SCENE
(Au lever du rideau, on bat la retraite et on relève de faction Criquet. )
CRIQUET
C Dieu de Dieu que rc genre de promenade était caurhemardant! En voilà un de plaisir soigné et ineffaçable: être de planton à la porte d’une caserne pour garder, quoi?., je vous le demande... des pierres et des soldais !.. Cré coquin, si j' tais gouvernement, pendant deux jours... qu’est-ce que je dis donc, pendant deux jours, pendant seulement vingt-quatre heures, je suppressionnerais radicalement les factions !.. les factions!., c’est de l'abus, de l'arbitraire pur sang!., allons, allons Criquet, mon garçon, pas d'idées réralcilranles et incendiaires, mets la mauvaise humeur dans ta poche, ton mouchoir par-dessus et fais ton service avec la grâce et la docilité qui caractérisent le troupier frrrraiiçais!.. (Le tambour qu’on a entendu au loin, se rapproche.) Mais j’entreperçois le brave Moustache, le plus beau des tambours, passés, préseus et futurs! (A Moustache qui entre.) Eh bien, lapin, peau d'âne , qu'est-ce que dit ta caisse ? dit-elle qu’il y a double ration ce soir, et pas de corvée demain ?
MOUSTACHE
Non , blanc-blec ; ma caisse ne chante rien de tout ça.
CIUQÜF.T.
T an t- pire , alors.
MOUSTACHE
Ah ça ! tu ne vas donc pas brosser ton habit et cirer tes guêtres?..
CRIQUET
A quel usage?., est-ce que par hasard nous ! allons être passés en revue au clair de la lune. MOUSTACHE.
Non, mais, comme le Colonel donne un bal à 1 ses officiers , j’ai pensé qu’il t’avait envoyé un ! billet de faire part.
CRIQUET
Compte là-dessus et boit tout ce que tu voudras... un bal aux officiers, je n’en revient pas!., sont-y heureux ces gueuses d’épaulettes eiijaunet, ils vont danser à discrétion... et en quel honneur a lieu la chose ?
MOUSTACHU
Ali ! dame ! je l'iguenore... seulement, je sais qu'il donne sa fcic dans la caserne pour én e plus près descs soldats qu’il aime comme ses enfans... C’est encore à cause du profond attachement qu’il nous porte, qu’il s’est tout-à- fait fisi/ué au milieu de nous... c’est un si brave homme que le colonel Durvillc.
CRIQUET
Oh ! qn’ oui , qu’ c’en est un d’ brave homme I aussi il a mon estime.