‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 7 sur 265 · DE LA MÉTHODE CONSIDÉRÉE EN SOI · texte numérisé non relu

DE LA MÉTHODE CONSIDÉRÉE EN SOI

Méthodes rationnelles. — Méthodes empiriques.

La méthode est une partie de la logique; c'est le rapprocheraent des choses semblables, et Técartement des choses dissemblables. Réunir les choses à considérations communes, séparer les choses à considérations opposées, c'est tout Tart, toute la méthode.

On a donc toujours eu des viétliodes^ surtout en histoire naturelle où le nombre des objets est si grand.

Buffon a beau se révolter contre les méthodes : à mesure que, passant des quadrupèdes aux oiseaux^ il voit le nombre des espèces s'accroître, il fait lui-même des rapj)rochements méthodiques^ il rapproche les espèces semblables, il fait des (genres : « il se souuiel taciteipent, iit M, Cuvier,

>IKTHODE. 157

a à la nécessité où nous sommes tous de classer « nos idées pour nous en représenter clairement a l*ensemble. »

Aristote avait déjà une méthode, et même excellente, du moins pour \q^ classes {\), Il savait que les cétacés sont des mammifères (2) ; il distingue, dans les animaux à sang blanc, les mollusques, les crustacés, les insectes, et«. (3).

(1) Voici le bel éloge que M. Gavier lal-roéme a faU, dans ane occasion solennelle, des principes d' Aristote.

• Loin de nous, dit-il, l'idée de rien ôter à la gloire du

• grand phUosophe que ntfus rappelons. Nous pensons uu

• contraire qu'il faut faire revivre ses principes, si l'on veut

• donner i l'histoire naturelle toute sa perfecUon , et nous « voyons avec satisfaction qu'Us commencent, en elTet, à

• revivre. • Rapport historiqfte sur les progrès des sciences naiureUes, eU. Chose étonnante ! Aristote avait déjà trouvé les grands principes de la science, U y a vingt siècles ; et, pour retrouver ces principes, il faut venir à Cuvier.

ft) • Le dauphin, dit-il, a des mamelles, et le petit telle la mère. » Histoire des animaux, liv. 11. Les dillVienrcs extérieures no lui manquent pas les resyemlijnnccs iiihiiirs; il met le serpent, qui n'a pas de membres, A côlé du lézard, qoi en a. « Le serpent ressemble en tout, dit-il, au lézard, m en supposant au lézard plus de longueur, cl en lui reIran- « chant les pieds. » Ibîd.

(3) Seulement l'enveloppe pierreuse des coquillages lui fait illusidn ; it uus quatre rla^ëc^ natuicllcs drs molluiques,

158 ZUOLOUIE.

Après la renaissance des lettres, on mécontenta d'abord de la méthode d'Aristote ; mais on sentit bientôt qu'il fallait l'étendre.

L'histoire naturelle se résout toujours en des objets spécifiques, La méthode ne sert donc réellement qu'autant qu'elle conduit à IVspècé». Et puisqu'elle doit conduire à X espèce^ il faut nécessairement qu'elle embrasse toutes les espèces.

Avant Linnœus on s'arrêtait, dans plusieurs classes, aux genres; dans d'autres classes^ on allait jusqu'aux espèces^ mais on ne parlait que de quelques-unes.

Linnaeus voulut que la méthode, ce catalogue distinct?/ des élres, les embrassât tous. On ne négli^^ea donc plus aucune espèce; on les étudia toutes, indépendamment de leur taille, de leur grandeur, de leur utilité relative; on les nomma

des crustacés, des insectes et des zoophytes, il joint mal à propos celle des testacés. Aa reste, une lecture attenUve du livre d'Aristote y fait découvrir, avec étonnement, une foule de noUons justes, même dans ce qu'on pourrait appeler l'anatomie de détail. « L'oreiilc, dit-il, n'a point d'ouverture « dans le cerveau, mnis dans le palais de la bouche. • JUis^ toire des animaux, liv. 1. C'était indiquer évidemment la trompe d'EuslacLe.

Page 1