‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 79 sur 198 · Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, déjà cité, p. St · texte numérisé non relu

Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, déjà cité, p. St

serve au dedans pou de charité et de justice, et qui fait faire toutes choses plustot dans la veuedes hommes que dans celle de Dieu ; ce sont de telles gens que l’Evangile appelle des sépulchres reblanchis; il ne parle point de ceux que le monde appelle bigots : je serais fâché de les avoir offensez, puisqu’on dit qu’ils ne pardonnent point, mais je donnerai pour caractère de la piété saturnine, qu’elle est inséparable de la superbe, de l’ambition, de l’envie et de l’avarice. »

Suivant Meyssonnier 1 :

« Saturne, aussi lunaire en partie et terrestre de plus, sympathizant puissamment avec Mercure, s’insinue aisément par ses influences dans les lieux où l’esprit animal et mercurial se délecte, y esmouvant ce qu’il y a de plus terrestre et salé avec le sereux, qui composent les tartres si différens remarqués par des chimiques, et la mélancholie ou la bile noire, de laquelle parle si fréquemment l’eschole d’Hipocrate et de Galien. C’est pourquov les influences de Saturne avec Vénus et le Soleil sont dangereuses aux mélancholicques, et cecy peut servir beaucoup à la médecine.

«Jupiter, qui est un mélange de Vénus et delà Lune tempérant Mercure, a esté mis entre Saturne et Mars, afin d’empêcher l’excès de leurs actions à troubler l’œnocomie harmonique, quoyqu’apparemment dis-

1. Astrologie véritable, préface des Aphorismes d’astrologie, p. 30.

ASTROLOGIE

cordante du Soleil... C’est pourquoy comme Vénus (ainsi qu’il a esté dit) roule continuellement après Mercure, en l’attendant, ou le suivant d’assés près, pour empêcher l’excès de l’effet de ses vertus adversaires à celles du Soleil en quelque façon ; ainsi fait Jupiter, suivant Mars ou l’attendant, faisant près de trois fois la ronde à l’entour du globe du Soleil, au-dessous de Saturne, pendant un seul de ses périodes, pour amender ce qui y pourrait croupir et former quelque mauvaise disposition , laquelle en après pourrait opprimer les forces du Soleil, qui est comme l’ame de l’estendue planétaire. »

Suivant le comte de Boulainvilliers 1 :

« Si Saturne, que la divine Providence a si fort éloigné de la terre, en étoit aussi proche que la Lune, la terre serait trop froide et trop seiche, les animaux vivraient peu, et les hommes seraient si malicieux, qu’ils ne se pourraient soufrirl'un l’autre... Nous avons une preuve de cette vérité par l’exemple des premiers siècles, dans lesquels les hommes, ne vivant que d’herbes, qui est un aliment terrestre et saturnien, ils se trouvèrent si adonnez au mal, que Dieu fut obligé de les noyer tous; et, les voulant régénérer en la personne de Noë et de ses descendans, il leur permit de manger de la chair des animaux, dont l’aliment est jovial, c’est-à-dire contraire à Saturne. »

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