‹ Curiosités des inventions et découvertesChapitre 9 sur 17 · SECOND RÉCIT · texte numérisé non relu

SECOND RÉCIT

Forcez maintenant vos prisons , Bel astre, doux roi des saisons, Pour y jouir comme nous des douceurs dont abonde La cour la pins belle du monde.

Mais non, arrêtez seulement ; Au sein de l'humide élément , Vous seriez sans clarté près de ceux dont abonde La cour la plus belle da monde.

Dixième entrée. Celui qui donne l'assemblée, et sa femme, ne voulant pas que la fête se passe sans prendre leur part du plaisir, envoient leur valet et leur servante pour ranger les sièges et voir si la place est capable de recevoir les masques qui se présenteront, et (out étant en bon état, ils en vont avertir leur maître et maîtresse, qui sortent avec les habits troussés; ce que voyant les valets, ils courent les détrousser et nettoyer leurs habits, et se retirent laissant danser

Onzième entrée. Leur maître et leur maîtresse, qui, pour faire paraître la joie qu'ils ont de recevoir une si belle mascarade, se sont résolus d'en montrer le chemin aux autres, et ayant dansé avec beaucoup de grâce leurs pas, se retirent pour faire place à

Douzième entrée. Trois jeunes veuves dont la grâce et la modestie paraissent dans la gravité de leurs pas et dans la couleur de leurs habits. Elles dansent sérieusement jusqu'à tant ce qu'elles voient sortir trois hommes avec des robes; et s'étant assises, elles prennent plaisir à voir danser

Treizième entrée. Trois procureurs, qui, après s'être réjouis quelque temps, apperçoivent ces trois dames, et ne pouvant résister aux charmes de leurs doux regards, ils s'en vont faire offre de service ; elles, voulant prendre du plaisir de ces trois bons amants, font semblant d'agréer leurs offres, ce qui les oblige à jeter leurs robes pour se montrer plus aimables , et ayant convié les damos a en faire autant, elles quittent leurs habits, et

ayant vêtu d'autres fort grotesques, dansent avec eux; mais enfin craignant d'être reconnues, elles s'en retournent par un côté et ces pauvres amoureux par un autre, pour faire place à

Quatorzième entrée. Deux gentilshommes polonais, curieux de voir une si belle assemblée, s'y viennent rendre sur leurs chevaux; mais s'appercevant à la fin qu'ils avaient fait une faute, ne sachant pas la coutume, ils laissent leurs chevaux et dansent à la mode de leur pays. Ils sont suivis de

Quinzième entrée. Quatre braves superbement vêtus, l'épée au côté et la cape sur le dos, qui, après quelques gestes de braverie, quittent leurs manteaux et se résolvent à faire avouer que leur adresse peut passer pour admirable; et ayant achevé leur entrée quittent la place à

Seizième entrée. Deux cavaliers mi-partis, qui, ayant rencontré deux habits pareils, dont la moitié était à l'espagnole et l'autre à la française , ils entendent un air de ballet, dont le second couplet est une sarabande. Ils se résolvent à mi-partir leurs danses -comme leurs habits, et ayant attaché leurs castagnettes, ils dansent au commencement de l'air un pas de ballet à la française, mais sur la sarabande quantité de pas à l'espagnole accompagnés de castagnettes, et après avoir fait leur possible, se retirent pour faire place à

Dix-septième entrée. Trois tard-arrivés, qui, sans doute faute d'avis, n'ont pas été des premiers à la fête, mais ils ne laissent pas d'attirer sur eux les yeux de l'assistance, et de la laisser extrêmement satisfaite de leur grâce et de leur adresse.

Dix-huitième entrée. Deux Béarnais font paraître par leurs pas la grande légèreté et adresse que leur pays

natal semble leur donner en héritage, et quittent la place à

Dix-neuvième entrée. Deux ambigus, ne sachant pas eux-mêmes quelle vocation ils doivent choisir, dansent tantôt en gens d'épée et tantôt en gens de lettres. Leur irrésolution est extrêmement plaisante, et leurs pas sont si bien réglés, qu'en cette entrée on y trouvera et de quoi rire et de quoi admirer. Et après eux viennent

Vingtième entrée. Trois beaux danseurs, dont la grâco et l'adresse font avouer qu'ils en méritent parfaitement le nom. Et après avoir tenu longtemps en suspens les esprits des assistants, ils sont relevés de cette peine par

Vingt et unième entrée. Un raffiné qui fera avouer que la gentillesse de ses pas, le port de son corps et sa grâce méiitent de faire estimer son entrée comme une des meilleures. Et après avoir dansé quelque temps se retire pour faire place à

Vingt-deuxième entrée. Deux semblables , qui font voir que la justesse et la cadence sont les deux choses les plus estimables en la danse, et après s'être dignement acquittés de leur devoir

Vingt-troisième entrée. Un joueur de gobelets avec sa table et ses gobelets. Et après quelques tours de passe-passe, il fait trouver sous ces gobelets six enfants qui dansent une entrée avec lui, et fait place à

Vingt-quatrième entrée. Le marai9.

Vingt-cinquième entrée. Un porteur de mai, qui, après l'avoir planté dans la salle, danse son entrée, et après lui

Vingt-sixième entrée. Quatre bergers et quatre ber- i gères, de la fête à Gouvieux, viennent renouveler en ce lieu leur réjouissance, et après avoir dansé un petit

ballet tout rempli de beaux pas, de belles figures et gestes admirables, quittent la place pour lederoier concert, qui servira pour donner loisir à Sa Majesté, à Monsieur, aux princes et seigneurs, do se préparer pour le grand ballet.

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