‹ Cyprien le vendu, comédievaudeville en un acteChapitre 18 sur 26 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, LE COLONEL, A la fenêtre du pavillon.

FLEURY

Eh bien ! je vous dirai en confidence que malgré ses qualités, sa jolie figure et sa taille de nymphe, cette jeune fille n’a pu encore...

LE COLONEL, A part.

Que dit-il?

PAULIN

Et pourquoi Tépouscs-tu alors?

FLEURY

Ah! c'est une autre affaire , écoutez :

An >lu Pnatlllon Franc-Conifoit.

Ne croyez pas Que la jeune femme,

Séduise mon âme.

Par tous scs appas ;

Non pas , vraiment ;

Si J’épouse Adèle,

C’est bien moins pour elle Que pour son argent.

Mais ta Providence M’assure d'avance.

Me donnant son cœur,

Fortune, bonheur;

Par ce mariage.

J’aurai l'avantage De pouvoir payer Mes dettes d’oflicicr.

Avec de l’or.

Quelle belle vie!

.le veux faire envie

Au vieux commandant,

Je veux encor Souiller sa maîtresse...

J'aurai sa tendresse,

Ayanlde l’argent.

Ma liberté, que mon hymen enchaîne,

Vaut beaucoup d'or,

Car c’est mon unique trésor;

Pour mes créa: tiers quelle triste aubaine ,

Quel triste jour,

SI c'était un hymen d'amour.

Ne croyez pas Que la jeune femme Séduise mon âme Par tous scs appas ;

Non pas, vraiment ;

Si j’épouse Adèle,

C'est bien moins pour elle Que pour son argent

PAULIN

Diable de Fleury, il sera toujours mauvais sujet

FLEURY

Mauvaise tête et bon cœur.

PAULIN

Bon cœur, bon cœur, lu ne nous en fournis pas la preuve.

FLEURY

Parce que je cherche à me ranger, à paver :

mes dettes, a faire une fin ; parce que je veux , lorsque je serai marié, que ma femme soit toujours soumise et ferme les yeux si parfois il m'arrive de in’écarter du devoir conjugal, on ose mettre en doute la bonté, l’excellence de . mon cœur! ah! Messieurs, ceci passe la raille- j rie!

PAULIN

Allons, allons, ne va pas te fâcher.

Fleury.

Je n'en ai nullement l'envie !.. ne dois-jc pas savoir que vous avez dû être surpris de mon changement, de mes assiduités auprès de la jeune Adèle , quami je n'ai jamais pu garder fidélité deux jours de suite... oh ! mais c'est qu'il s'agit ici de mon avancement , et par-dessus tout de payer tues créanciers.

PAULIN

Diable , c’est une affaire sérieuse.

FLEURY

Des plus sérieuses... eh ! mais j'oublie que je suis venu vous chercher de la part de ces dames ! j c'est ridicule de se faire attendre ainsi !.. Ah ça ! I Messieurs , motus sur ce qui vient d'être dit. tous.

C’est mort !

LE COLONEL, 4 part.

Heureusement, j'ai tout entendu, mol.

(Il rentre dans les salons.)

PAULIN

Eh mais ! j'aperçois une ambassadrice qui s'a- j vance.

FLEURY

C'est Adèle !.. Messieurs, vous me permetti ez bien de demeurer un instant ici avec elle.

PAULIN

Rien de plus juste, noos n'avons pas l'inten- 1®.

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