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servâtions, tous les faits? et n'avait-il pas aussi, pour rassembler les observations et généraliser les faits, un génie admirable ?
Assurément, BuiTon est grand même par ses systèmes ; car, à tout prendre, j'aime mieux une conjecture qui élève mon esprit qu*un fait exact qui le laisse à terre, et j'appellerai toujours grande la pensée qui me fait penser.
C'est là le génie de BufTon, et le secret de sa puissance : c'est qu'il a une force qui se communique ; c'est qu'il ose, et qu'il inspire à son lecteur quelque chose de sa hardiesse ; c'est qu'il met partout sous mes yeux le courage des grands efforts, et qu'il me le donne.
«Tout système, ditBuffon, n'est qu'une combinaison raisonnée, une ordonnance des choses ou des idées qui les représentent, et c'est le génie seul qui peut faire cette ordonnance, c'est-à-dire un système en tout genre, parce que c'est au génie seul qu^l appartient de généraliser les idées particulières, de réunir toutes les vues en un faisceau de lumière, de se faire de nouveaux aperçus, de saisir les rapports fugitifs, de rap-prêcher ceux qui sont éloignés, d'en former de nouvelles analogies, de s'élever enfin assez haut et de s'étendre assez loin pour embrasser à la fois tout l'espace qu'il a rempli de sa pensée ; c'est ainsi que le génie seul peut former un ordre
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systématique des choses et des faits, de leurs combtnaisoas respectives, de la dépendance des causes et des effets ; de sorte que le tout rassemblé, réuni, puisse présenter & Tesprit un grand tableau de spéculations suivies, ou du moins un vaste spectacle dont toutes les scènes se lient et se tiennent par des idées conséquentes et des faits assortis ^ »
Buffon est donc grand et très grand jusque dans ses systèmes ; et pourquoi? Lui-même nous l'explique, et vient de le dire : c'est qu'il s'élève assez haut et s'étend assez loin pour remplir tout r espace de sa pensée.
Cependant, quelque belle que soit la pensée qui nous donne le spectacle des spéculations suivies, la pensée qui nous donne le spectacle des vérités découvertes est plus belle encore, et toutes les hypothèses de Buffon ne vaudront jamais une seule de ses grandes lois expérimentales.
On a vu ce chapitre où Buffon pose la loi qui sépare les animaux des deux continents : c'est en comparant, un & un, sans hypothèse, sans con* jecture, sans système, tous les animaux connus des deux mondes, que Buffon a découvert cette loi.
C'est aussi en comparant, un & un, tous les
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animaux vivants à tous les animaux fossiles, que M. Cuvier a découvert la loi des espèces perdues. L& sont les deux grandes lois de la nature vivante ; et c'est la méthode expérimentale qui les
a données.
Et puisque enfin le problème était d'arriver jusqu'à ces deux lois, bases de toute une histoire naturelle nouvelle , je demande ce qu'auraient fait pour cela des systèmes.