LE SYSTÈME MUSCULAIRE
1° LES FAITS EXPERIMENTAUX :
Si les récits des voyageurs avaient déjà signalé cette («paralysie » particulière qui frappait les bêtes et les hommes blessés par larme redoutable, c’est CL Ber-nard qui est vraiment à l'origine de son étude scientifique.
(€ Dans le mois de Juillet 1844, écritil, je fis ma première expérience sur le curare; j’iInsinuais, sous la peau du dos d'une grenouille, un petit fragment de curare sec et j’observais l’animal, Dans les premiers moments, la orenouille allait et sautait, comme avant, avec la plus oerande agilité; puis, elle resta tranquille. Au bout de cinq minutes, les jambes de devant cédèrent, le corps s’aplatit et s’affaissa peu à peu. Après sept minutes, la erenouille était morte, c’est-à-dire qu'elle était devenue molle, flasque, et que le pincement de la peau ne déterminait plus, chez elle, aucune réaction vitale... En ouvrant la grenouille empoisonnée, je vis que son cœur continuait à battre... »
Mais, depuis, si l'expérimentation animale n’a guère rien ajouté à l’œuvre de CL Bernard, lexpérimentation humaine, largement poursuivie, pendant quatre où cinq ans, dans ies pays anglo-saxons, est venue compléter le tableau par: des apports objectifs et... subjectifs.
Nous ne voulons donner pour preuve, que la courageuse exploration entreprise par Prescott, Organe et Rowbotham (130) dans cette jungle encore sauvage, aux dépends de la personne même d'un des publicateurs.
Employant le produit anglais (Tubarine), sans anes thésie, ils essaient des doses progressives et notent SCru puleusement, au fur et à mesure, les réactions de leur patient :
Avec 10 mg. intraveineux : légère diminution de la force musculaire, mais tous les mouvements peuvent être effectués.
Avec 20 mg. : paralysie des muscles de la face, du larynx, puis des membres, de labdomen, et, enfin, des intercostaux ; la parole est, évidemment supprimée, mais la déglutition et la toux sont possibles, Rythme respiratoire inchangé mais capacité aérique réduite.
Avec 30 mg. : paralysie s'étendant très vite, dans le même ordre : en deux minutes, le sujet est incapable d'ouvrir les yeux, de parler, de bouger, de tousser ou d'avaler. Bientôt, la respiration devient très superficielle et s'accélère. Ace moment, d’après ce que disent les expérimentateurs, aveé un flegme tout britannique, le seul renseignement que l’on peut obtenir du sujet, est l’expression d'angoisse imdescriptible de son regard, encore faut-il lui soulever les paupières...