LE POTAGE AUX HANNETONS
0 temps des grands amours, ô jeunesse passée ! Le petit restaurant était au fond des bois, Quel calme !... Dans la soupe aussitôt que versée, Ln lot de hannetons s'abattait chaque fois.
On les sentait craquer sous la dent agacée, Leurs pattes du palais éraflaient les parois ; Comme un fil de la Vierge, en la masse écrasée, Uo long boyau filant s'enroulait à nos doigts.
A ous en souvenez-vous, ô ma maîtresse blonde,
Combien l'odeur était acre et nauséabonde ?
Et ce goût, qui toujours, vingt-quatre heures vous suit..
Ce sont des jours pourtant que je pleure, Madame, Et leur souvenir tremble au lointain de mon âme, Comme une pure étoile en l'ombre de la nuit!