‹ Curiosités littéraires et pages inconnues, H. de BalzacChapitre 6 sur 29 · PLAN DE CE TRAITE · texte numérisé non relu

PLAN DE CE TRAITE

J'arrive de Pierrefond où je suis allé voir mon oncle : il est riche, il a des chevaux, il ne sait seulement pas ce que c'est qu'un tigre^ un groom^ un britschka^ et va encore dans un cabriolet à pompe !...

— Hé quoi ! s'écria tout à coup notre honorable ami L. M. en déposant sa pipe entre les bras d'une Fênus à la tortue qui décore sa cheminée ; hé quoi ! s'il s'agit de l'homme en masse, il y a le code du droit des gens ; d'une nation, code politique; de nos intérêts, code civil; de nos différents, code de procédure ; de notre liberté, code d'instruction ; de nos égarements, code pénal ; de l'industrie, code du commerce ; de la campagne, code rural ; des soldats, code militaire ; des nègres, code noir ; de nos bois, code forestier ; de nos coquilles pavoisées, code maritime... Enfin nous avons tout formulé, depuis le deuil de cour, depuis la quantité de larmes que nous devons verser pour un roi, un oncle, un cousin, jusqu'à la vie et le pas d'un cheval d'escadron...

— Hé bien ! quoi ? lui dit E. de G., en ne s'apercevant pas que notre honorable ami reprenait haleine.

— Hé bien ! repliqua-t-il, quand ces codes-là ont été faits, je ne sais qu'elle épizootie (il voulait dire épidémie) a saisi les cacographes, et nous avons été inondés de codes... La politesse, la gourmandise, le théâtre, les hon-

nêtes gens, les femmes, l'indemnité, les colons, l'administration, tout a eu son code. Puis la doctrine de Saint- Simon a dominé cet océan d'ouvrages, en prétendant que la codification (voyez l'Organisateur)^ était une science spéciale. Peut-être le typographe s'est-il trompé et n'a-t-il pas bien lu caudification^ de cauda^ queue ?... mais n'importe...

— Je vous demande, ajouta-t-il en arrêtant un de ses auditeurs et le tirant par un bouton, n'est-ce pas un vrai miracle que la vie élégante n'ait pas trouvé de législateurs parmi tout ce monde écrivant et pensant ? Ces manuels, même ceux du garde champêtre, du maire et du contribuable, ne sont-ils pas des fadaises auprès d'un traité sur la MODE ? La publication des principes qui rendent la vie poétique n'est-elle pas d'une immense utilité? Si, en province, la plupart de nos fermes, closeries, borderies, maisons, métairies, bordages, etc., sont de véritables chenils ; si le bestial, et surtout les chevaux, obtiennent en France un traitement indigne d'un peuple chrétien ; si la science du confortable, si le briquet, de l'immortelle fumade^ si la cafetière de Lemare, si les tapis à bon marché sont inconnus à soixante lieues de Paris, il est bien certain que ce manque général des plus vulgaires inventions dues à la science moderne vient de l'ignorance dans laquelle nous laissons croupir la petite propriété ! L'élégance se rattache à tout. Elle tend à rendre une nation moins pauvre, en lui inspirant le goût du luxe, car un grand axiome est certes celui-ci:

1 Journal publié en 1829 par Enfantin, Armand Bazard, Benjamin Bûchez et consacré à l'exposition des doctrines de Saint-Simon.

La fortune que l'on acquiert est en raison des besoins que l*on se crée.

Elle donne (toujours l'élégance) un aspect plus pittoresque à un pays, et perfectionne l'agriculture; car des soins apportés aux vivres, au couvert des animaux, dépend la beauté des races et de leurs produits. Or, allez voir dans quels trous les Bretons logent leurs vaches, leurs chevaux, leurs moutons et leurs enfants, et vous avouerez que, de tous les livres à faire, un traité sur l'élégance est le plus philanthropique et le plus national. Si un ministre a laissé son mouchoir et sa tabatière sur la table de Louis XVIII, si les miroirs dans lesquels un jeune élégant se fait la barbe, chez un vieux campagnard, lui donnent l'air d'un homme prêt à tomber en apoplexie, et si enfin votre oncle va encore dans un cambriolet à pompe, c'est assurément faute d'un ouvrage classique sur la mode !... Notre honorable ami parla longtemps et très bien avec cette facilité d'élocution que les envieux nomment bavardage ; puis il conclut en disant : " L'élégance dramatise la vie... "

Oh ! alors, ce mot éveilla un hourra général. Le sagace E. de G. prouva que le drame ne pouvait guère

ressortir de runiformité imprimée par l'élégance aux mœurs d'un pays, et, mettant en regard l'Angleterre et l'Espagne, il démontra sa thèse en enrichissant son argumentation des couleurs locales, que lui fournirent les habitudes des deux contrées. Enfin il termina ainsi :

— Il est facile. Messieurs, d'expliquer cette lacune dans la science. Hé ! quel homme jeune ou vieux serait assez hardi pour assumer sur sa tête une aussi accablante responsabilité ? Pour entreprendre un traité de la vie élégante, il faudrait avoir un fanatisme d'amour-propre inimaginable : car ce serait vouloir dominer les personnes élégantes de Paris, qui elles-mêmes, tâtonnent, essaient et n'arrivent pas toujours à la grâce.

En ce moment, d'amples libations ayant été faites en l'honneur de la fashionable déesse du thé, les esprits s'étaient élevés au ton de l'illuminisme. Alors un des plus élégants ^ rédacteurs de la mode se leva en jetant un regard de triomphe sur ses collaborateurs :

— Cet homme existe, dit-il.

Un rire général accueillit cet exorde, mais le silence de l'admiration y succéda bientôt quand il eut ajouté :

— Brummel !... Brummel est à Boulogne, banni de l'Angleterre par de trop nombreux créanciers oublieux des services que ce patriarche de la fashîon a rendus à sa patrie !...

Et alors la publication d'un traité sur la vie élégante parut facile et fut unanimement résolue comme étant un grand bienfait pour l'humanité, comme un pas immense dans la vie des progrès.

• Ici Télégance s'applique au costume. {Note de Balzac).

Il est inutile d'ajouter que nous devons à Brummel les inductions philosophiques par lesquelles nous sommes arrivé à démontrer, dans les deux précédents chapitres, combien la vie élégante se liait fortement à la perfection de toute société humaine : les anciens amis de cet immortel créateur du luxe anglais auront, nous l'espérons, reconnu la haute philosophie à travers la traduction imparfaite de ses pensées.

Il nous serait difficile d'exprimer le sentiment qui s'empara de nous lorsque nous vîmes ce prince de la mode : c'était tout à la fois du respect et de la joie.

Comment ne pas se pincer épigrammatiquement les lèvres, en voyant l'homme qui avait inventé la philosophie des meubles, des gilets, et qui allait nous léguer des axiomes sur les pantalons, sur la grâce et sur les harnais ?

Mais aussi comment ne pas être pénétré d'admiration, pour le plus intime ami de Georges IV, ^ pour le fashionable qui avait imposé des lois à l'Angleterre, et donné au prince de Galles ce goût de toilette et de confort abilisrne qui valut tant d'avancement aux officiers bien vêtus ? ' N'était-il pas une preuve vivante de l'influence exercée par la mode ? Mais quand nous pensâmes que Brummel avait, en ce moment, une vie pleine d'amertume, et que Boulogne était son rocher de Sainte Hélène, tous nos

' Brummel conseillait Georges IV dans le choix de ses vêtements, de ses meubles et de ses objets d'art. Il était admis dans son intimité, mais Georges IV s'en sépara, dit-on, pour un mot trop familier du dandy : " Wal ring the bell ! " (Galles tire la sonnette !)

* Quand Georges IV voyait un militaire mis avec soin, il manquait rarement de le distinguer et de l'avancer. Aussi recevait-il fort mal les gens sans élégance. (Note Je Balx.ac).

sentiments se confondirent dans un respectueux enthousiasme.

Nous le vîmes au moment de son lever. Sa robe de chambre portait l'empreinte de son malheur, mais, tout en s*y conformant, elle s'harmonisait admirablement avec les accessoires de l'appartement. Brummel, vieux et pauvre, était toujours Brummel : seulement un embonpoint égal à celui de George IV avait rompu les heureuses dispositions de ce corps modèle, et l'ex-dieu du dandysme portait une perruque !... Effrayante leçon !... Brummel ainsi !... N'était-ce pas Shéridan ivre-mort au sortir du parlement ou saisi par les recors ?

Brummel en perruque; Napoléon en jardinier; Kant en enfance ; Louis XVI en bonnet rouge et Charles X à Cherbourg !... Voilà les cinq plus grands spectacles de notre époque.

Le grand homme nous accueillit avec un ton parfait. Sa modestie acheva de nous séduire. Il parut flatté de l'apostolat que nous lui avions réservé, mais, tout en nous remerciant, il nous déclara qu'il ne se croyait pas assez de talent pour accomplir une mission aussi délicate.

— Heureusement, nous dit-il, j'ai pour compagnons à Boulogne quelques gentlemen d'élite, conduits en France par la manière trop large dont ils concevaient à Londres la vie élégante... Honneur au courage malheureux ! ajouta-t-il en se découvrant et nous lançant un regard aussi gai que railleur.

Alors, reprit-il, nous pourrons former ici un comité assez illustre, assez expérimenté, pour décider en dernier ressort des difficultés les plus sérieuses de cette vie, si

frivole en apparence, et, lorsque vos a?nis de Paris auront admis ou rejeté nos maximes, espérons que votre entreprise prendra un caractère monumental !

Ayant dit, il nous proposa de prendre le thé avec lui. Nous acceptâmes. Une mistress élégante encore, malgré son embonpoint, étant sortie de la chambre voisine pour faire les honneurs de la théière, nous nous aperçûmes que Brummel avait aussi sa marquise de Conyngham^. Alors le nombre seul des couronnes pouvait le distinguer de son royal ami Georges IV. Hélas ! ils sont maintenant ambo pares^ morts tous deux, ou à peu près.

Notre première conférence eut lieu pendant ce déjeuner, dont la recherche nous prouva que la ruine de Brummel serait une fortune à Paris.

La question dont nous nous occupâmes était une question de vie ou de mort pour notre entreprise.

En effet, si le sentiment de la vie élégante devait résulter d'une organisation plus ou moins heureuse, il s'ensuivait que les hommes se partageaient, pour nous, en deux classes : les poètes et les prosateurs, les élégants et le commun des martyrs : partant, plus de traité, les premiers sachant tout, les derniers ne pouvant rien apprendre.

Mais, après la plus mémorable des discussions, nous vîmes surgir cet axiome consolateur :

Quoique l'élégance soit moins un art qu'un sentiment, elle provient également d'un instinct et d'une habitude.

1 Une des dernières maîtresses de Georges IV, femme de Henry Conyngham.

— Oui ! s'écria sir William Crad...k, le compagnon fidèle de Brummel, rassurez la population craintive des countrygentlemen (petits propriétaires), des marchands et des banquiers... Tous les enfants de l'aristocratie ne naissent pas avec le sentiment de l'élégance, avec le goût qui sert à donner à la vie une poétique empreinte ; et cependant l'aristocratie de chaque pays s'y distingue par ses manières et par une remarquable entente de l'existence ! — Quel est donc ce privilège ? — L'éducation, l'habitude. Frappés dès le berceau de la grâce harmonieuse qui règne autour d'eux, élevés par des mères élégantes dont le langage et les mœurs gardent toutes les bonnes traditions, les enfants des grands seigneurs se familiarisent avec les rudiments de notre science, et il faut un naturel bien revêche pour résister à un constant aspect de choses véritablement belles. Aussi le spectacle le plus hideux pour un peuple est-il un grand tombé au-dessous d'un bourgeois.

Si toutes les intelligences ne sont pas égales, il est rare que nos sens ne soient pas égaux : car l'intelligence résulte d'une perfection intérieure : or, plus nous élargissons la forme, et plus nous obtenons d'égalité : ainsi, les jambes humaines se ressemblent bien mieux que les visages, grâce à la configuration de ces membres, qui offrent des lignes étendues. Or l'élégance, n'étant que la perfection des objets sensibles, doit être accessible à tous par l'habitude. L'étude peut conduire un homme riche à porter des bottes et un pantalon aussi bien que nous les portons nousmêmes, et lui apprendre à savoir dépenser sa fortune avec grâce... Ainsi du reste.

Brummel fronça légèrement le sourcil. Nous devi-

nâmes qu'il allait faire entendre cette voix prophétique à laquelle obéissait naguère un peuple de riches.

— L'axiome est vrai, dit-il, et j'approuve une partie des raisonnements dus à l'honorable préopinant, mais j'improuve fortement de lever ainsi la barrière qui sépare la vie élégante de la vie vulgaire, et d'ouvrir les portes du temple au peuple entier.

Non ! s'écria Brummel en frappant du poing sur la table, non, toutes les jambes ne sont point appelées à porter de même une botte ou un pantalon... Non, milords. N'y a-t-il pas de boiteux, de gens contrefaits ou ignobles à toujours ? Et n'est-ce pas un axiome que cette sentence mille fois prononcée par nous dans le cours de la vie :

xir

Rien ne ressemble moins à l'homme qu'un homme!

— Donc, reprit-il après avoir consacré le principe favorable qui laisse aux catéchumènes de la vie élégante l'espoir de parvenir à la grâce par l'habitude, reconnaissons aussi les exceptions, et cherchons-en les formules de bonne foi.

Après bien des efforts, après de nombreuses observations savamment débattues, nous rédigeâmes les axiomes suivants :

Il faut avoir été au moins jusqu'en rhétorique pour mener une vie élégante.

Sont en dehors de la vie élégante les détaillants, les gens d'affaires et les professeurs d'humanités.

L'avare est une négation.

Un banquier arrivé à quarante ans sans avoir déposé son bilan, ou qui a plus de trente-six pouces de tour, est le damné de la vie élégante: il en verra le paradis sans jamais y entrer.

L'être qui ne vient pas souvent à Paris ne sera jamais complètement élégant.

L'homme impoli est le lépreux du monde fashionable ^

— - Assez ! dit Brummel. Si nous ajoutions un seul aphorisme, ce serait rentrer dans l'enseignement des principes généraux qui doivent être l'objet de la seconde partie du traité.

Alors il daigna poser lui-même les limites de la science en divisant ainsi notre ouvrage :

— Si vous examinez avec soin, dit-il, toutes les traductions matérielles de la pensée dont se compose la vie élégante, vous serez sans doute frappés, comme moi, du rapprochement plus ou moins intime qui existe entre certaines choses et notre personne. Ainsi la parole, la démarche, les manières, sont des actes qui procèdent immédiatement de l'homme, et qui sont entièrement soumis aux lois de l'élégance. La table, les gens, les chevaux, les voitures, les meubles, la tenue des maisons, ne dérivent, pour ainsi dire, que mêdiatement de l'individu. Quoique ces accessoires de l'existence portent également le cachet de l'élégance que nous imprimons à tout ce qui procède de nous, ils semblent en quelque sorte éloignés du siège de

' La connaissance des lois les plus vulg-aires de la politesse étant un des éléments de notre science, nous saisissons cette occasion de rendre un hommage public à M. l'abbé Gaultier * dont l'ouvrage sur la politesse doit être considéré comme l'œuvre la plus complète en cette matière et comme un admirable traité de morale. Ce petit livre se trouve chez J. Renouard. {Note de Balzac).

* L'abbé Gaultier (1725-1818) écrivit de nombreux ouvrages de pédagogie, parmi lesquels : Traits caractéristiques d^une mauvaise éducation ou actions et discours contraires h la politesse et regardés comme tels par les moralistes tant anciens que modernes [PariSj 1812).

la pensée, et ne doivent occuper que le second rang dans cette vaste théorie de l'élégance. N'est-il pas naturel de refléter la grande pensée qui meut notre siècle dans une œuvre destinée ' peut-être à réagir sur les mœurs des ignorantins de la fashïon P Convenons donc ici que tous les principes qui se rattacheront immédiatement à l'intelligence auront la première place dans les distributions de cette encyclopédie aristocratique.

Cependant, messieurs, ajouta Brummel, il est un fait qui domine tous les autres. L'homme s'habille avant d'agir, de parler, de marcher, de manger. Les actions qui appartiennent à la mode, le maintien, la conversation, etc., ne sont jamais que les conséquences de notre toilette. Sterne, cet admirable observateur, a proclamé de la manière la plus spirituelle que les idées de l'homme barbifié n'étaient pas celles de l'homme barbu. Nous subissons tous l'influence du costume. L'artiste en toilette ne travaille plus. Vêtue d'un peignoir ou parée pour le bal... une femme est bien autre : vous diriez deux femmes !

Ici Brummel soupira.

— Nos manières du matin ne sont plus celles du soir, reprit-il. Enfin, Georges IV, dont l'amitié m'a si fort honoré, s'est bien certainement cru plus grand le jour de son couronnement que le lendemain. La toilette est donc la plus immense modification éprouvée par l'homme social, elle pèse sur toute l'existence. Or, je ne crois pas violer la logique en vous proposant d'ordonner ainsi votre ouvrage :

Après avoir dicté, dans votre seconde partie, les lois générales de la vie élégante, reprit-il, vous devriez con-

sacrer la troisième aux choses qui procèdent immédiatement de l'individu, et mettre la toilette en tête. Enfin, selon moi, la quatrième partie serait destinée aux choses qui procèdent immédiatement de la personne, et que je regarde comme des accessoires.

Nous excusâmes la prédilection de Brummel pour la toilette : elle avait fait sa gloire. C'est peut-être l'erreur d'un grand homme, mais nous n'ôsames pas la combattre, au risque de voir cette heureuse classification rejetée par les élégantologistes de tous les pays. Nous résolûmes de nous tromper avec Brummel.

Alors les matières à traiter dans la seconde partie furent adoptées à l'unanimité par cet illustre parlement de modiphiles, sous le titre de Principes Généraux de la vie élégante.

La troisième partie, concernant les choses qui procèdent immédiatement de la personne, fut divisée en plusieurs chapitres.

La première comprendra la toilette dans toutes ses parties. Un premier paragraphe sera consacré à la toilette des hommeSy un second à la toilette des femmes; un troisième offrira un essai sur les parfums^ sur les bains, sur la coiffure.

Un autre chapitre donnera une théorie complète de la démarche et du maintien.

Un de nos meilleurs amis, M. E. Sue \ aussi remarquable par l'élégance de son style et l'originalité de ses

^ Eugène Sue collaborait à la Mode : il avait publié clans la première année (1829) quelques essais : Alexandrie {^'^ livraison), Des soupers au XIX" siècle (8'' livr.).

aperçus que par un goût exquis des choses, par une merveilleuse entente de la vie, nous a promis la communication de ses remarques pour un chapitre intitulé : De r impertinence considérée dans ses rapports avec la morale^ la religion^ les arts et la littérature.

La discussion s'échaufFa sur les deux dernières divisions. Il s'agissait de savoir si le chapitre des Manières devait passer avant celui de la Conversation.

Brummel mit fin au débat par une improvisation que nous avons le regret de ne pouvoir communiquer en entier. Il termina ainsi :

— Messieurs, si nous étions en Angleterre, les actions passeraient nécessairement avant la parole, car mes compatriotes sont assez généralement taciturnes : mais j'ai eu l'occasion de remarquer qu'en France vous parliez toujours beaucoup avant d'agir.

La quatrième partie, consacrée aux accessoires, comprendra les principes qui doivent régir les appartements, les meubles, la table, les chevaux, les gens, les voitures, et nous terminerons par un traité sur Part de recevoir^ soit a la ville ^ soit a la campagne^ et sur V art de se conduire chez, les autres.

Ainsi nous aurons embrassé l'universalité de la plus vaste de toutes les sciences : celle qui embrasse tous les moments de notre vie, qui gouverne tous les actes de notre veille et les instruments de notre sommeil : car elle règne encore même pendant le silence des nuits.

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