ges PRES
Le titre hydrotimétrique était 40°,1;
Les résultats précédents montrent qu'il n’y a pas une proportionnalité exacte entre les indications de conductibilité et les chiffres de l’hydrotimètre.
n'y a rien là qui doive nous étonner, car l'hydrotimètre indique surtout la présence des sels calcaires et beaucoup d'eaux communes peuvent renfermer des sels alcalins en proportion notable. Comme ces sels alcalins sont plus conducteurs que les sels calcaires en solutions étendues, cette différence dans les conductibilités explique pourquoi il n'y a pas parallélisme entre les litres hydrotimétriques et les coefficients de conductibilité.
Plus l’eau est chargée de principes salins plus la conductibilité est forte.
Aiünsi, tant pour l'eau de Seine que pour l’eau de Loire, les expériences 2 et { montrent que les eaux prélevées au moment de fortes crues sont plus conductrices.
De même, l'expérience 5 montre que des eaux de sources contaminées sont douées d’une conductibilité électrique assez considérable.
On voit par là FVutilité pratique que peut offrir la mesure des conductibilités électriques dans des cas de ce genre.
Co RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
20 Eaux distillées pharmaceutiques.
Le Codex désigne, sous le nom d’eaux distillées ou hydrolats, les eaux chargées par distillation de principes volatils des végétaux.
Elles sont la plupart du temps préparées avec des plantes fraiches cueillies à des époques déterminées par Je Codex. Quelques-unes font exception, car elles sont plus aromatiques lorsqu'on les obtient avec des plantes, sèches. On procède par distillation à feu nu pour les plantes qui abandonnent difficilèment leur principe aromatique : feuilles, bois, écorces. racines.
La distillation à la vapeur doit être toujours employée pour les fleurs, sommités fleuries, et même pour les feuilles, quand les substances volatiles qui doivent constituer l’hydrolat sont facilement altérées par la chaleur ou dans les conditions de la distillation ordi naire.
Les eaux distillées sont incolores et presque toujours limpides, sauf quelques rares exceptions: celles de cannelle et d'amandes amères sont rendues un peu opalescentes par la présence d’une petite quantité d'essence tenue en suspension.
Leur odeur et leur saveur, généralement assez prononcées, sont différentes pour chacune d’elles.
Leur composition chimique reste encore très obscure. L'élément principal est le plus souvent une huile essentielle soit à l'état libre, soit en combinaison avec l’eau. Mais on y rencontre aussi normalement des substances volatiles, particulièrement des acides organiques : l'acide cyanhydrique dans les eaux de laurier-cerise et d'aman-
des amères, l'acide valérianique dans l’eau de valériane, l'acide benzoïque dans l’eau d'amandes amères, l'acide cinnamique dans l’eau de cannelle, l'acide acétique dans l’eau de fleurs d'oranger; enfin, les acides anisique, mélissiques, etc. Certaines eaux distillées peuvent renfermer des bases volatiles : l’eau distillée de poivre renferme des traces d'’ammoniaque. Toutes peuvent, en outre, tenir en dissolution des composés plus ou moins définis dérivés de ces divers éléments volatils, qui passent, eux aussi, avec la vapeur au moment de la distillalon; ces substances organiques sont complexes : leur nature et leurs propriétés sont trop peu connues pour qu'on puisse les caractériser.
Nous signalerons aussi la possibilité de Fous dans les eaux distillées certaines substances, même minérales qui peuvent passer à la distiliation par un phénomène d'entrainement mécanique, dont l'acide borique donne un exemple remarquable.
Les eaux distillées sont des médicaments assez peu stables ; exposées à l’action de l’air et de la lumière, elles subissent une décomposition qui frappe plus rapidement les eaux inodores que les eaux aromatiques. Elles deviennent très fréquemment acides et l'acide acétique particulièrement s'y rencontre surtout. Ce fait explique aussi la présence de sels minéraux chez celles qui ont été conservées dans des récipients métalliques el montre que les soins les plus scrupuleux doivent être apportés pour assurer leur conservation.
En somme. les substances en dissolution dans les eaux distillées sont toujours en très faibles proportions et leur présence est très aisément révélée par les réactifs chimiques spéciaux.
Nous inspirant des travaux d'Ostwald (1), des publications de M. Bouty (2) et surtout de M. D. Berthelot (3) sur ce sujet, nous avons pensé à envisager ces eaux distillées comme des solutions très étendues d'acides, ou de sels organiques, et à étudier leur conduclibilités électriques par la méthode précédemment exposée.
L'intérêt est, en effet, considérable, car chacune de ces eaux semble avoir un coefficient de conductibilité tendant vers une moyenne fixe pour chaque variété, lorsque celles-ci ont été préparées avec soin et conformément aux indications du Codex.
Eaux distillées de laurier-cerise.
Ces hydrolats renferment surtout de l'acide cyanhydrique et une essence isomérique de l'essence d'amandes amères (aldéhyde benzoïque:. Les recherches de Soubeiran, de M. Léger, de M. Marais indiquent des variaüons considérables dans les proportions de ces éléments principaux.
Le Codex exige le titre de o gr. 50 d'acide cyanhydrique par litre, pour ce médicament.
Avant d'étudier la conductibilité des eaux distillées de laurier-cerise, nous avons préparé une solution d'acide cyanhydrique pur dans l’eau distillée, soigneusement titrée à o gr. 50 par litre.
(1) Osrwazp, Conductibilité des acides organiques et de leurs sels. C:R., t. CXII, 229, 388.
(2) Boury, C. R., CX, 703, 1066.
(3) D. BERTRELOT, C. R., CXII, 46,230, 287, 335, 390.
Nous en avons cherché la conductibilité et nous avons trouvé :
Tube étalon : KCI—0,07%5. Résistance 850 ohms
Tube B (solution précédente) 10.250 ohms EEE ES LEUR —0,0101 AS 10290 À
Expériences sur des eaux distillées de laurier-cerise tHitrées de différentes provenances.
1° Eau de laurier-cerise du pays, préparée par moimême en Juillet 1907 (saveur franche) :
2 Eau de laurier-cerise du pays, préparée par moimême, novembre 1907 (saveur âcre) :
3° Eau de laurier-cerise titrée (provenance Pharmacie centrale de France) :
4° D'autre part, nous avons procédé à l'expérience suivante. Ayant prélevé un échantillon n° 2, préparé normalement dans un appareil distillatoire métallique, nous l'avons redistillé dans un alambic en verre. L’hydrolat obtenu au titre légal a donné :
Les résultats précédents montrent que les coeficients
de conductibilité électrique des eaux distillées de laurier-
cerise de diverses provenances sont voisins les uns des autres et mettent en évidence la différence de conductibilité d’une solution d'acide cyanhydrique de même ütre qui est environ » fois plus faible.
Cependant, l'eau distillée de laurier-cerise, d’après sa description pharmacologique (Traité de Prunier), n’est qu'une solution d'acide cyanhydrique renfermant en solution une quantité plus ou moins considérable de substances aromatiques (huile essentielle, aldéhyde benzoïque), produits doués d'une conductibilité électrique insignifiante.
Nous ne pouvons expliquer cette anomalie,- étant donné l'expérience n° 4, qui exclut la possibilité du passage de traces de sels métalliques dans la distillation, que par une légère décomposition de ces principes aromaliques en acides, en bases ou en sels volatils bons conducteurs, sous l'influence de la température distillatoire.
Si nous expérimentons, sur l'hydrolat d'amandes amères (provenance Pharmacie centrale de France), nous trouvons :
Ce résultat tend à confirmer nos conclusions précédentes. L'eau distillée d'amandes amères renferme une notable proportion d'acide benzoïque, des traces d'acide cyanhydrique (1). Cette eau distillée à feu nu subit une chauffe plus intense et les proportions de substances conductrices sont aussi plus considérables.
(1) Traité de pharmacologie de Prunier.
(Une proportion de 1 gr. 60 d’acide benzoïque par litre (Tables Landolt) justifie cette conductibilité.)
Eaux distillées de fleurs d'oranger.
Les eaux distillées de fleurs d'oranger répandues dans le commerce sont de valeur très variable.
Le Codex recommande expressément de la préparer par distillation à la vapeur en se servant de fleurs très récentes à peine ouvertes. L'eau ainsi obtenue possède une saveur douceâtre, neutre et est douée d’un parfum très intense et très délicat. Elle doit être particulièrement exempte de toule odeur ou saveur empyreumatique. Sa conservation est très difficile.
L'eau que nous essayons d’abord est celle que nous préparons nous-même, avec toutes les précautions requises, à l’aide de fleurs du pays, très soigneusement récoltées en juin.
1° L’hydrolat obtenu est très délicat et très riche en essence.
Conformément aux indications du Codex nous retirons 2 kilogrammes d’hydrolat pour 1 kilogramme de fleurs.
Sa conductibilité électrique est :
2° Avec une eau de fleurs d'oranger de très bonne qualité (provenance de Grasse) (saveur délicate), nous avons :
3° Avec une eau de fleurs d'oranger du commerce
(saveur aromatique forte, légèrement sûre), nous avons es
4° Eau de fleurs d’oranger de très bonne provenance (15 mois de date) (ayant subi la fermentation verte. Consistance filante, odeur fade).
Hydrolat de feuilles d'oranger (Midi).
" Cette préparation, obtenue par distillation à la vapeur des feuilles d'oranger, a une saveur âcre et une odeur aromatique plus piquante mais beaucoup moins suave que l’eau de fleurs d'oranger.
Récemment préparée, elle donne :
Cette eau est particulièrement destinée à falsifier les eaux de fleurs d'oranger du commerce.
Son coefficient plus faible de conductibilité électrique est en rapport avec la faible quantité de substances aromatiques qu'elle renferme.
Son mélange en forte proportion dans l’eau de fleurs d'oranger de qualité ordinaire du commerce, est mise en évidence par la méthode.
En effet, une eau de fleurs d'oranger commerciale renfermant 1/3 d'eau de fleurs
et 2/3 d’eau de feuilles, a donné :
Les conclusions à tirer de ces résultats sont les suivantes : -
Les hydrolats types de fleurs d'oranger semblent avoir une conductibilité moyenne assez élevée, ce qui s’expliquerait par la présence d'acides volatils tels que l'acide acétique (1), qui prennent naissance par l’oxydation des principes aromatiques de la fleur.
L'augmentation appréciable du coefficient C de lPéchantillon n° 4 nous semble se rapporter nettement à l'altération de ce produit. Des oxydations ou des fermentations complexes peuvent donner naissance dans son sein à des acides ou à des sels organiques indéterminés.
Ne voyons-nouspasla culture du coli-bacilleen bouillon lactosé donner par la fermentation de l’acide lactique ?
Nous croyons qu'il est possible d'attribuer à une réaction de cet ordre la cause de l'augmentation de conductibilité dans ce cas spécial.
Enfin, nous avons déterminé les coefficients de con-ductibilité électrique d’un certain nombre d’hydrolats inscrits au Codex, préparés spécialement par moi, ou, par les soins de la Pharmacie centrale de France.
Nous dressons, comme suit, le tableau de nos résultats.