DE L'ARSENIC. I/O
reuse évolution après un traitement hygiénique, pharmaceutique et climatérique prolongé pendant deux à trois années; le dernier en date concerne un jeune homme de la Russie méridionale, M. G..., chez lequel j'ai constaté au mois de mai dernier, et cela delafaçonla plus certaine, la disparition presque complète des signes physiques, que j'avais encore retrouvés six mois auparavant.
Depuis longtemps déjà j'ai renoncé aux préparations arsenicales liquides, elle sont d'un maniement peu commode, et de plus je crois être certain qu'elles exposent plus que les autres aux accidents de gastralgie et d'intolérance intestinale. J'emploie donc à peu près exclusivement les granules d'acide arsénieux à un milligramme ; il est essentiel que ces granules proviennent d'unepharmacie à produits irréprochables, car la manipulation en est délicate, et si elle n'est pas faite avec tous les soins et tout le temps nécessaires, on risque d'avoir un dosage irrégulier, de sorte qu'à côté de granules inertes, il y en aura d'autres qui contiendront le double, si ce n'est plus, de la quantitévoulue. Jefais toujours prendre les granules au commencement de chacun des deux principaux repas, je commence avec deux par jour, et toutes les semaines j'augmente de deux, jusqu'à ce que je sois arrivé à six, huit ou même dix, selon les cas. Quand cette dose maximum est atteinte, je la maintiens indéfiniment, sauf incident pathologique nouveau, à moins qu'il ne survienne quelque phénomène d'intolérance : crampes d'estomac, inflammations oculo-conjonctivales, éruptions cutanées,vomissements, diarrhée. A côté de ces signes bien connus, je vous en indiquerai un autre que vous devez toujours rechercher avec attention, c'est un
sentiment de lassitude exagérée après la marche, lequel est. bientôt suivi, si la médication continue, d'une faiblesse véritable dans les membres inférieurs ; bien des fois déjà j'ai vu ce symptôme être le premier en date parmi ceux qui révèlent la saturation arsenicale. Lorsque l'un ou l'autre de ces phénomènes apparaît, je ne supprime point le médicament, mais j'en diminue notablement la dose, et plus tard je reviens, par une gradation ménagée, au maximum toléré.
Je crois devoir vous faire remarquer, en terminant, que ce traitement compliqué d'apparence est en somme d'une réalisation pratique aussi simple que commode; tenez compte du lait qui en fait partie et vous aurez le schéma quotidien que voici : dans les heures du matin et l'aprèsmidi, une heure et demie au moins avant le repas du soir, le lait; au commencement ou dans le cours des repas, l'huile ou la glycérine et les granules arsenicaux, etc'est là tout. Si quelque indication accessoire se présente, vous avez donc toute la latitude nécessaire pour la remplir, et le traitement ainsi réglé n'apporte aucune entrave dans les promenades et dans les exercices aérothérapiques du malade.
Tel est, messieurs, l'ensemble des moyens hygiéniques, mécaniques et pharmaceutiques par lesquels je remplis dans les phases initiales de la phthisie commune, l'indication primordiale tirée de l'état général et de l'inertie des poumons. Nous étudierons au début de notre prochaine leçon l'indication tirée des lésions locales.