PREMIÈRE LEÇON
Préambule. — Piaisons tic ces leçons. — Principes de pathogénie. Conséquences pour la thérapeutique.
De l'unité anatomique de la phthisie. Travau.'c de Grancher, Thaon et Charcot. — Dualité clinique. — De la doctrine de l'unité dans ses rapports avec la notion de curabilité.
Curabilité du tubercule; processus curateur. — Guérisonde la phthisie. De la guérison relative et de la gucrison absolue. — Démonstration anatomique et clinique. — D'une erreur de pronostic concernant les cavernes du poumon. — Signification variable de celte lésion.
Messieurs,
Nous sommes au terme de nos études pathologiques sur la phthisie pulmonaire; la thérapeutique se présente maintenant à nous. Convaincu et certain que je suis de la curabiUté et de l'arrêt possibles de cette redoutable maladie, je considère comme un devoir de vous communiquer dans tous leurs détails les résultats de mes études et de mon expérience, et je me propose en conséquence de consacrer des développements étendus à la question du traitement. .l'ai pour ce faire des raisons de di-
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"2 DE LA CUUABILITÉ DE LA PIlTIllSIE.
vers ordres dont je désire avant loulvous rendre compte.
C'est d'abord l'importance incontestée du sujet, qui est digne des méditations incessamment renouvelées du médecin; cette première raison, dont la valeur peut être trop fidèlement mesurée par la fréquence et la gravité de la maladie, est d'une telle évidence qu'il serait banal d'en poursuivre la justification.
Mon second motif est autre, il est tout personnel, mais non moins légitime; du reste, vous allez en juger.
La question du traitement de la phthisieest dominée, vous ne l'ignorez pas, par le problème si intéressant et si complexe des stations climatériques d'hiver et d'été, car il n'est pas une autre maladie dans laquelle les climats acquièrent au même degré la signification d'un véritable moyen thérapeutique, également puissant pour le bien et pour le mal, suivant qu'il est rationnellement ou aveuglément appliqué, suivant qu'il est exactement ou vicieusement adapté aux indications fournies par les malades. Or je pense avoir sur ce sujet une compétence particulière.
Des études incessamment poursuivies pendant nombre d'années m'ont permis de connaître par examen personnel toutes les localités qui ressortissent au traitement climatérique de laphtlîisie; j'ai vu, et pour beaucoup d'entre elles, j'ai vu à plusieurs reprises toutes les stations d'Europe, celles de la Grèce, de la Sicile et de la Norvège comprises ; j'ai eu soin d'étudier la célèbre station de Davos au milieu de l'hiver, car une visite en toute autre saison est parfaitement stérile; j'ai vu les stations d'Asie, enfin j'ai visité Madère, les îles Canaries, les principales stations du Maroc et de l'Algérie. Ne