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PRUNES EUROPÉENNES

Les prunes de cette catégorie ont atteint un plus haut degré de perfectionnement que les espèces japonaises ou américaines parce qu’elles sont cultivées depuis des temps très anciens et que l'on s’est appliqué à leur amélioration d’une facon plus systémati-

que et plus intelligente. Certaines autorités prétendent que les prunes européennes descendent, par développement graduel, de la prune de ‘amas et que cette dernière elle-même provient de l'ancienne prune européenne, frunus spinosa. Cependant les prunes de Damas diffèrent tellement des autres prunes européennes au point de vue de l'arbre et des fruits que d'autres autorités en font un groupe séparé. Entre la Damas et la Reine Claude la différence est si marquée qu'il semble raisonnable de croire que ces deux groupes sont d'origine différente et même on les considère comme des types distincts au moins depuis le Moyen Age. Les Damas et Reines Claudes reproduites par voie de semis conservent leurs caractéristiques. Le classement suivant est le même que celui donné dans “Plums of New York” (Hedrick) et “Pluns and Plum Culture” (Waugh) :

Type Dame Aubert.—Ce type comprend quelques-unes des plus grosses prunes européennes ; il est représenté par les Yellow Egg, Golden Drop et Grand Duke.

Type Perdrigon.—La Perdrigon rouge française, introduite par les Pères Trappistes, d'Oka, Qué., est la seule variété de ce type que l'on trouve au Canada, à ma connaissance,

Type Diamond—(Waugh). type Impératrice (Hedrick).—Ce type comprend quelques-unes des variétés les plus productives, les plus fermes et les mieux adaptées à l'expédition, mais généralement de qualité moyenne. Ce type comprend les variétés suivantes: Diamond, Kingston, Quackenboss, Glass, Shipper, Mount Royal et Arctic. Les Archduke et Grand Duke, quoique différant beaucoup de ce type peuvent être ajoutées à cette liste.

Type Bradshaw.—Le professeur Waugh a classé sous ce titre les Bradshaw, Victoria, Pond, Field, Duane Purple, Oswego et Giant Prune. Mais ces variétés n'ont pas autant de caractéristiques en commun que celles des types précédents nommés. Dans les “Plums of New York” elles viennent sous le type suivant.

Type Lombard.—Représenté par les Lombard, Communia, Vorenesh 20 of Budd, Leipsic of Budd, Prince of Wales et Merunkn. La Rouge hâtive de Russie et la White Nicholas of Budd, pourraient également être classées dans ce type.

Groupe des pruneaux.—Représenté par le pruneau d'Italie (Fellenberg), le pruneau d'Allemagne, Raynes, Agen et Uagarish.

Groupe de Damas (Damson). —Ce groupe comprend les types Damas et Mira-

belle.

Type Damas.—Les variétés les mieux connues de ce type, sont les Shropshire, French (Française), Frogmore et Cluster.

Type Mirabelle.—Les variétés cultivées au Canada sont la Mirabelle précoce et la Mirabelle tardive.

Groupe Reine Claude (Green Gage).-Ce groupe comprend un grand nombre de variétés de table, les principales sont les suivantes: Reine Claude, Green Gage, Lawrence, Imperial Gage, McLaughlin, Jefferson. Washington, General Iland, Bleeker, Peter’s Gage et Queen Mav.

C’est dans l'Ontario que les prunes de l'espèce européenne réussissent le mieux : dans les comtés riverains des grandes voies fluviales qui s'étendent au sud et à l'est de la baie Georgienne aux Mille-Iles. Elles viennent très bien dans tout le sud-ouest de l'Ont ir péninsule du Niagara et dans les comtés du centre Jusqu'à ceux qui touchent au lac Huron. A l'est de Toronto, les meilleures variétés se cultivent dans

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un rayon de 25 à 20 milles du lac Ontario. Au nord et à l’est de ces superficies il n'y a que les espèces les plus rustiques qui viennent bien; un très petit nombre seulement résistent à l'hiver au nord de la latitude 45e.

Dans la prevince de Québec, quelques variétés donnent des résultats passables dans les comtés de l'est, quelques-unes également sur l'ile de Montréal et le long des rives de l'Ottawa, au-dessus de Montréal, après le lac des Deux-Montagnes. Le long de la rive sud du Saint-Laurent, en bas de la ville de Québec, dans les comtés de Lévis, Bellechasse, Montmagny, L'Islet, Beauce, Kamouraska et Témiscouata, la plupart des meilleures variétés de prunes européennes viennent très bien et ies espèces les plus rustiques réussissent le long de la rive nord, dans les comtés de Portneuf, Québec, (notamment l'île d'Orléans), Charlevoix, mais c'est près de la rivière, où l'influence du voisinase des eaux se fait sentir, que ces prunes viennent le mieux.

Les prunes européennes viennent bien sur l’ile du Prince-Edouard; elles réussissent également dans de nombreuses parties de la Nouvelle-Écosse, et notamment sur la côte sud de ceite province. Au Nouveau-Brunswick, quelques va: .ctés se montrent rustiques dans la région la plus chaude de la province et surtout le long de la rivière Saint-Jean et près de la côte sud.

Les prunes européennes viennent execptionnellement bien sur l’île de Vancouver et sur la partie basse des terres de l’intérieur de la Colonbie-Britannique, de même que dans les vallées d'Okanagan, de Kootenay et autres: il est proba'le qu'elles réussiront également dans beaucoup des vallées à climat tempéré du nord de la province, où elles n'ont pas encore été soumises à un essai complet.

Dans les provinces des prairies les prunes européennes ne se sont pas montrées suffisamment rustiques; les arbres ne résistent pas à l’hiver.

La rusticité des prunes européennes semble dépendre principalement de deux facteurs: l'humidité de l’atmosphère et la température. Il est très peu de variétés qui rapportent à Ottawa, et la plupart de ces variétés ne donnent qu’une bonne récolte tous les trois ou quatre ans. Ce n’est pas le bois qui est détruit par l'hiver, quoiau’il arrive que les bouts des rameaux gèlent lorsque la température descend trè< bas, ce sont les boutons à fleurs qui périssent sous l'effet des grands froids secs de l'hiver ou des gelées du printemps. Nous savons que les basses températures re sont pas la seule cause de l'insuceès car nous avons obtenu à Ottawa de bonnes récoltes de prunes européennes après des hivers pendant lesquels la température était descendue à plus de 20 degrés au-dessous de zéro. Le long de la côte sud du Saint-Laurent. en bas de la ville de Québec, où la température descend à 50 degrés Fahr. au-dessous de zéro, on obtient assez régulièrement de bonnes récoltes des meilleures variétés de la prune européenne. Il semble que l'humidité de l'air rende les grands froids moins nuisibles aux bourgeons. On constate cependant de grandes différences dans la résistance des diverses variétés et l'on espère obtenir un jour des pruniers de semis dont les bourgeons pourront résister aux températures les plus froides de notre pays, quelle que soit la rigueur de l'hiver.

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