‹ Curiosites et anecdotes italiennes--Chapitre 31 sur 53 · LES JARDINS FARNÈSE A LA FRANCE · texte numérisé non relu

LES JARDINS FARNÈSE A LA FRANCE

Les jardins Farnèse sur le Mont-Palatin , cette espèce de marais mal cultivé, abandonné à la négligence napolitaine, contenaient une partie de la demeure d'Auguste, la fameuse bibliothèque grecque et latine fondée par lui, et le temple d'Apollon y attenant, une autre partie du palais de Tibère , de Galigula , et de la fameuse maison dorée de Néron. Le pape Paul III (Farnèse), érudit et poète, fit construire sur cet emplacement et avec une partie des immenses débris du palais des Césars, une délicieuse villa du dessin de Vignole, qui elle-même n'est aujourd'hui qu'une autre sorte de ruine. Ces lieux si grands par l'histoire et par l'art , ce Palatin, la plus illustre des sept collines, à la fois le berceau et le trône de Rome, auraient pu, en 1815, passer à la France et devenir sa propriété. Le cav. Medici, ministre des finances de Naples, dont le général Colletta a fort contesté la science économique, mais qu'il regarde comme le premier banquier du siècle, homme assez peu poétique et littéraire1, malgré la beauté de son nom, offrit de les céder comme témoignage de la reconnaissance de son souverain pour les

i M. Colletta lui attribue la réponse suivante à la députation des libraires qui étaient venus réclamer contre l'impôt exorbitant mis sur les livres étrangers, et qui lui faisaient observer que, par son excès même, l'impôt rendait moins. « Le but de cet impôt, aurait dit le cav. Medici, n'est pas le profit du fisc, mais l'ignorance du peuple, et votre argument vient à l'appui de la loi. » Il est difficile d'admettre cet aveu public du système de l'ignorance , chez un homme qui ne manquait pas de sens. J'ai ouï raconter à Naples une repartie plus gaie , si elle n'est plus raisonnable : « Si les ouvrages sont bons , ils ne sauraient être payés trop cher; et s'ils sont mauvais, il vaut mieux les empêcher d'entrer. »

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