‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 84 sur 198 · Le Pronosticateur charitable , p · texte numérisé non relu

Le Pronosticateur charitable , p

SCIENCES ^OCCULTES Lune, s’ils vivent, sont faibles, maladifs et languissans, ou sont de peu d’esprit et idiots. Ceux qui sont nays sous la maison de la Lune, qui est le Cancer, sont d’un tempérament flegmatique. »

« La Lune domine, d’après Eteilla sur les comédiens, les joueurs de gibecière, les bouchers, les chandeliers et ciriers, les cordiers, les limonadiers, les cabaretiers, les vuidangeurs, les paulmiers, donneurs à jouer de toute nature, le maître des hautes œuvres, les ménageries d’animaux; et, dans son contraste, sur les joueurs de profession, les espions, les escrocs, les femmes de débauche, les prostitueurs, les filoux, les banqueroutiers, les faux monnoyeurs, et les petites maisons où se rendent les vieux paillards, les gourgandines: c’est-à-dire que la Lune domine sur tous ceux qui sont de métier à travailler la nuit par état jusqu’au soleil levant, ou à vendre des denrées pour la nuit ; et, dans le contraste, elle domine sur tout ce qu’on auroit honte de commettre en plein jour au vu de ceux qui ont des mœurs. Ainsi chaque lecteur, en lisant, doit se rendre facilement compte sous quelle domination il est, etc... Il est bon de noter que la Lune domine aussi sur tous les petits négocians qui ne tirent que des ports de la nation ou de la main des accapareurs, sur les usuriers, les courtiers, les maquignons, les rats de Palais, hommes sans charge, rongeant les clients, et mettant, par leurs astuces, les plus hon-

1 . Manière de se récréer avec le jeu de cartes (4e cahier), par Eteilla. Amsterdam et Paris, chez l’auteur, 1785, in-12, p. 56.

ASTROLOGIE

nestes gens dans le péril de perdre. — Ce n’est pas sans sujet, dit un bon gros paysan, que la Lune est si proche de nous ; si elle étoit aussi éloignée que Saturne, elle ne pourroit pas répondre à tout. »

« Sera doncques pour la fin et conclusion du présent chapitre et discours, dit Mizault *, que la partie utérine des femmes, ou, si vous voulez, la logette en laquelle se forment etjse nourrissent leurs enfans, recognoit les mouvements, changemens et rechangements de la Lune, je ne diray devant et après le temps de leur portée, mais aussi durant icelle et signamment à l’instant de la conception et nativité. Ainsi que l’expérience quotidienne le monstre, conformément à ce qu’en a escrit Ptolomée au 30e aphorisme de ses sentences sur les jugemens astrologiques, jaçoit qu’aucuns le vueillent attribuer à Hermès, autrement appelé Mercure Trismégiste. L’aphorisme donc est tel : Le signe du Zodiaque où logera la Lune à l’heure et instant de la conception, sera celuy mesme qui se présentera et lèvera sur l’horizon à l’heure et instant de la nativité, et le signe auquel est la Lune au temps de la nativité est celuy qui montoit sur l’horizon à l’heure de la conception. Tant est grande l’harmonie entre les trois, savoir est: la Lune, la conception et la nativité. Et de là vient que jadis les femmes qui étoient en travail d’enfant invoquoient Diane ou Lucine, c’est-àdire la Lune en leur aide et secours...

i. Secrets de la Lune, f° 6, v°.

» On void aussi que ceux qui dorment à descouvert soubz !a Lune, ou bien autrement y font longue demeure, communément en rapportent quelque douleur de teste, pesanteur de cerveau, enragé mal de dents, pression des yeux, mal d’oreilles, et défluxions accompagnées de blesme et palissante couleur. Ainsy que je l’ay vu advenir à une jeune demoiselle de singulière grâce et beauté, comme aussy de grande éloquence et érudition, pour son aage. Ladite demoyselle pour descharger quelque rougeur qu’elle avoit au visage outre son gré, fut conseillée, par je ne sçay quelle vieille matrone masqueuse du sexe féminin, qu’il luy convenoit, par quelques nuits, présenter sa face découverte une heure ou deux au clair de la Lune lorsqu’elle seroit en son plein lustre, et le continuer toutes les pleines lunes de l’été. Au bout de quelque temps, elle devint plus pâlie et plus blesme qu’un trépassé, et y gaigna une telle altération et refroidissement de cerveau, accompagné de défluxiQns si violentes et si implacables, de douleurs de teste et de dents si désespérées, qu’il n’y eut pas moyen de l’en guérir. Sept mois après, elle mourut. »

D’après le même auteur, les cheveux coupés au décroissement de la Lune rendent les têtes chauves ; le rayon de la Lune gâte les tapisseries, peintures et maçonneries du côté du midi; les épileptiques sont sujets à la Lune, etc.

Mizault ajoute 1 que « le scarabée, appelé par d’au-

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