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PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX A SANG BLANC

Je réunis, dans cet article, les travaux (1) de M. Cuvier qui se rapportent à l'anatomie et à la physiologie des animaux à sang blanc, ou, à parler

plus exactement, des animaux sans vertèbres.

Haller avait déjà donné l'exemple de l’application de l'anatomie comparée à la physiologie. Mais cet exemple fut peu suivi.

On le voit par Bichat. Ses Recherches sur la vie et lamort sont le plus brillant résumé de la physiologie du dix-huitième siècle; et la science s’y trouve réduite, d'une part, à l'étude de l’homme,

(1) Mémoires pour servir à l’histoire et à l’anatomie des mollusques. 1817. — Mémoire sur la manière dont la nutrition se fait dans les insectes. 1799. — Mémoire sur les vers à sang rouge, dans lequel l’auteur réunit ces vers en une classe distincte. 1802. — Mémoire sur l’organisation de la méduse. 1800.

CRE ete OCT AT

PHYSIOLOGIE DES ANIM. À SANG BLANC. 163 - et, de l’autre, à quelqnes expériences faites sur les animaux les plus voisins de l'homme.

Les travaux de M. Cuvier sur les animaux à sang blanc ouvrent une physiologie nouvelle.

| Mollusques. |

Parmi ces travaux, le plus important par ses résultats comme par son étendue, est celui qui a pour objet les mollusques.

L'organisation de ces animaux, dont l'anatomie était si peu connue avant M. Cuvier que Linnæus les confondait, ainsi que nous l’avons vu (1}, avec les polypes et les meduses, est très compliquée.

Ils ont toujours une circulation double; cette fonction est toujours aidée par un ventricule Charnu, par un cœur, quelquefois par deux, quelquefois par trois. Ils ont de véritables glandes conglomérees : un foie, des glandessalivaires, etc.; plusieurs ont des yeux, quelques-uns, les céphalo- | podes, des yeux aussi compliqués que ceux des

(1) Ci-devant : Éloge historique, p. 7; et chapitre sur la

animaux vertébrés ; ces mêmes céphalopodes ( le | poulpe, la seiche, etc.) ont un organe de l'ouïe, un cerveau entouré d'une boîte causer parti=@ culière, etc.

Les travaux de M. Cuvier ont donné, pour la première fois, une idée des modifications remarquables qu'éprouvent les organes et les fonctions

dans l'embranchement des mollusques.

Le système nerveux est le même pour tous les mollusques : c’est en effet, la forme du système nerveux qui détermine, ainsi que Je l’ai déjà dit; ces orandes et premières divisions du règne animal que M. Cuvier nomme les embranchements.

Le mollusque est, en tout, le contre-pied de | l'animal articulée, et particulièrement de l’ansecte. « Tout, dans l’2nsecte, semble fait pour la vie de relation, pour les sens, pour les instincts, pour les mouvements. | |

Tout semble fait, dans le mo/lusque, pour la vie organique. a L'ensectese soutient et remplit son rôle dans l'é-

| PHYSIOLOGIE* DES ANIM. A SANG BLANC. 165 conomie générale de l'univers par ses merveilleuses industries, objet des études de Réaumur, deBonnet, de De Geer; le mol/lusque à des instincts peu développés , il a peu d'industrie, 1l ne se défend et ne se soutient que par la ténacité de sa vie.

Et toutes ces difiérences de structure générale,

d'instincts, d'habitudes, etc., que donne l’obser-

vallon, la comparaison directe des systèmes ner-

veux de l’ensecte et du mollusque aurait pu les

donner à priori.

"Le système nerveux de l’énsecte est surtout un système nerveux des sens et des mouvements. Le système nerveux du mollusque est surtout un système nerveux des viscères.

Dans l'insecte, un premier ganglion, placé au dessus de l’'œsophage, représente le cerveau. D’autres ganglions, placés au-dessous du canal disestif, et régnant, d'espace en espace, le long d'un double cordon nerveux, représentent la moelle épinière.

Dans le mollusque , il n'y a point de moelle épinière. À l'exception du ganglion supérieur ou

166 ANATOMIE COMPABÉE.

cervean, et de quelques autres, dont la position" est constante, les divers ganglions sont dispersés « en différents points du corps, et mêlés parmi les LA viscères. | | $

En un mot, si l’on se règle par les viseères, par la circulation, par les sécrétions, etc., le mollusque à l'avantage sur l’insecte et prend rang après l'animal vertebre ; et si l’on se règle, au contraire, par le système nerveux, par les sens, par les in= . stincts, etc., l'ensecte vient après l'animal tertébre et se place avant le mo/lusque.

Sous un système nerveux, qui seul ne varie pas,

du moins dans sa forme générale, les mollusques offrent toutes les sortes de digestion, de génération, etc.; une respiration tantôt aquatique, tantôt aérienne; des organes respiratoires placés, tour à tour, sur presque toutes les parties du corps, etc., etc.

La respiration se fait tantôt par des poumons, tantôt par des branchies placées à l'extérieur, tantôt par des branchies renfermées dans une Cavité, dans un sac, etc,

PHYSIOLOGIE DES ANIM. A SANG BLANG. 167 Les céphalopodes (les poulpes , les seiches , les calmars, etc.) ont leurs branchies renfermées dans un sac.

Plusieurs gastéropodes ont des poumons (le colimaçon, la Zimace, la parmacelle, etc.); d’au- . tres ont des branches (les tritonies, les doris, les . phyllidies, les patelles, etc.). Et ces branchies | prennent, tour à tour, les positions les plus variées : les érifontes, les thétys, etc., les ont rangées sur deux lignes tout le long du dos; les

doris les ont rangées en cercle autour de l’a-

: nus, etc.

Tous les acéphales respirent par des branches. … Dans l’Auitre, dans la moule d'étang, etc., les - hranchies forment quatre feurllets distincts, etc., Dutc.

La cireulation offre des modifications plus re- F marquables encore.

Les céphalopodes ont trois cœurs , un aortique, et deux pubhnonaires ; et ces trois cœurs sont sé parés l’un de l'autre : l'aortique est placé sur la ligne médiane du corps, et chacun des cœurs pulmonaires à la base de chaque branchie,

cavité veineuse: ce sont trois cavités artérielles, «

Mais aucun de ces cœurs n’a d’orerllette ou de.

ou ventricules. À

Les gastéropodes n’ont qu’un seul cœur, mais 1 complet, c'est-à-dire composé d’une oreillette et « d'un ventricule. Et cette circulation des gastéro-. podes à cœur unique est, de tout point, l'inverse . de celle des porssons, Le cœur unique des pois-. sons reçoit le sang du corps pour le porter aux poumons (1), c'est un Cœur pulmonaire; celui des gasteropodes, au contraire, reçoit le sang des poumons pour le porter au Corps, c'est un cœur aortique.

Le cœur de tous les mollusques, quand 1] n’y. en à qu'un, est toujours aortique.

Celui de plusieurs acéphales à deux orerllettes; celui des ptéropodes n’en a qu’une comme celui des gasteropodes; les brachiopodes ont deux cœurs

aortiques et séparés, etc., etc.

L'embranchement des mollusques offre donc

autant de modifications dans les organes de la.

(1) Poumons, ou plus exactement, branchies : poum 2 est ici terme générique et synonyme d’organe respiratoires

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