Bent, dans Hartland, The Legend of Perseus, t. I, p
on, avait lavé la tête du monstre1. Aujourd'hui encore, les ciceroni de Jaffa connaissent l'endroit où fut délivrée Andromède. Il n'est donc pas surprenant qu'un autre épisode mémorable de la légende de Persée se soit transmis, avec une vitalité particulière, dans les mômes lieux. Avant de devenir un chevalier, Persée y fut représenté comme un magicien : c'est en cette qualité qu'il paraît dans la chronique de Jean Malala2, écrite au vne siècle, où les récits de la mythologie classique, traditions populaires fixées par la littérature, tendent à se résoudre de nouveau en traditions populaires, colorées par les superstitions du temps. Un curieux monument, conservé à Saint-Pétersbourg, nous montre d'ailleurs que Persée jouait un rôle dans la médecine magique de basse époque. Le héros est représenté, sur un sardonyx, tenant aux mains la tête de Méduse et la harpe ; au revers on lit : Fuis, podagre, Persée te poursuit («puye xooaypa, Ilsptjsùç as Steoxet) *. Persée tient ici la place qu'on assigne, sur d'autres monuments analogues, au roi Salomon ou à l'archange Michel.
Ces observations-là ont déjà été faites ; ce qui est nouveau, je crois, dans mon petit travail est le lien établi entre les traditions syriennes relatives à Persée, transformé de héros en magicien et en chevalier, et les histoires extravagantes qu'enregistrèrent les inquisiteurs du xive siècle, chargés d'enquérir sur une tête ou un crâne magique dont on peut affirmer, malgré tant de témoignages, qu'il n'ont jamais existé.
Pour me résumer, au risque de me répéter, voici comment je conçois le développement de la légende qui, originaire des temps héroïques de la Grèce, laquelle n'y crut jamais, finit par faire des dupes au concile de Vienne :