Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, cité plus haut, p
ALCHIMIE
entre l’estre et le néant, ou bien entre quelque chose et rien. »
Les alchimistes accordaient une sorte de vie à toutes les substances inorganiques qui avaient la propriété de se développer au sein de la terre, et qui pouvaient passer progressivement d’un état imparfait à un état plus parfait. Ils aimaient à comparer la formation des métaux à la génération animale :
« Comme génération ne peult venir de qualitez trop remontez, fait-on dire à Raymond Lulle *, et de la différence qui est entre le masle et la femelle, et de la chaleur philosophique : pourquoi il pjeult estre élucidé que de femelle trop froide ne de masle trop chault génération ne peult estre fete, pour la extrémité et inattrempence de leurs quallitez: et, pour ce, on doit prendre une femelle qui veult fere notre magistère... au regard delà proportion de la chaleur de son masle, selon ce que le cours de Nature demende. »
Le Discours d’un auteur incertain, sur la Pierre des Philosophes , conservé à la bibliothèque de l’Arsenal 1 2, compare la naissance de la Pierre à l’enfantement d’une femme :
« Par exemple, dit-il, lorsqu'une femme est sur le poinct d’accoucher, il faut que l’os de la cuisse se
1. Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, Sc. et A., n° 160, in-4°, contenant le Testament, la Pratique et le Codicille, de Raymond Lulle (en français).