FRET
taille comme le sujet, mais de haut en bas, pour obtenir une surface lisse, en biseau, de la même longueur que sur le sujet. On pratique alors une fente dans la surface oblique du greffon et du sujet, de bas en haut dans le premier et de haut en bas dans le dernier. On les unit alors en faisant entrer la languette du greffon dans la fente du sujet. Il faut que le cambium du greffon (face intérieure de l'écorce) soit en contact avec le cambium du sujet au moins sur un côté de la greffe, car c’est à ce point de contact que l'union commence à se faire. Pour que l’union se fasse promptement et bien, on ligature étroitement sujet et greffon avec du fil de coton ciré. On recommande aux amateurs d’enduire de cire à greffer tous les endroits où les deux parties se rejoignent, ce qui augmentera encore les chances de réussite.
L'opération étant terminée, on met les greffes dans de la mousse ou dans de la seiure de bois jusqu’au printemps. On les plante alors en rangs de pépinière, à trois pieds d’espacement et à un pied d'écartement dans les rangs, en mettant le point d'union à environ trois pouces au-dessous de la surface du sol. Il faut avoir soin de tenir le sol bien biné toute la saison.
Greffe en couronne.—TLa greffe en couronne se pratique généralement au printemps dans les rangs de pépinière et sur de jeunes sujets. On coupe l'arbre au collet, à la surface même ou juste au-dessous de la surface du sol. On fait alors une fente oblique sur le côté du collet et l'on y insère un greffon dont l'extrémité est taillée en coin. I] faut observer ici les mêmes précautions que dans la greffe de la racine, c’està-dire qu’il faut que le cambium ou la face intérieure de l'écorce du sujet et du greffon se touche au moins d’un côté. La partie greffée est alors bien recouverte de cire à greffer, afin d'empêcher l'accès de l’air. Les arbres greffés de cette manière font généralement une croissance vigoureuse, mais l'inconvénient de cette méthode c'est qu’elle doit se faire en avril, avant le commencement de la végétation, c’est-à-dire à l’époque où l'on est le plus occupé de l'année.
Greffe en tête.—La gretfe en tête ne se pratique pas aussi souvent sur les pruniers que sur les pominiers, mais elle réussit très bien cependant. Elle permet d’obtenir de bons fruits d'arbres qui n'ont produit jusque-là que des fruits mauvais ou sans valeur. On peut également, par son emploi, améliorer un sommet qui manque de symétre. Il ne faut pas cependant greffer en tête des variétés européennes ou japonaises sur des sujets americana où nigra. car la différence dans le taux de croissance de ces espèces est si marquée, c’est-à-dire que le tronc du sujet américain se développe si len- ‘ement par rapport à la tête du greffon européen que cette dernière meurt en quelques années. Nous avons constaté ce fait dans nos expériences à la ferme centrale. Lorsqu’on greffe des pruniers en tête il est bon de prendre un sujet et un greffon qui soient aussi proches parents que possible au point de vue hotanique. On pratique la greffe en tête au printemps, avant que la végétation commence. Il faut s’y prendre de bonne heure: ceei est encore plus important pour le prunier que pour le pommier. Quand on veut changer la forme de la tête des arbres il faut enlever les branches graduellement en prenant pour tela une période d'environ trois années car un arbre souffri-
it beaucoup si l’on retranchait en une saison toutes les branches qui portent des foailles. La greffe en fente est ]a méthode généralement adoptée dans le faconnement de la tête des pruniers car elle est simple et donne de bons résultats,
Les branches à greffer ne doivent pas avoir plus d’un pouce et demi à deux pouces de diamètre. Sur des branches plus grosses le moignon met si longtemps à se guérir que des maladies peuvent s'introduire dans l'arbre. On peut cependant greffer des branches plus grosses, mais en x mettant plus de greffons. Sur de gros arbres le greffage doit être effectué de manière que la nouvelle tête soit aussi systématique que possible. 11 faut done choisir avec le plus grand soin les branches qui doivent être greffées. Après avoir aeif la branche, on la fend et d’ün maillet et d’un fort couteau jusqu’à un pouce et demi on dx pouces de profondeur. Puis on insère un coin pour la tenir ouverte jusqu’à l'insertion du greffon. Les greffons que l’on emploie pour la greffe en tête sont nris sur du bois dormant qui a été conservé en bon état de
la manicre déjà décrite, Ils doivent porter environ trois bourgeon vigoureux et t tuillés en forme de coins à la buse, mais avec un ct un peu plus épais que l'autr Où insère deux greffons dans la fente du moignou en mettant le coté large du coin « dehors ei on les enlonce jusqu'à ce que le Lourgeon le plus bas soit presque en ligr avec le bord du mioignon. Pour que l'unisn se fasse rapidement, il faut qu’il y ait a Moins un point de Contact entre la face intérieure (cambium) de l'écorce du greffo et du sujet. On obtient plus facilement cette condition en insérant le greffon un pe obliquement vers l'extérieur, Quand on retirera le coin, on s'apercevra de l'avantag qu'il y à à tailler un côté du greffon un peu plus épais que l'autre, car celui-ci es retenu beaucoup plus serré que si les deux côtés avaient la même épaisseur. Si | greffon n'est pas tenu serré sur toute sa longucur, c'est qu'il a été mal taillé ou que | moignon à été mal fendu. On recouvre ensuite tes parties coupées avec de la cire greffer pour les mettre à l'abri de l'air et tenir les greffons en place, On entoure auss parfois la cire avec du Coton pour mieux assujettir le greffon. Si les deux greffons re. prennent, on supprime le moins vigoureux après que l’union de l'autre s'est bien effoc. tuée et que la plaie est à peu près cicatrisée,
On désire souvent gretfer en tête de jeunes arbres; cette opération est très facile. On coupe les branches maîtresses À une courte distance du tronc et on y insère Jes greffons par la greffe en fente ou à l'anglaise, Plus le point de greffage est près du tronc, mieux cela vaudra; l'arbre sera plus fort que si l’union se produisait plus loin sur la branche, car il peut se faire que le sujet et le gre on ne se développent pas également, On peut, sur un jeune arbre, retrancher toute la tête et greffer avec succès sur le maître“tronc, mais il faut être sûr que l'union est parfaite et que la tête ne poussera pas plus vite que le sujet; dans le cas contraire il vaut mieux s'abstenir, car on court le risque de perdre l'arbre. En outre, si l’on retranchait toute la tête il se produirait une telle végétation la première saison que les greffons seraient exposés à se briser. En greffant en tête un jeune arbre qui est planté depuis trois où cinq ans, il vaut mieux prendre deux saisons pour l'opération: règle générale les résultats en seront meilleurs.
Il est nécessaire d'examiner les arbres greffés pendant l'été et d'enlever des sujets tous les jeunes rameaux qui peuvent gêner les greffons. [Il n'est pas prudent cependant, surtout lorsque l'arbre a été sérieusement étôté, d'enlever tous les ramenux tant que les greffons ne sont pas bien développés et ne fournissent pas un bon Exemple de gretfe en fente, nombre de feuilles,
MATÉRIAUX NÉCESSAIRES pot R LA GREFFE,
Il existe de nombreux accessoires et de nombreux outils pour faire la greffe, mais tous ne sont pas indispensables : un petit nombre suffit et comme il n'est pas toujours commode pour Je cultivateur ou l'arboriculteur de se procurer un outillage très complet nous ne mentionnons ici que les choses réellement nécessaires. Les voici :—Une scie bien aiguisée, à dents fines, pour seier les grosses branches Où pour préparer à la sreffe en tête les sommets des arbres lors jue les branches sont trop grosses pour être coupées avec le contean à tailler.
Une forte serpe pour couper les branches plus petites, pour aplanir les blessures faites par la scie ou par les sécateurs, pour enlever les pointes brisées des branches et pour tailler les racines des jeunes arbres que l'on plante,
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Un couteau à écussonner à mince lame d'acier pour eulever les bourgeons, et dont le manche d'ivoire, aminei en spatule à l'extrémité, sert à soulever l'écorce.
Un couteau à greffer dont on se sert pour la greffe en tête des arbres. Il eit facile de faire soi-même un couteau à greffer. Le principal c'est d'avoir une lame forte et coupante.
Des sécateurs qui servent d'intermédiaire entre la scie et le couteau à greffer. On s'en sert pour retrancher les branches trop grosses pour ce dernier et trop petites pour la scie: pour la taille grossière et le prélèvement des greffons.
Un coin et un maillet sont également nécessaires pour greffer en tête les gros arbres.
Du raphia, qui est un des meilleurs matériaux que Fon puisse employer pour les ligatures. Le raphia est très fort, très pliable et rend surtout de grands services dans la greffe en écusson,
Du fil de coton, dont on <e sert pour ligaturer dans la greffe des racines et qui est Pun des matériaux les plus convenables pour ce but, La meilleure dimension est le coton à repriser, n° 18; on l'achète en boules qui doivent être trempées pendant quelques minutes dans de la cire à greffer fondue. On peut aussi tirer le fil à travers de la cire fondüe; cette méthode est peut-être préférable au trempage, car le fil ainsi traité est plus j'arfaitement recouvert de cire.
CIRE À GREFFEK.
I] y a bien des sortes de cire à greffer, mais il est inutile de les mentionner toutes. Les cires dont les recettes suivent sont les meilleures et les plus satisfaisantes :—
Formule I.—Résine, 4 livres; cire d’abeilles, 2 livres; suif, 1 livre. Faire fondre ensemble et verser dans un seau d’eau froide, Se graisser les mains et tirer la cire iusqu'à ce qu’elle soit presque blanche. Bonne cire pour emploi à l’intérieur ou à l'extérieur. La faire réchauffer avant de s’en servir si elle est trop dure.
Formule II.—Résine, 24 livres: cire d'abeilles, 4 livre: huile à peindre bouillie, 10 onces. Mode de préparation même que dans la formule I. Cette cire convient mieux pour l'extérieur en temps froid que celle de la formule I. car elle reste plus souple.
La cire à greffer met la blessure à l'abri de l'air et elle empêche ainsi le bois de sécher avant que l’union des parties se soit effectuée: c'est là son utilité principale, Une bonne cire à greffer ne doit pas se crevasser sur l'arbre, sinon l'air pénétrerait Jusqu'à la blessure ei la cire n'aurait aucune utilité. Il est aussi bien des matériaux que l'on peut employer au lieu de cire à greffer: l’un des plus sue: est un mélange d'argile et de bouse de vache mais la cire à greffer doit être pré tree Souvent aussi, après que la cire a été appliquée, on entoure la blessure de bandes de coton. surtout dans la greffe en tête et la greffe en couronne, pour mieux prévenir l'accès de l'air et pour aider à tenir le greffon en place jusqu'à ce que l'union se soit effectuée. Le coton n'est pas nécessaire si l’on emploie de bonne cire à greffer: son emploi est à recomr-ander cependant dans le cas d’une variété très précieuse, où l’on veut éviter tou. risque, car, lorsque le greffon se développe rapidement, il est à craindre qu’il ne se casse pendant la première saison, avant qu'il soit parfaitement uni au sujet. Les grandes plaies «ur les arbres doivent être mises à l’abri des intempéries et des germes de maladies. T1 faut, pour cela les enduire d’une substance qui ne s'enlève pas facilement. La céruse blanche, appliquée en une couche épaisce, est peut-être ce qui convient le mieux. Sur les branches plus petites, on peut se servir de cire à gretfer.