Ms. de la Biblioth. de l’Arsenal, déjà cité, p
ALCHIMIE
l’homme engendrent l’homme, le taureau un taureau, là ainsi l’or engendre l’or... Si la semence, le sperme ou le germe est reçeu dans la propre matrice et assisté par l’agent externe, gouverné par un docteur de justice qui le sache administrer, comme requière la matière et selon le temps de son commencement de l’accroissement de l’estât et déclinaison du fœtus, celuy-là peut voir le germe de l’or qui se peut régénérer dans le ventre de sa mère, et sa mère n’est autre chose que l’eau qui arrouse toute la terre.
Selon Valois, « toutes choses sont composées de trois : de terre qui fait le corps, d’eau qui fait l’esprit, et de feu qui fait l’âme. »
Roch Le Baillif 1 s’explique ainsi :
« Aristote dit matière, forme et privation, estre principe de tout ce qui est... Quanta la matière, est celuy divin ouvrage composé de trois principes, sçavoir: soulfre, sel et liqueur. Et hors iceux ne se trouve rien en la matière. Le soulfre est tout ce qui se brusle ; le mercure qui s’en va en l’air et se consume en fumée ; et le reste est le sel. Lesquels séparez, est impossible retrouver la matière en son entier. Car, au soulfre, graisse ou raisiné des choses, n’y a plus de mercure ny de sel ou cendre. Ny le sel n’est plus susceptible du feu, parce qu’il n’y a
I . Le Démostérion, de Roch le Baillif, édelphe, médecin spagiric : auquel sont contenus trois cents aphorismes, sommaire véritable de la médecine paracelsique. Rennes, Pierre le Best, 1578, in-4°, p. 14.
plus de soulfre. Ny en la vapeur en pareil qui n’est que l’eau. Car vapeur retenue est l’humide, auquel n’y a plus de soulfre ny de sel : parquoy ne peult brusler. En tous corps leur effect est tel, que la liqueur, mercure ou humide, donne nourrissement. Le soulfre, graisse ou raisiné, accroissement. Et le sel, chaux ou alkali, tient le tout serré et congelé ensemble. Tellement qu’aux choses où ce principe abonde le plus, plus est la chose ferme, et subjecte à dissolution toutesfois. Et où la liqueur surmonte en nombre, poids et mesures les deux autres, le subject est plus mol. Et si le soulfre les surpasse, il rend le corps sec et tabide. Et, pour bien concevoir l’ordre, fault noter (comme j’ay dict) tout ce qui ha corps consister en iceux trois principes : et iceux prendre force et accroissement de leurs semblables, comme du soulfre de nostre nourrissement se nourrist le soulfre de nos corps, et ainsy des deux autres. »
Selon le seigneur de Grosparmy 1 :
« Le chaos fut divisé en trois parties : de la plus pure, Nostre-Seigneur créa les anges et les archanges, et de la seconde moins pure, il créa les cieux, les étoiles etles planettes, et de la tierce partie, moins pure, il créa la quintessence en une masse appelée la masse confuse , de laquelle masse fut faite la merveilleuse division par la volonté de Nostre-Seigneur et fut divisée par les quatre éléments, et demeura