FLEURY, ADÈLE, CYPRIEN
FLEI'RY, à Adèle.
F.h quoi , vous voulez que je laisse échapper le seul instant où il m’est permis de vous voir sans témoins. Oh ! vous êtes bien cruelle !
ADÈLE
Monsieur, me direz- vous enfin quel sera le terme de tant d’obsessions et d’ennui... je vous ai ouvert mon cœur et je suis surprise de l’obstination que vous mettez à me poursuivre ainsi... après l'aveu que je vous ai fait, après vous avoir dit...
FLEURY
Que vous ne m’aimiez pas , que vous en aimiez un autre; et c’est là. Mademoiselle, ce < ui cause mon chagrin , ce qui me fait désirer votre présence.
CYPRIEN
Chère Adèle... elle ne m'a pas oublié.
ADÈLE
Quoi ! Monsieur, vous m’épouseriez sachant mon cœur plein de l'image d'un autre... ah !
assez. Monsieur, assez ; car, au lieu de l'estime que j'ai encore pour vous, bientôt peut-être n'éprouverais-je que du mépris et de la haine.
FLEURY , avec fatuité.
Ah ça ! mais. Mademoiselle, je ne vous comprends pas, parole d'honneur! vous roc faites un crime de vous idolâtrer, de chercher à me rapprocher de votre personne... comme s'il n était pas tout naturel de faire la cour à sa future» CYPRIEN, A part.
Son époux, lui...
iOlLK.
Tout à l'heure, Monsieur, je vous ai parlé comme à un ami et Je n’ai pas craint de vous avouer le secret de toute ma vie . ma ronfianre a été trompée, je le vois ; et puisque vous ne tenez pas compte de ma franchise , puisque vous persistez toujours à accomplir une union impossible, je sais ce qui me reste à faire... adieu. Monsieur.
(Fausse sortie.)
FLEURY, la retenant.
Arrêtez, Mademoiselle, vous m’entendrez à votre tour.
ADÈLE
Monsieur, cette violence.
FLEURY
J’espérais vaincre vos scrupules.
ADÈLE
Jamais, Monsieur, jamais.
FLEURY
Mais votre oncle m’a promis votre main , il faudra bien que vous obéissiez.
c y PRIE N , s’élançant.
Non, mon oflicier, elle n’obéira pas.
FLEURY, sc précipitant sur lui.
Insolent!
ADÈLE, sc mettant devant Cypricn..
Je ne me trompe pas... que vois-je... Cyp...
CYPRIEN, à Adèle.
Silence!., silence!..