parenté qui existe entre ces deux genres que DE Man proposait même de réunir en un seul.
C’est ainsi que cette espèce ne présente aucune sculpture au mérus des maxillipèdes externes, mais que cet article est distinctement plus grand que l’ischium. Si par la forme générale du corps et les sillons qui ornent le céphalo-thorax, la nouvelle espèce se rapproche de Dotilla , elle s’en distingue par la forme de son abdomen qui rappelle celui de Scopimera. Chez ce genre en effet, le 5e segment abdominal est aminci et allongé, tandis que chez Dotilla, l’abdomen présente une particularité qu’ ALCOCK ’) place dans sa diagnose générique: le 4e segment abdominal fait saillie sur le 5e et est revêtu à son bord libre d’une rangée de poils. Nous ignorons si cette particularité se retrouve chez toutes les espèces décrites par les auteurs, car dans la plupart des cas, les détails manquent dans les descriptions de l’abdomen. Si cette formation est générale, elle caractériserait mieux que toute autre le genre Dotilla. D’après la description de l’abdomen de D. brevitarsis par DE Man, 2 ) il nous semble que cette espèce doit être incorporée au genre Scopimera.
Une révision des epèces de ces deux genres serait désirable; il est certains caractères
1 ) Journ. Asiat. Soc. Bengal, Vol. 69, p. 342 en 364.
2) Journ. Linn. Soc. London, Vol. 22, 1886, p. 130, PI. IX, fig. 1 — 3.
Nova Gcinea. V. Zoologie. 78
J. ROUX. CRUSTACÉS
(sculptures des maxillipèdes externes, proportions entre l’ischium et le mérus de ces appendices) qui devront probablement être laissés de côté pour la diagnose générique et n’être employés que pour la distinction des espèces entre elles.
Dans les diagnoses spécifiques, les caractères de l’abdomen du cf et la O devraient être indiqués plus au long car ils sont parfois utiles pour la détermination. A cet égard, l’observation de LANCHESTER, ') à propos de D. mictyroides doit être retenue.
Nous regrettons que le manque de matériaux ne nous permette pas d’entreprendre l’étude comparative de ces genres, auxquels tous les auteurs reconnaissent une parenté très marquée.
Les espèces du genre Scopimera jusqu’ici décrites sont les suivantes:
Scopimera globosa de Haan 1833.
Scopimera tuberculata Stimpson 1858.
Scopimera investigatoris Alcock 1900.
Scopimera crabricauda Alcock 1900.
Scopimera kochi n. sp.
Peut être faut-il ajouter à cette liste, l’espèce décrite par DE MAN sous le nom de Dotilla brevitarsis.
C’est de S. tuberculata Stimps. que notre espèce se rapproche le plus. Elle en diffère par la forme générale plus globulaire, par sa sculpture, comme aussi par les proportions de l’ischium et du mérognathe des maxillipèdes externes.
Sous-fam. Ocypodinae.