NEUVIÈME LEÇON
TRAITEIIEjVT de la PHTHISIE COMMIJIVE
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TRAITEMEIVT DE LA PHTHISIE PIVECMOIVIOUE ; — DE LA GRAIVULOSE MILIAIRE AIGUË
Des inhalations de bcazoatc de soude dans la phthisie commune. — Recherches et observations personnelles. — Procédés d'application. — Difficultés pratiques. — Effets sur l'état général, sur les lésions locales — Conclusion.
Tuberculose ou plithisie pnenmonîque. — Ses caractères distinctifs. — Période initiale aiguë. -- Période de chronicité. — Variétés du début et de l'évolution.
Principes du traitement. — Indications fondamjntales, — Médication stimulante. — Médication anti fébrile. — Méthode et procédés. — D'une indication particulière de la digitale. — Médication révulsive.
Granulose miliaire aiguë. — Possibilité de la guérison. — Observations des auteurs. — Observation personnelle. — Principes et moyens du traitement.
Messieurs,
Je vous ai exposé dans tous ses détails le traitement que je mets en œuvre aux diverses périodes de la phthisie commune, je veux maintenant, avant de passer outre, vous faire connaître les résultats de mes études au sujet de la nouvelle méthode thérapeutique, qui a été préconisée en 1879 par Rokitansky d'Innsbruck et son assis-
tant le docleur Kroczak, mélliode fondée en théorie sur la nature baclérique de la tuberculose, en pratique sur les inhalations de benzoate de soude, dont les propriétés antibactériques ont été établies parKlebs et par Schûller. Aussitôt que j'ai eu connaissance de ce traitement, je me suis préoccupé d'en faire bénéficier mes malades, et pour procéder avec toute la précision nécessaire, j'ai demandé au professeur Rokitansky de vouloir bien me communiquer les détails relatifs au procédé d'application, ce qu'il a fait aussitôt avec une extrême obligeance dont je suis heureux de le remercier publiquement.
La quantité de benzoate inhalée chaque jour doit être d'un gramme par kilogramme du poids du corps, c'est donc une moyenne de 50 grammes dans la généralité des cas ; la solution du sel doit être à 5 pour 100, de sorte que la dose de 50 grammes doit être dissoute dans 1000 grammes d'eau ; l'inhalation se faisant en deux séances, une le matin, une l'après-midi, le liquide pour chaque séance doit être composé de 25 grammes de benzoate et de 500 gram.mes d'eau. Ainsi réglé, le traitement serait inapplicable, du moins avec l'appareil à vapeur dont je me sers habituellement, car la pulvérisation d'une pareille quantité de liquide exigerait plus de deux heures et demie, ce qui imposerait au malade pour la journée plus de ci^ heures d'inhalation ; après avoir constaté ces faits, je n'ai pu me déterminer à une pratique aussi pénible, pour ne pas dire aussi dangereuse. J'ai commencé par tenir compte de la vapeur d'eau qui s'ajoute par le fonctionnement de l'appareil à la solution médicamenteuse et j'ai con-
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centré celle-ci à 10 pour 100 ; les 25 grammes de sel ont été dissous dans 550 grammes d'eau, etvu l'addition de la vapeur, le liquide est inhalé au degré indiqué de 5 pour 100. Dans ces conditions chaque séance dure en moyenne une heure et demie; j'ai pu opérer de la sorte sur deux ou trois individus, particulièrement patients et dociles, mais bientôt j'ai dû reconnaître qu'il me serait impossible de continuer mes observations, si je ne simplifiais pas de nouveau le traitement; les malades s'y refusaient invariablement , les plus raisonnables essayaient un jour, après quoi ils manifestaient une invincible répugnance pour un assujettissement aussi pénible. Voyant cela, j'ai encore cherché à faire mieux: après quelques tâtonnements j'ai constaté que 25 grammes de benzoate peuvent être dissous dans 150 grammes d'eau sans précipitation ultérieure, que le temps nécessaire pour la pulvérisation de nette quantité, y compris les interruptions nécessitées par la toux et l'expectoration, est de trois quarts d'heure environ, et je me suis arrêté à ce procédé ; la proportion d'eau que le jeu de l'appareil ajoute à la solution étant sensiblement égale à la dépense de celte dernière, l'inhalation a porté sur 25 grammes de sel et 300 grammes d'eau, c'est donc une solution à 12 pour 100. C'est à regret que j'ai apporté cette/modification au procédé de mon savant collègue d'^sbruck, mais je n'ai pas eu le choix; j'ai trouvé des difficultés qu'il ne paraît pas avoir renconrées, et j'ai été contraint de procéder de la sorte ou de ne pas procéder du tout. Mes malades ont donc inhale matin et soir en moyenne 25 grammes de benzoate dissous dans 150 grammes d'eau.
Pour tous les autres détails je me suis rigoureusement conformé au procédé de Roldtansky ; les malades, instruits par moi, ont arrêté la pulvérisation chaque fois qu'ils étaient pris d'une quinte de toux, afin que la perte soit aussi réduite que l'appareil le comporte, et une fois l'inhalation finie, ils ont toujours séjourné au moins une heure dans le milieu où elle avait été effectuée, de sorte qu'ils ont respiré pendant tout ce temps un air chargé de particules salines. En même temps qu'il les soumet à ces inhalations, Rokitansky traite ses malades par une alimentation fortifiante, par le lait, par l'huile de foie de morue, etc. ; j'ai pensé que j'apprécierais mieux les eflfets dubenzoate, si je l'employais isolément, et aussi longtemps que j'ai cru pouvoir le faire sans manquer à mon devoir, j'ai borné ma thérapeutique au régime et au vin.
J'ai traité ainsi quinzemalades du sexe masculin affectés de tuberculose à divers degrés ; chez le plus grand nombre il s'agissait de la période de ramollissement, soit à son début, soit à un stade plus avancé, quatre étaient arrivés à la phase de cavernes. De ces derniers, trois n'ont pu supporter les inhalations au dehà de trois jours, en raison de leur état de faiblesse ; deux autres sur les douze restants ne les ont acceptées que pendant une semaine, à cause de l'ennui qu'elles leur causaient ; restent donc dix malades qui ont suivi le traitement, savoir, un pendant quinze jours, — quatre pendant un mois , — quatre pendant deux mois , — un pendant trois mois et demi.
Les résultats, j'ai regret à le dire, n'ont pas répondu à mes espérances ; j'ai bien constaté , comme Roki-