À PIEDS ARTICULÉS
plus grand nombre de ces animaux tient à celle de l'excrétion qui sinterpose entre le derme et l'épiderme, ce qu'on appelle dans l'homme le #ssu muqueux. C'est aussi dans cette excrétion que sont déposées les couleurs souvent brillantes et si variées qui les décorent.
Ces animaux ont toujours des yeux qui peuvent ètre de deux sortes; les yeux simples ou lisses(1), qui se présentent sous la forme d’une très petite lentille, communément au nombre de trois, et disposés en triangle sur le sommet de la tête (*; et les yeux composés ou à facettes, dont la surface est divisée en une infinité de lentilles différentes, appelées facettes, et à chacune des quelles répond un filet du nerf optique (*). Ces deux sortes peuvent être réunies ou séparées selon les genres;
on ne sait pas encore si, lorsqu'elles existent simultané-
ture particulière qu'il nomme chitine. Suivant lui, le phosphate de chaux forme la plus grande partie des sels des tégumens des insectes; tandis que la carapace ou le test des crustacés en offre peu, et abonde en carbonate de chaux , que l’on ne trouve point dans les animaux précédens, D’autres
recherches, celles de M. Strauss surtout,
(a) Insectes. PL 2. fig. 8 et 2. Arachnides.
Pl 2 for, 3;plo.fs.r oc, cte
démontrent que les tégumens remplacent ici la peau des vertébrés, où qu'ils ne forment point de véritable squelette, Les observations de M. Odier combattent aussi toutes les analogies que l’on avait voulu
établir à cet égard.
(1) Ocelli, stemmat a.
(2) Insectes. PL 2. fig. 10-13, ete.
ment, leurs fonctions sont essentiellement différentes; mais dans l'une et l’autre la vision se fait par des moyens très différens de ceux qui ont lieu dans l'œil des verté- Dbrés.(1)
D'autres organes qui paraissent ici pour la première fois, et qui se trouvent dans deux de ces classes, les crustacés et les insectes(2), les antennes (*), sont des filamens articulés et infiniment diversifiés pour la forme, souvent même selon les sexes, tenant à la tête, paraissant éminemment consacrés à un toucher délicat, et peut-être à quelque autre genre de sensation dont nous n'avons pas d'idée, mais qui pourrait se rapporter à l'état de latmosphère.
Ces animaux jouissent du sens de l'odorat et de celui de l’ouie: quelques-uns placent le siège du premier dans
les antennes(3); d'autres, comme M. Duméril, aux orifices
(1) Voyez un mémoire de M. Marcel de Serres sur les yeux composés et les yeux lisses des insectes, Montpellier, 1815, 1 vol, in-8°. Voyez aussi les observations de M. de Blainville sur les yeux des crustacés, consignées dans le Bulletin de la Sociélé philomatique, Nous reviendrons plus
bas sur ce sujet.
(2) Et mème dans les arachnides , mais sous des formes et avec des fonctions différentes,
(3) Relativement aux insectes, et lorsqu’elles se terminent en massue plus ou moins développée, ou bien qu’elles sont accompagnées d'un grand nombre de poils.
Suivant M. Robiucau Desvoidy, les an-
(a) Ins. PL 8, fig. 2. 14. 15, etc. Crust. PL 7. fig. té, pl 42. fige 1. 2. 3; pl. 44, fig. 1, etc.
A PIEDS ARTICULÉS. 7 destrachées; d’autres encore, comme M. Marcel de Serres, dans les palpes; mais ces opinions ne sont pas appuyées sur des faits positifs et concluans. Quant à l'ouie, les crustacés décapodes, et quelques orthoptères ont seuls une oreille visible.
La bouche de ces animaux présente une grande analogie qui, d'après les observations de M. Savigny (1), s'étend même, du moins relativement aux insectes hexapodes, à ceux qui ne peuvent que sucer des alimens liquides.
Ceux qu'on appelle broyeurs, parce qu'ils ont des màchoires propres à triturer les alimens, les présentent toujours par paires latérales, placées au devant les unes des autres (*); la paire antérieure se nomme spécialement
mandibules (*); les pièces qui les couvrent en avant et en
tennes intermédiaires des crustacés déca- décapodes supposent l'existence d’un sque-
podes sont l'organe olfactif (Bull, des Sc.
nat. , mai, 1827), mais il ne citeà l'appui de son sentiment aucune expérience directe.
Il semblerait d'ailleurs que dans les crustacés très carnassiers, tels que les gécarcins el autres, cet organe devrait être comparativement plus développé, et nous observons positivement le contraire. Ses idées
sur la composition extérieure des crustacés
(a) Insectes. PL. 5. fig. 1-15, ete. Crustacés,
PI. 4. pl.5. fig. 14, 14, etc.
lette. Mais pour ne pas agir arbitrairement, il aurait dû commencer par établir la connexion de ces animaux avec les poissons, et ne pas admettre comme fait positif ce qui est au moins en question.
(1) Mémoires sur les animaux sans vertèbres, L'idée mère avait été consignée, mais sans développement , dans mon ist.
gener. des insectes.
(b)1ns. PL. 5. fig. r. 7. etc. Arachn. PI. 2. fig. ra,
fig. t, etc. Crust. PI. 4. pl,”, fig. re, etc.
di
et,
arrière portent le nom de lèvres (1), et celle de devant en particulier celui de labre (°). On appelle palpes ou antennules des filamens articulés attachés aux mächoires ou à la lèvre inférieure, et qui paraissent servir à l'animal pour reconnaître ses alimens(”). Les formes de ces divers organes déterminent le genre de nourriture aussi nettement que les dents des quadrupèdes. A la lèvre infé-
rieure (2) adhère communément la langue (ou languette,
(x) I s’agit ici plus particulièrement des insectes à six pattesou hexapodes.
(2) Ou plus simplement lèvre, puisque l’autre a reçu le nom de labre. Elle est protégee en devant par une pièce cornée plus ou moins grande, formée par un prolongement cutané et articulé à sa base d’une portion inférieure de la tête appelée menton. Ses palpes, toujours au nombre de deux, sont distingués des maxillaires par l’épithète de labiaux(c). Lorsque ceux-ci sont au nombre de quatre, on les désigne par les dénominations d’exterues et d’internes.
On regarde les derniers comme une modification de la division extérieure et terminale de la mâchoire. Cette pièce, que Fabricius, relativement à ses Ulonates ou les Orthoptères, nomme galea, n’est encore que la même division maxillaire, mais plus
dilatée, voutée et propre à recouvrir la di-
(a) Insectes. PI. 5. fig. 5.6. etc.
(2) Insectes. PL. 5. fig. 1,2. 4. etc.
vision interne qui, ici, à raison de sa consistance écailleuse et de ses dents ressemble à une mandibule (4), Dans les derniers insectes, et surtout dans les Libeïlules ou demoiselles, l’intérieur de la cavité buccale offre un corps mou ou vésiculeux, distinct de la lèvre et qui, comparativement aux cruslacés, parait être la langue proprement dite, { Labium, Fab.). Cette pièce est peut-être représentée par ces divisions latérales de Ja languette qu’on nomme paraglosses (voyez les Coléoptères carnassiers , les Hydrophiles, les Staphylins, les deux pièces en forme de pinceau qui terminent la lèvre de Lucanes, les Apiaires, etc.). Les insectes précités, savoir les Orthoptères et les Libellules deLinnæus, nous montrent évidemment, que cette portion membraneuse et terminale de la lèvre inférieure, qui fait plus où moins
de saillie entre ses palpes, très prolongée
(ec) Insectes, pl. 5. fig. 3. pl. 4, fig. 3; etc. (d) Insectes, pl, 98. fig. r L; pl. 50. fig. 1 Z. etc.
A PIEDS ARTICULÉS. 9 ligula). Tantôt(les abeilles, et plusieurs autres insectes hyménopteres) elle se prolonge considérablement, ainsi que les mächoires (‘), et forme une sorte de fausse trompe (promuseis), ayant le pharynx à sa base, souvent recouvert par une espèce de sous-labre, appelé par M. Savigny épipharynx (1); tantôt (kémuptères et diptères) les mandibules et les mächoires sont remplacées par des pièces écailleuses, en forme de soies ou de lancettes ,recues dans une gaine tubulaire, allongée, soit cylindrique et articulée, soit plus ou moins coudée et terminée par des espèces de lèvres (”. Ces parties composent alors une véritable trompe. Dans d’autres insectes suceurs (/épidopteres), les mächoires seules se prolongent considérable-
ment, se réunissent pour former un corps tubulaire, en
surtout dans plusieurs hyménoptères, est très distincte de cette caroncule intérieure, que je considère comme la langue proprement dite; et cependant presque tous les ento— mologistes désignent cette extrémité extérieure de la lèvre sous le nom de languette.
Mais il est vrai de dire que la langue proprement dite est ordinairement si intimementunieavec la lèvre, que ces parties se confondent au premier coup-d’œil. Le pharynx estsitué au milieu de la face antérieure
de cette lèvre, un peu au-dessus de sa ra-
(a) Insectes, pl. 5. fig. 13,14.
cine, et dans les coléoptères pourvus de paraglosses, au point de leur réunion. Pour bien connaitre la composition primitive de la lèvre inférieure, il faut l'étudier dans les larves mêmes, principalement dans ceiles des coléoptères carnassiers aquatiques (7.
les généralités de la classe des insectes).
(1) Daus beaucoup de coléoptères, audessous du labre est une pièce membra— neuse qui me parait être l’analogue de lépipharynx. Le labre est relativement à elle
ce qu'est le menton par rapport à la lèvre.
(4) Insectes ,pl. 4. fig. 4-15.
Le
forme de soie, ayant l'apparence d’une langue longue, très déliée et roulée en spirale (spiritrompe, Larr.); les autres parties de la bouche sont très rapetissées (*). Quelquefois, comme dans beaucoup de crustacés, les pieds antérieurs se rapprochent des mâchoires, en prennent la forme, exercent une partie de leurs fonctions, et l'on dit alors que les mächoires sont multiples (°); il peut même arriver que les vraies mächoires soient tellement réduites, que les pieds maxillaires, autrement pieds-mächoires, soient obligés de les remplacer en entier. Mais quelles que soient les modifications de ces parties, il y à toujours moyen de les reconnaître, et de ramener ces
changemens à un type général. (1)
(1) C'est par l'étude comparative et gra buccaux, mais susceptibles par des modi-
duelle de la bouche des crustacés, que l'on pourra acquérir des notions exactes sur les diverses transformations de ces parties, et le moyen d'établir une concordance générale, sinon certaine, du moins probable, entre ces divers organes considérés dans les trois classes. Les mandibules, les mâchoires et la lèvre sont au fond des sortes de pieds appropriés aux fonctions masticatoires ou
(a) Insectes. PI, 4. fig. 1-3.
fications de devenir des organes locomotiles. Ce principe s'étend même aux antennes, ou du moins aux deux intermédiaires de celles des crustacés. En l’adoptant, il sera facile de ramener la composition de ces organes äun type général. Les arachnides et les myriapodes, ainsi que nous le verrons plus bas, ne présenteront plus sous ce rapport
d’anomalie.
(à) Crustacés. PI. 4.
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