‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 156 sur 167 · INTRODUCTION A L'ENCYCLOPÉDIE AGRICOLE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A L'ENCYCLOPÉDIE AGRICOLE

Je conseille donc la lecture de ces petits volumes à nos anciens élèves qui y retrouveront la trace de leur première éducation agricole. Je la conseille aussi à leurs jeunes camarades actuels qui trouveront là, condensées en un court espace, bien des notions qui pourront leur servir dans leurs études.

^J'imagine que les élèves de nos Écoles nationales d* Agriculture pourront y trouver quelque profit et que ceux des Écoles pratiques devront aussi les consulter utilement.

Enfin, c'est au grand public agricole, aux cultivateurs que je les offre avec confiance. Ils nous diront, après les avoir parcourus, si, comme on Fa quelquefois prétendu, l'enseignement supérieur agronomique est exclusif de tout esprit pratique. Cette critique, usée, disparaîtra définitivement, je Tespère. Elle n'a d'ailleurs jamais été accueillie par nos rivaux d'Allemagne et d'Angleterre qui ont si magnifiquement développé chez eux l'enseignement supérieur de l'Agriculture.

Successivement, nous mettons sous les yeux du lecteur des volumes qui traitent du sol et des façons qu'il doit subir, de sa nature chimique, de la manière de la corriger ou de la compléter, des plantes comestibles ou industrielles qu'on peut lui faire produire, des animaux qu'il peut nourrir, de ceux qui lui nuisent.

Nous étudions les transformations que subissent, par notre industrie, les produits de la terre : la vinification, ia distillerie, la panification, la fabrication des sucres» ^es beurres, des fromages.

Nous terminons en nous occupant des lois sociales qui régissent la possession et l'exploitation de la propriété rurale.

J'ai le ferme espoir que les agriculteurs feront un bon accueil à l'œuvre que nous leur offrons.

D^ Paul Regnard,

Directeur de l'Institut national ajfronomique.

Par P. DIPPLOTH

i voL ln-18 de 416 pages avec 102 figures

Broché : 5 fr. — Cartonné : 6 fr.

L'Agriculture a subi, durant la moitié du dernier siècle» une évolution complète qui a modifié totalement les conditions économiques de la production agricole et contribué à faire de la culture du soi une industrie perfectionnée et progressive égalant, par la précision de ses méthodes et l'esprit scientifique de ses travaux, les indusli'ies minières, métallurgiques, électriques, etc.

L'agriculteur est alors apparu non plus comme un esprit routinier et arriéré, sans ambition ni sans rêve, mais comme une intelligence consciente et active consacrant volontairement ses efforts à l'exploitation rationnelle de notre domaine cultural.

Tandis que les populations rurales quittaient le sol natal, attirées vers les villes par la vision du faux luxe et du bien-être factice, un courant d'idées inverses se manifestait dans les classes supérieures et ramenait vers la carrière agricole une partie de la jeunesse studieuse et active que l'encombrement des carrières libérales, les difficultés présentes du commerce, déterminaient à cette nonvelle orientation.

Dautre part, l'établissement des Écoles pratiques d'agriculture, la création des Chaires d'agriculture, les Champs d'expériences, les Conférences agricoles, eic, diffusaient parmi la masse des jeunes agriculteurs le& préceptes nouveaux de la culture intensive

Par ces deux voies différentes ; recrutement de jeunes volontés libres et intelligentes, amélioration mentale des

DIFFLOTH. — Agriculture générale,

nouvelles générations de cultivateurs, l'esprit de Tagrîculteur français parachevait son perfectionnement et développait sa force et sa puissance.

C'est à ce public éclairé et averti que sont destinés les divers volumes de I'Encyclopédie Agricole dont le manuel d'Agriculture générale constitue le premier tome.

Il existe déjà de nombreux livres agricoles élémentaires présentant sous une forme claire et simple les principes primordiaux de la culture du sol : le présent ouvrage a tenté d'étudier plus attentivement les phénomènes si complexes de la végétation, de la fertilité des sols, et de vulgariser les découvertes scientifiques dont les applications peuvent jouer un rôle si considérable dans le perfectionnement des méthodes culturales.

Nous avons essayé de composer un livre concis et clair, susceptible d'être compris par tous, malgré l'apparente complication des questions étudiées et la diversité réelle des sujets traités.

Sous le titre général d'Agrologie, les règles et les principes généraux qui permettent d'établir les rapports qui existent entre la nature d'un sol et les produits qu'on en peut tirer ont été rassemblés et commentés.

Le sol a été considéré, tout d'abord, dans sa formation et dans son triple rôle de support, de réserve alimentaire et de milieu; ainsi ont pu être étudiés les découvertes récentes relatives à la nutrition des végétaux, le rôle des bactéries des nodosités des légumineuses mis en lumière par les études de Hellriegel et Willfarth, Bréal, Prillieux, etc., l'action du ferment nitrique magistralement démontrée par MM. Schlœsing et Mûntz, l'influence exercée par les microorganismes dans le maintien ou l'accroissement de la fertilité du sol établie péremptoirement par les travaux de Berthelot, Winobradsky, etc.

V examen du rôle exercé par le sous-sol sur la productivité des terres précède Vétude des propriétés physiques et chimiques des sols.

DIFFLOTH. — Agriculture génériatle.

Les divers procédés permettant de se rendre compte de

la productivité des terres et de leur valeur foncière font

l'objet des chapitres suivants : Analyse physique^ Analyse

mécanique j Analyse géologique, Analyse chimique^ Analyses

/diverses du sol.

L'analyse géologique des terres a retenu plus particulièrement notre attention. Indépendamment de l'intérêt que présentent la description des diverses régions agricoles de la France et l'étude des coutumes locales des anciennes provinces, la détermination de l'origine géologique des terrains donne les indications les plus précieuses sur la nature de ces sols. Cies recherches, illustrées par les célèbres travaux de M. E. Risler, ont permis en effet de constituer les bases rationnelles de l'Agrologie.

L'étude des Rapports de la plante avec le sol comprend la discussion des causes déterminantes de la fertilité, de la stérilité des terres et l'énumération des sols convenant aux principales plantes cultivées. Nous nous sommes inspiré, dans l'établissement de ces principes, des recherches précises de M. Garola.

Ayant déterminé 2a valeur foncière des terres et les principales cultures qui pouvaient s'y établir, il s'agissait maintenant de décrire rapidement les procédés susceptibles de développer leur productivité.

Les défrichements y Vamélioration des sols précèdent l'examen des procédés de travail et d'ameublissement des terres, labours, quasi-labours, hersages, roulages, etc., et les méthodes d'épandage du fumier de ferme, des engrais chimiques et des amendements.

Nous avons consacré plusieurs chapitres à l'examen des fraudes nombreuses dont les graines sont l'objet, afin de mettre le cultivateur en garde contre ces tromperies.

Les considérations économiques prennent en effet, dans le développement de l'industrie agricole, une importance de plus en plus considérable ; l'achat et le choix rationnels des semences, dirigés d'après les principes et les règles

DIFFLOTH. — Agriculture générale.

<établis d'une manière si précise et si judicieuse par MM. Schribaux et Bussard, doivent être la première préoccupation des praticiens

La sélection des semences, qui constitue un des modes les^ plus économiques d'amélioration culturàle, a été ensuite considérée soué ces diverses formes : sélection d'après te poids des graines, d'après le volume, la couleur, la forme extérieure, d'aj)rès Vanalyse des plantes mères, sélection méthodique, etc.

La pratique et l'exécution des semailles terminent cette étude.

Les soins d'entretien, binages, sarclagesi^ éclair dosage , buftage, conduisent logiquement à la description des procédés de destruction des plantes nuisibles.

La récolte des céréales, des fourrages, des plantes racines et tubercules fait l'objet des chapitres suivants^ complétés par l'examen des procédés rationnels de conservation des produits du sol.

La dernière partie du volume traite des assolements et des règles physiologiques et économiques qui président à leur établissement.

Un plan d'ensemble aussi vaste, la complexité des sujets traités ne nous ont pas permis de donner à ces diverses questions tout le développement que comporte leur importance. Le lecteur trouvera les dévelopiiement^ utiles dans les autres volumes de I'Encyclopédie AGuinous.

Il fallait rendre attrayante la lecture de ces chapitres et faciliter la compréhension des questions envisagées ; nous avons illustré ce modeste ouvrage de dessins et de photographies établies par nous-même, prêtées obligeamment par MM. Desprez, de Gappelle, ou puisées aux meilleures sources.

Telles sont, brièvement résumées, les diverses matières étudiées au cours de cet ouvrage que nous présentons à. la bienveillance et à l'indulgence du public agricole.

Paul Diffloto»

Page 1