‹ Curarisation et AnesthésieChapitre 19 sur 69 · ACTION € CENTRALE · texte numérisé non relu

ACTION € CENTRALE

3ien plus intéressante est l’action du curare sur les centres nerveux. IT y à peu de temps qu'elle a été mise

en valeur par les physiologistes : jusque-là, on vivait sur le dogme d’une action uniquement périphérique.

CT. Bernard insistait beaucoup, en effet, sur cette dernière action : expérimentant Sur un chien «d’une nature féroce », il constata qu'au bout de quelques mi nutes, le chien s'affaissa petit à petit, mais dès qu’on Vapprochait, l'animal manifestait une rage qui ne s'éteignit qu'avec la vie... et lorsque le chien ne pouvait plus ia manifester par ses lèvres et par ses dents, elle était encore dans ses regards qui, les derniers, exprimèrent sa NUL)

Mais depuis quelques temps, des observations différentes viennent jeter un jour nouveau sur la question.

Feitelberg et Pick (4S) remarquent, en effet, en 1942, que le curare produit sur le cerveau de la grenouille une narcose » qui, bien que simultanée, est indépendante des modifications périphériques.

Pick et Unna (129) reprennent cette étude, en 1945. IIS démontrent que le ecurare et toutes les substances capables d'agir sur la jonction neuro-musculaire, peuvent, aussi, modifier l’activité électrique du cerveau : 1 durée du phénomène dépasse de beaucoup lPaction périphéri-que.

Lapicque (102 et 103) avait déjà attiré l'attention sur une action centrale du curare, qui lui permettait même, de dissocier dans le groupe hétérogène des curares :

— Les CORTHOCURARES » dont l'action périphérique s'accompagne de phénomène de somnolence :

— Les C(PARACURARES », de phénomènes d'excitation.

De ces constatations, des auteurs américains, Whitacre (155) en particulier, se sont demandés si, à forte dose, le curare n'aurait pas une action « anesthésique » : pour ce faire, ils ont injecté une dose énorme du produit dans les veines d'un malade : d'un seul coup, ils obtiennent, à la fois, le relâchement musculaire total et une perte de connaissance, qui persiste même après la mise en marche de la respiration artificielle : ils ont pu, ainsi, faire une gastrectomie, sans le secours d'aucun anesthésique.

Si la méthode ne peut, évidemment, être citée qu'à titre Spéculatif, en raison des dangers qu'elle présente,

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