X. ~ Florioulture commerciale
Le commerce des fleurs coupées pendant la saison hivernale appartient exclusivement au littoral oriental de la Provence qui rayonne pour ainsi dire sur toute l'Europe.
La côte africaine, on verra plus loin pour quelles causes, ne participe pas à ce commerce; au contraire, ses grandes villes, comme Alger notamment, sont tributaires de Nice, pour les principales fleurs : roses, œillets, muguets, lUas blanc, etc., et môme mimosa.
De Toulon à la frontière italienne les cultures florales sont très étendues et les cueillettes s'y succèdent de l'automne au printemps, expédiées chaque jour par des trains réguliers de vitesse accélérée à destination des principaux centres, Paris notamment, puis Londres, les villes du Nord et de l'Allemagne ; sur l'est, par les voies italiennes les fleurs sont transportées dans l'Europe centrale, à Vienne, à Varsovie et jusqu'à Saint-Péterebourg. Le système des colis postaux de 3,5 et 10 kilogrammes rend de très grands services à l'exportation des fleure coupées, renfermées dans des emballages légers suffisants pour cette marchandise spéciale et délicate.
Il est difficile d'évaluer le commerce général des fleurs coupées du Midi, y compris la consommation sur place dans les grandes villes d'hivernage ; mais on peut cependant établir un chiffre approximatif pour la principale destination qui est Paris.
La Capitale consommerait annuellement pour 15 millions de francs de fleurs coupées, car les Halles seules en débitent pour 9 millions de francs. Là, les envois du Midi figureraient pour 5 millions de francs ainsi répartis : Roses, 1 500000 francs; Œillets, 2 300000 francs; Violettes, 500 000 francs; Mimosa (fig. 58) 300 000 francs, etc.
Le commerce de la fleur coupée, et c'est là le point
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préoccupant, s'étend maintenant sur toute la côte méditerranéenne et a franchi la frontière jusque dans la rivière de Gênes. Des grands centres, Vinti mille, Bordighera, Opedaletti, San-Remo, etc., sont entourés de nombreuses cultures s'étageant sur tous les coteaux : beaucoup de ces productions viennent en France, mais beaucoup aussi vont à l'étranger sur les marchés où nous figurions seuls autrefois. De Naples même, malgré la distance, des établissements expédient déjà des fleurs dans le centre de l'Europe.
En plus de cette concurrence fatale sur bien des points de la Méditerranée, il faut prévoir aussi le changement de mode pour certaines fleurs, pour les (EiUets notamment qui ont eu des vogues périodiques, comme le Camellia et le Gardénia. La culture de YCEillet a nécessité des installations coûteuses et s'est localisée dans certains milieux favorables comme Antibes : aussi la perturbation économique serait profonde dans cette horticulture spéciale si pour une cause quelconque ce commerce, qui dans cette localité est évalué à deux ou trois millions de francs, déclinait. On peut croire cependant que l'extrême variété des belles obtentions issues de cette plante empêchera cette éventualité de se produire avant longtemps. <
La Rose^ de traitement plus simple et ne pouvant être facilement supplantée, offre moins d'aléas; cependant pour avoir de belles fleurs, fraîches et intactes, livrables aux bonnes époques, convient-il encore de les soustraire aux intempéries, en réalité assez normales dans les hivers de la Côte d'Azur, où Ton se rappellera longtemps les rigueurs du mois de janvier 1905.
Le commerce des fleurs d'Orchidées, du feuillage des Fougères et des brins dJ Asperges est nul dans la région méditerranéenne.
Beaucoup de Liliacées et diAmaryllidées sont plutôt cultivées pour leurs bulbes que pour leurs fleurs ; cependant la vente de ces dernières : Jacinthes , Lis, etc., couvre