‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 152 sur 198 · L. Soulié, Les ventes au xix"- siècle, p · texte numérisé non relu

L. Soulié, Les ventes au xix"- siècle, p

c'est que je ne suis arrivé que récemment à l'hypothèse dont il me reste à indiquer la teneur*.

D'après le style de la peinture, la forme des yeux, la décoration de la colonnette et d'autres détails, il est évident que le vase de la collection Rome appartient aux environs de l'an 460 avant J.-C, c'est-à-dire à l'époque intermédiaire entre la dévastation de l'Acropole par les Perses (479) et les grands travaux entrepris par Périclès (450). C'est la période de l'hégémonie deCimon et des succès politiques d'Athènes; ce n'est pas encore celle de sa suprématie artistique. Il s'agissait d'abord, tout en poursuivant la lutte contre les Perses, de réparer les ruines de l'invasion, de reconstruire les maisons et les murs de défense, en un mot d'aller au plus nécessaire; les œuvres de luxe, c'est-à-dire d'art proprement dit, ne purent se multiplier à Athènes qu'un quart de siècle après la victoire de Platées1. Cependant nous savons que les artistes ne chômèrent pas tout à fait; comment, sans cela, se serait formée la puissante école qui entre en scène vers 450? Dès 476, Critios et Nèsiotès remplacèrent le groupe de bronze des Tyrannicides que Xerxès avait emporté en Perse'. Un des bons sculpteurs de ce temps-là, Hégias, le maître de Phidias1, sculpta une Athéna, un Pyrrhus et des Dioscures. Où était placée l' Athéna de Hégias ? On ne nous le dit pas; mais comme Hégias était Athénien et possédait un atelier à Athènes, il est vraisemblable que cette statue de bronze figurait sur l'Acropole. Pline ne l'aurait pas mentionnée si elle n'avait été célèbre et citée, comme telle, dans

1. Plusieurs objets intéressants de la collection W. Rome, dont j'avais signalé l'existence à Mme Strong, ont été décrits par elle dans le graud Catalogue (non dans le commerce) de l'Exposition d'art grec organisée au Burlington Fine Arts Club en 1903 (Voir Exhib. of ancien t art, 1904, p. 264); le vase qui m'occupe ici n'a pas été exposé, non plus qu'une admirable statuette d'Héraklès que j'ai publiée en 1910 (Revue des Études anciennes, 1910, p. 1-19). Après la mort du possesseur, la collection Rome a été vendue aux enchères à Londres en décembre 1901; le vase a passé au Musée de New- York.

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