Œuvres, p
non pas aux viels et aux enfants, car à iceux la matière est plus vaporeuse qu’humide, mais aux jeunes gens est le contraire : parquoy les contraires suivent les contraires.
» L’abondance des cheveux aux jeunes enfants démonstre que leur complexion croist et augmente avec la mélancholie.... »
Le même auteur examine, dans d’autres chapitres, les indices qu’on peut tirer de la conformation du corps, de la barbe, du menton, des sourcils ou cils, du cou, des yeux, du nez, de la bouche, des oreilles, etc.
Voici ce qu’il dit du nez, sans trop se soucier de scandaliser ses paroissiens :
« Les Grecs ont appelé le nez p ry, à cause que par iceluy fluent les excréments des ventricules du cerveau. C’est pourquoy nous le donnons à la Lune, comme estant plus proche de la terre, et par ses influences nous donne et fait évaporer mille exhalations cà bas :
.... Le nez est la gouttière Par qui les excrements de pesante matière S’esvacuent en bas, etc.
dit Du Bartas, la comparant à la Lune, pour ces prédictions. Nous disons le long nez estre d’un esprit vain et non convenable au mestier de Vénus, bien qu’il y a un proverbe qui dise :
Ad formam nasi cognoscitur ad te levavi.
PHYSIOGNOMONIE
« Sur lequel autresfois, me donnant plaisir, j’ay fait ce distique ou épigramme en la louange d’un de ces nez, à l’imitation de Martial :
Qui longus est et pendulus nasus viri Pendentem habet longaraque valde mentulam. »
Les marques, taches et signes, qui viennent de naissance sur le visage et sur le corps, ne pouvaient manquer d’être expliqués parlesphysiognomonistes. Voici ce qu’en pense Boyvin de Vaurouy 1 :
« La marque naturelle au front est un présage de beaucoup de bien à un homme ; à une femme, qu’elle sera ou reine ou d’une qualité fort éminente. Quand un homme l’a au dessus ou à l’entour des sourcils, c’est un signe qu’il aura une bonne femme et belle. Et si c’est une femme et qu'elle soitblonde, elle aura un beau mary et riche. Si un homme l’a au dessoubs des sourcils, il ne faut point qu’il se marie, car il court fortune d’avoir cinq femmes. Le mesme se doibt entendre d’une femme. Quand un homme l’a au nez et qu’il est ou rousseau ou blond, il est insatiable aux plaisirs de Vénus et a une pareille marque autre part qu’on ne voit pas^ Lorsqu’une femme l’a au nez ou à l’œil, elle l’a de même autre part, qui ne se void point, et est d’humeur toute semblable à l’homme dont nous venons de parler. Quand un homme l’a au costé du nez, il court fortune de faire quantité de voyages, et une femme qui, l’ayantlà, l’a certainement autre part,