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Phénéos, mais ne paraissent pas avoir compris la haute importance de cette représentation, encore unique dans l'art grec le plus ancien. Pausanias dit que Déméter, après son aventure avec Poséidon à Thelpusa, se baigna dans leLadon et fut appelée, pour cette raison, Lusia (de Xôuoraaôat, se laver). C'est là une étymologie populaire ou demi-savante; je préfère rapporter l'épithètede Déméter au nom de la vieille ville arcadienne de Lusoi, qui n'existait plus au temps de Pausanias. La Lusia de la légende est une déesse chevaline et c'est sous la forme d'une déesse à cheval que nous la rencontrons dans la terre cuite de Lusoi.

Je conclus qu'en dehors des images de Poséidon Hippios, introduites dans l'Italie centrale par les Arcadiens, il existait des statues d'une déesse à cheval, comme la prétendue Aphrodite équestre de Laurente et la prétendue Clélie ou Valérie de Rome. En Arcadie, la déesse à cheval fut appelée Artémis ou Déméter; en Italie, le culte et le nom de Venus equestris l'emportèrent, sans doute parce que la statue de Laurente fut mise en rapport, par la légende, avec la mère divine d'Enée. Mais, dans l'art grec et dans l'art romain, Artémis ou Diane paraît encore comme une écuyère ; elle chevauche des chevaux et des cerfs ; elle prête sa monture à Séléné et à Eos ; un petit bronze découvert dans les Ardennes, aujourd'hui à Saint-Germain, représente Diane (ou une déesse celtique analogue, Arduinna) chevauchant un sanglier'. Les écuyères par excellence, les Amazones, sont les hiérodules d' Artémis à Éphèse. Diane équestre joue encore un rôle important dans les superstitions populaires que combattit le christianisme. On trouve mentionnée de bonne heure la croyance que Diane chevauche la nuit, suivie d'une troupe de femmes impies, sceleratae mulieres ; au xive siècle encore,

1. Séléné à cheval sur le trône de Zeus à Olympie, Pausanias, V, 2, 8 : sur l'autel de Pergame, Répertoire des reliefs, I, p. 207; sur des vases, Mon.deU Instiluto, II, p. 31, 55; Journ. Hell. Slud., 1888, p. 10; JVlylonas, 'Eç. àp^., 1893, p. 208 (miroir). — Eos équestre, Eurip. ,Oreste, 1004; Eust. ad IL, p. 1430, 12; Tzetzes, ad Lyk., 17. — Artémis équestre sur les monnaies de Phères, MùTler-Wieseler, XVI, 173 ; à califourchon sur une lampe de Garthage (inéd.).

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les statuts de l'église française de Conserans parlent des femmes qui chevauchent la nuit avec Diane1. J'ajoute que dans le vieux culte de Nemi, Diana Nemorensis est associée au dieu-cheval Virbius-Hippolyte', preuve que l'idée d'une déesse chevaline existait aussi fort anciennement en Italie.

Les représentations des déesses équestres sont, en somme, assez rares dans l'art classique. Mais elles sont très nombreuses dans l'art gallo-romain. J'ai résumé et décrit, dans une série d'articles, plus de cent exemples de l'Epona équestre, tant en pierre qu'en bronze et en terre cuite3. Toutefois, jusqu'à présent, j'ai omis d'aborder une question intéressante : où les Gaulois romanisés ont-ils trouvé le type de l'Epona écuyère, qu'ils ont très souvent représentée assise de côté sur un cheval au repos1? Nous ne pouvons admettre pour ce type une origine celtique, parce qu'il n'existait pas, à proprement parler, d'art plastique chez les Gaulois avant la conquête romaine. Dans l'art grec, il n'y a pas de figures analogues; la seule image qui ressemble à celle de l'Epona gauloise — au point qu'on l'eût prise pour une Epona si elle avait été découverte en Gaule — est la terre cuite archaïque de Lusoi. De Lusoi en Arcadie jusqu'en Gaule, il y a loin ; je suis cependant convaincu qu'on peut trouver un type intermédiaire, parce que la route qui conduit d'Arcadie en Gaule passe par Rome.

Sur l'autel de Mavilly dans la Côte-d'Or, dont je me suis occupé à diverses reprises3, figurent en relief les douze

1. S. Reinach, Cultes, mythes et religions, t. I, p. 276. Le canon relatif aux femmes qui chevauchent la nuit avec les démons a été attribué à tort au concile d'Ancyre; j'ai répété cette erreur après d'autres. Cf. J. Hansen, Quellen und Vntersuchungen zur Geschichte des Hexenwahns, p. 38.

2. Cf. Frazer, Golden Bough, t. I, p. 5 et 6 ; t. 11, p. 313.

3. Revue archéol., 1895,1, p. 113, 309; 1898, II, p. 181 ; 1899, II, p. 54 ; 1902, 1, p. 227; 1903, H, p. 348.

4. Les Eponas sur un cheval au pas, au trot ou au galop marquent un développement postérieur du type.

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