DIVISION
La situation et la forme des branchies, la manière dont la tête s'articule avec le tronc (1), la mobilité ou la
fixité des yeux (2), les organes masticatoires, les tégu-
(1) FPoyez, à l'égard de cette expression ou sessiles et fixes. Tel est le caractère d’aet de celle de thorax, employées souvent près lequel M, de Lamarck a divisé ja classe d'une manière arbitraire, les généralités de des crustacés en deux grandes coupes, les la classe des insectes. pédiocles et les sessiliocles , dénominations
(2) Ges organes sont pédiculés et mobiles auxquelles le docteur Leach a substitué,
18 DIVISIONS GÉNÉRALES mens, seront la base de nos divisions, et donneront lieu aux ordres suivans. (1)
Nous partagerons cette classe en deux sections, les MALACOSTRAGÉS et les ENTOMOsTRACÉS (2). Les premiers ont généralement des tégumens très solides, d'une nature calcaire, et dix ou quatorze pieds (3) ordinairement onguiculés ; la bouche, située comme d'ordinaire, est composée d'un labre, d’une langue, de deux mandibules (portant souvent un palpe), de deux paires de mächoires recouvertes par des pieds-mächoires. Dans un grand nombre, les yeux sont portés chacun sur un pédicule articulé et mobile, et les branchies sont cachées sous les bords latéraux du test ou de la carapace; dans les autres, elles sont ordinairement placées sous le post-abdomen. Cette section se compose de cinq ordres: les DÉCAPODES, les sro- MAPODES, les LEMODIPODES, les AMPHIPODES, et les ISOPODES.
Les quatre premiers embrassent le genre cancer de Lin-
mais en restreignant cette application aux malacostracés , celles de podophthalmes et d’édriophthalmes. Gronovius avait, le premier, employé cette dénomination.
(x) Quoique nous n’ayons pas encore un grand nombre d'observations sur le système nerveux des crustacés, celles qu’on à recueillies appuient néanmoins nos divisions.
(2) On pourrait encore, d'après la pré-
sence ou l'absence des mandibules, les diviser en dentés et en édentés. Jurine fils avait déjà proposé ces divisions, dans son beau Mémoire sur l’argule foliacé.
(3) Les quatre antérieurs , lorsqu'il y en a quatorze, sont formés par les quatre derniers pieds-mächoires. Dans les décapodes, les six pieds-mächoires sont appliqués
sur la bouche et font l'office de mächoires.
næus, etle dernier, celui qu'ilnomme ontscus (cloporte). Les entomostracés ou insectes à coquille de Müller se composent du genre »#0onoculus de Linnæus. Lei les tégumens sont cornés, très minces, et un test en forme de bouclier d'une ou de deux pièces, où en forme de coquille bivalve, recouvre ou renferme le corps du plus grand nombre. Les yeux sont presque toujours sessiles , et souvent il n'y en a qu'un. Les pieds, dont la quantité varie, sont dans la plupart uniquement propres à la na. tation et sans onglet au bout. Les uns, ayant une bouche antérieure, composée d'un labre, de deux mandibules (rarement pourvues de palpes), d’une langue, d'une à deux paires de mächoires au plus, dont les extérieures à nu ou point recouvertes par des pieds-mächoires, se rapprochent des Crustacés précédens. Dans les autres Entomostracés, et qui semblent à plusieurs égards avoisiner les Arachnides, tantôt les organes masticateurs sont simplement formés par les hanches des pieds, avancées et disposées en manière de lobes, hérissés de petites épines, autour d'un grand pharynx central; tantôt ils composent un petit siphon ou bee, servant de sucoir, ainsi que dans plusieurs Arachnides et dans plusieurs [nsectes, ou bien ne se montrent point ou presque pas à l'extérieur, soit que le siphon soit interne, soit que la succion s'opère à la manière d'une ventouse. Ainsi les Entomostracés sont
dentés ou édentés. Les premiers formeront notre ordre