Ms. de la Bibl. de l'Arsenal, déjà cité, p
les, dit le fameux Agrippa ceux qui sont puants, ténébreux, souterrains, tristes, pieux et funestes, comme les cimetières, les bûchers, les habitations que l’on a abandonnées, les vieilles masures ou lieux prêts à tomber par leur vieillesse, les lieux obscurs et horribles, les antres solitaires, les cavernes, les puits, répondent à Saturne, et, outre cela, les pissines, les étangs, les marais et autres de cette sorte. On attribue à Jupiter tous les lieux privillegiez, les endroits où se tiennent les conseils et assemblées des princes et magistrats, les tribunaux, les chaires, les académies, les écolles et tous les lieux éclatants, nets, et où l’on a répandu différentes odeurs. Mars tient les lieux de feu et de sang, les fournaises, les fours, les boucheries, les croix, les gibets et les lieux où il s’est fait des ruines et des carnages, des guerres ou des exécutions, et autres de cette sorte. Le Soleil tient les lieux clairs, l’air serain, les palais des rois et les cours des princes, les pupitres, les théâtres, les thrones, et tout ce qu’il y a de royal et de magnifique. Vénus possédé et habite les fontaines agréables, les prez verdoyants, les jardins remplis de fleurs, les lits ornez et les mauvais lieux, et, comme des Orphées, les rivages bleus et les bains, les lieux et salles de danse et tout ce qui regarde les femmes. Mercure tient les boutiques, les écoles, les halles et foires de marchands, et autres semblables. La Lune
1. La Philosophie occulte, trad. du latin d’Henri Corneille Agrippa (par Le Vasseur). La Haye, Alberts, 1737, in-8n, t. I, p. 96.
ASTROLOGIE
occupe les déserts, les forets, les rochers, les lieux pierreux, les montagnes, les bois, les fontaines, les eaux, les fleuves, les mers, les rivages et ports; les vaisseaux, divers lieux champêtres et les bocages, et elle tient les chemins publics, les lieux les plus cachez et autres... »
« Se moque qui voudra du tempérament des 7 planètes, dit un autre astrologue, et des inclinations qu’elles influent; mais il n’y a rien déplus certain en la Nature, jusque là que les principaux vices de l’homme ne sont que les effets de ces inclinations portées à l’extrémité et qui répondent merveilleusement aux principes des 7 étoilles errantes. Car la superbe est l’effet du Soleil qui inspire l’ambition ; Favarice est l’excès de Saturne; la luxure est l’emportementdeVénus ; l’envie procède de la subtilité de Mercure et de sa langue médisante. Le bon Jupiter porte les bruteaux à la gourmandise : d’où vient que le vice des valets et des petites gens qui crevent de santé est de trop boire, comme il est constant que les Allemans, les Picards et les Bretons sont jovialistes. Pour la colère, on ne la dispute point à Mars, et la paresse n’appartient pas moins à la Lune qui donne ce tempérament pituiteux, phlegmatique, féminin, et sujet à une langeur et infirmité naturelle. »
On ne sera pas surpris que l’astrologie se soit préoccupée surtout des influences de la Lune qui semble avoir tant de relations secrètes avec le monde terrestre.
« La Lune, dit Agrippa \ s’appelle Phébé, Diane, Lucine, Proserpine, Hécate, qui règle les mois, demiformée; qui éclaire de nuit, errante, sans parole, à deux cornes, conservatrice, coureuse de nuit, portecornes, la souveraine des divinitez, la reine du ciel, la reine des mânes, qui domine sur tous les éléments, à laquelle répondent les astres, reviennent les temps et obéissent les éléments ; à la discrétion de laquelle soutient les foudres, germent les semences, croissent les germes; mere primordiale des fruits, sœur de Phébus, luisante et brillante, transportant la lumière d’une des planètes à une autre, éclairant par sa lumière toutes les divinitez, arrêtant divers commerces des étoiles, distribuant des lumières incertaines à cause des rencontres du Soleil, reine d’une grande beauté, maîtresse des pluyes et des vents, donatrice des richesses, nourrice des hommes, la gouvernante de tous les états ; bonne et miséricordieuse, protégeant les hommes par mer et par terre; modérant les revers de la fortune, dispensant avec le destin, nourrissant tout ce qui sort de terre, courant par divers bois, arrêtant les insultes des phantomes ; tenant les cloitres de la terre fermez, les hauteurs du ciel lumineuses, les courants salutaires de la mer, et gouvernant à sa volonté le déplorable silence des enfers, réglant le monde, foulant aux pieds le Tartare : de laquelle sa majesté fait trembler les oiseaux, qui volent au ciel, les betes sauva-