DE LA CRÉOSOTE
trant de cet arôme. Supposant donc que le malade prenne 50 grammes d'huile, la formule de la mixture pour l'usage quotidien est la suivante : huile de foie de morue, 50 grammes; — créosote de hêtre, 20 centigrammes; — essence de menthe, une goutte. Il est facile de faire préparer sur ces bases un ou plusieurs litres du médicament; mais il faut avoir soin, lorsqu'on réussit à augmenter la dose d'huile, de modifier les proportions de créosote, de manière que la quantité quotidienne de cette dernière ne dépasse pas trente à quarante centigrammes, ce qui est, je vous l'ai dit, mon maximum ordinaire. Aussi me paraît-il préférable, toutes les fois que la chose est possible, de répéter journellement la préparation du mélange.
Lorsqu'il s'agit de glycérine, cette précaution est moins nécessaire, parce que je maintiens à peu près uniformément la dose du véhicule; après plusieurs essais, j'ai adopté pour dose quotidienne la formule que voici : glycérine, 40 grammes; — cognacourhum,40 grammes; — créosote, 20 à 40 centigrammes; — essence de menthe, une goutte ; cela représente de deux et demie à trois cuillerées à bouche. Cette mixture est Irès agréable au goût, elle ne cause aucune fatigue gastrique, et je n'ai jamais rencontré la moindre difficulté quant à la tolérance, même après un usage très prolongé ; cette forme est certainement mieux et plus longtemps acceptée que la mixture à l'huile de foie de morue, et elle assure en toute circonstance la possibilité de cette médication fondamentale, c'est là son plus précieux avantage ; mais, je vous le répète encore, il faut toujours, et avant tout, essayer, par tous les moyens en notre pouvoir,
d'instituer et de maintenir le traitement par l'huile.
Je vous ai dit itérativement que l'alcool sous une forme quelconque est un élément constant de ma thérapeutique; aussi, aux malades qui, tolérant l'huile, ne prennent pas de glycérine alcoolisée, je donne journellement de 30 à 60 grammes de rhum ou de cognac sous forme de grog qu'ils prennent à leur goût soit dans le cours, soit dans l'intervalle des repas; je vous ai signalé il y a quelques instants les raisons de l'importance que j'attache à cette partie de la médication.
En traitant de la prophylaxie, j'ai appelé votre attention sur une indication accessoire qui est parfois fournie par la phosphaturie; cette indication, vous le concevez, peut se présenter ou persister lorsque la maladie est confirmée, il faut la remplir, et cela peut se faire sans aucune complication dans le traitement institué; ce détail, croyez-moi, est d'un grand intérêt pratique : si vous voulez que votre médication soit rigoureusement et longtemps suivie, il faut à tout prix éviter au malade l'ennui, bientôt intolérable, d'avoir à prendre quelque remède à chaque heure de la journée ; du reste, si le patient s'y résignait, son estomac ne s'en accommoderait pas longtemps. Aussi dans le cas supposé, l'administration des phosphates doit avoir lieu par l'intermédiaire du lait ; avec ce procédé vous avez l'avantage de ne pas ajouter aux obligations thérapeutiques du malade, et de plus vous pouvez donner le médicament à doses plus élevées que si vous le faisiez prendre en nature; or il en est du phosphate de chaux comme de l'huile de foie de morue, il n'agit efficacement qu'à la dose de plusieurs grammes par jour. L'expérience a prouvé que si l'on