‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 69 sur 95 · CURABIL1TÊ ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

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il s'est agi dans ces trois cas de la forme prolongéedite typhoïde, et je pense que c'est la seule qui autorise une pareille espérance; j'ai à peine besoin d'ajouter que chez ces trois malades les localisations encéphaliques, si communes dans la granulose diffuse, avaient manqué complètement.

En résumé, guérison complète, transformation en maladie chronique, telles sont les possibilités qui atténuent, dans une faible mesure, l'arrêt d'incurabilité absolue prononcé contre la forme aiguë de la tuberculose miliaire.

Dans le but de poursuivre avec quelque chance de succès cet heureux résultat, que convient-il de faire? Après les développements dans lesquels je suis entré relativement à la tuberculose pneumonique, quelques mots suffiront pour vous faire connaître utilement les principes et les moyens de ma pratique en pareille occurrence. Sans me préoccuper de la nature tuberculeuse de la lésion, sans me préoccuper de l'incurabilité ordinaire de la maladie, je traite durant tout son cours la granulose aiguë comme une maladie infectieuse, plus précisément encore comme une fièvre typhoïde hyperthermique- Abattre la fièvre, — diminuer la dyspnée, et combattre les lésions locales, — soutenir les forces, voilà mes trois indications fondamentales, j'y obéis sans relâche. Je remplis l'indication tirée de la fièvre, non pas avec le sulfate de quinine, mais avec le bromhydrale, et surtout avec l'acide salicylique; ce médicament, vous le savez, joint à l'effet antithermique des sels quiniques une action antiseptique ou antifermentescible, comme vous voudrez l'appeler; action de première importance dans un

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état morbide dont la gravité initiale est très ordinairement accrue, plus tôt ou plus tard, par des accidents de résorption issus des foyers locaux. Dans le but d'éviter d'inutiles redites, je ne m'arrête pas à nouveau sur les détails et les procédés de ces médications, ils ont trouvé leur place dans nos études antérieures. Pour obéir à cette même indication fondamentale, je fais pratiquer journellement de quatre à huit lotions froides avec le vinaigre aromatique pur ou coupé d'eau, ainsi que je le prescris dans la fièvre typhoïde; je ne donne pas de bains en raison de l'intensité de la dyspnée, de l'importance des lésions thoraciques, et de la fréquence des lésions abdominales.

Diminuer la dyspnée, combattre les lésions locale* , telle est, vous ai-je dit, ma seconde indication. Je la remplis au moyen de l'application répétée de grands vésicatoires sur les diverses régions de la poitrine, et plus généralement sur tous les foyers saisissables de localisation; lorsque la dyspnée est forte et le catarrhe pulmonaire très étendu, j'agis en outre au moyen de ventouses sèches placées matin et soir, au nombre de quarante à soixante, sur les membres inférieurs et sur le tronc; lorsque enfin les accidents péritonéaux présententune certaine intensité, que révèlent les douleurs, le météorisme et l'immobilité partielle ou totale du diaphragme, j'ai recours aux applications permanentes de glace sur la paroi abdominale antérieure; le moyen est gênant, j'en conviens; mais fort de mon expérience, je puis vous affirmer qu'il rend d'inappréciables services.

Soutenir les forces, c'est là ma troisième indication; son importance n'a pas besoin de commentaire s. Le

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vin, l'alcool, en quantité proportionnée à l'âge, à l'a constitution, aux habitudes du malade, au degré de l'affaiblissement et de la fièvre, le quinquina, une alimentation soutenue au moyen des bouillons, des gelées, du lait ou des peptones, voilà les moyens de satisfaire à cette obligation vraiment vitale.

Tel est, Messieurs, le traitement que je mets en œuvre dans la granulose miliaire aiguë ; c'est à lui que j'ai dû les résultats dont je vous ai entretenus, et je suis porté à croire que ces succès seraient moins exceptionnels, si le médecin était moins accessible au découragement et à l'inertie, en présence de cette redoutable maladie.

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