PREMIÈRE PARTIE
L'explication du nom de Physique, et le but qu'on s'y propose, en y étudiant.
Que nous l'acquérons à l'aide des facultés connaissantes qui sont en nous.
Examen de nos connaissances premières et immédiates, ou bien secondes et réfléchies.
Que les premières connaissances ne sont autre chose que les sensations.
Qu'elles sont causées pour l'ordinaire (c'est-à-dire nos sensations) par les objets extérieurs, au moyen de quelque sorte de correspondance qu'ils ont avec les parties de notre corps.
Réflexion sur ce que ces sensations sont en nous, et qu'il se faut bien garder de les confondre avec leur cause, qui est extérieure.
Induction du toucher, du goût et de l'odorat, par laquelle on découvre qu'en connaissant les qualités tactiles, comme les saveurs, les odeurs, etc., nous ne connaissons que nos sensations.
PHYSIQUE 01 s( !!.-.<. i DES CHOSES NATURELU 20,3
Qu'il v a de la difficulté à concevoir la môme chose des sons, de la lumière et «les couleurs.
Raison tirée des expériences convaincantes, par lesquelles l'entendement reconnaît que les sons, la lumière et les
couleurs sont, aussi bien que la douleur, l'odeur et la saveur, des sensat ions qui sont en nous les effets de quelque chose d'extérieur.
Conclusions générales, que, hormis nous-mêmes, nous ne connaissons rien sans raisonnement.
Doute si notre vie n'est pas un songe continuel entrecoupé de plusieurs songes particuliers.
La sofution de ce doute, absolument parlant, impossible, encore que nous ne puissions nous persuader d'être toujours trompés.
Que la foi dissipe entièrement ce doute (i).
Que sans elle nous n'aurions qu'une certitude morale, qu'il y a quelques choses hors de nous.
Qu'il n'y a que l'âme qui puisse deviner quelles sont les choses extérieures.
La voie, pour les connaître, est de faire certaines suppositions, et voir si elles s'accordent avec nos expériences.
Que, d'une disconvenance manifeste, s'ensuit la fausseté absolue de notre supposition, et que, de la convenance générale à toutes les apparences, il ne s'ensuit que la simple vraisemblance.
Que la Physique ne peut être qu'une science conjecturale.
Que son incertitude est augmentée par l'ignorance dans laquelle nous sommes des secrets de Dieu.
Avis de penser la valeur des raisons, et d'être juste estimateur de nos raisonnements.
Vice des pédants, d'expliquer une chose obscure par des moyens qu'on n'entend pas.
Avis second de ne rien admettre sans nécessité, et que
(i) Rien de religieux. C'est la « croyance volontaire » de Descartes.
c'est une licence d'expliquer par le plus ce qui se peut aussi bien expliquer par le moins.
Établissement de la matière pour principe des choses sensibles.
Oue la matière n'est pas couleur, chaleur, saveur, dureté, pesanteur, etc.
Que, par la matière, nous ne connaissons qu'une chose étendue.
Qu'il résulte de là l'impossibilité du vide.
Ce que c'est que la raréfaction et la condensation.
Que le monde est indéfini.
Que le plomb ne contient pas plus de matière qu'une masse de cire égale en grosseur.
Qu'il ne peut y avoir qu'un seul monde.
Les propriétés de la matière sont d'avoir des parties au moyen desquelles elle est divisible à l'infini.
Les propriétés des parties sont d'être figurées et capables du mouvement et du repos.
Que la géométrie enseigne les différentes divisions et les figures.
Du mouvement et du repos.
Que le mouvement dit rapport aux corps environnants, desquels le corps qu'on conçoit mobile se détache.
Que ce détachement est réciproque.
Quel motif on doit avoir pour nommer un corps mobile ou immobile.
Du ralentissement du mouvement.
De la composition du mouvement.
De la diversion du mouvement,
Des réfractions.
L'ordre et disposition des corps durs mis dans des liqueurs.
Que jusque-là sont expliquées en général les propriétés absolues de la matière.
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Que lea autres propriétés se disent par rapport à nos organes*
Abrégé de l'explication vulgaire dei autres propriétés, supposant, dans les sujets, des accidents tout semblables
aux sensations que QOUS en avons.
Défaut et contradiction de cette explication.
Qui.* les accidents sont inutiles pour expliquer les appareil* •
Qu'il esi libre de supposer tout ce qu'on voudra dans les sujets, pourvu que, par ces suppositions, on rende raison de leurs apparem
Quel doit être un corps pour être dit dur.
Première connaissance de la terre.
Quel doit être un corps pour être dit liquide.
Première connaissance de l'eau, de l'air et du feu.
De la mollesse.
Que l'on appelle ordinairement humide ce qui est pour le moins un peu liquide.
Qu'on nomme sec ce qui est dur et quelquefois ce qui est liquide.
Solution du doute comment le soleil et le feu durcissent la boue et amollissent la cire.
De la chaleur.
Continuation pour expliquer le feu.
De la chaleur du fumier et de la chaux .
Pourquoi l'air, poussé de nos poumons, paraît tantôt chaud, tantôt froid.
Des saveurs.
De l'acre, de l'amer, du doux et des principes de chimie.
Des odeurs.
Des sons.
Établissement d'une matière autrement figurée que la terre, l'eau et l'air.
De la lumière en général.
Explication de celle dont éclairent le bois pourri, les
écailles ou la peau fort lissée du poisson qui se corrompt, et les vers luisants.
Des couleurs.
Explication des miroirs.
Qu'est-ce que diaphane et opaque?
Du passage de la lumière et des couleurs au travers des corps diaphanes, à cause des pertuis arrangés et figurés de certaine façon.
Des miroirs ardents.
Qu'on en taille de glace.
Histoire de l'œil et de ses parties.
De l'apulsement (i) de la lumière et des couleurs sur les parties de l'œil.
Expériences confirmant cette doctrine.
Comment nous connaissons les objets, avec leur figure, leur ordre et leur situation.
Pourquoi les lunettes, plus épaisses au milieu qu'au bord, font voir les objets renversés.
Conjecture pourquoi on ne voit pas l'objet renversé, puisque 1 image qui s'en fait dans notre cerveau doit être renversée.
Autre conjecture pourquoi nous ne voyons pas les objets doubles, s'impnmant de chaque objet une image dans chacun de nos jeux, et pourquoi pourtant cela arrive quelquefois. ^
Explications des lunettes qui multiplient.
Pourquoi les lunettes, plus épaisses au milieu qu'au bord font voir plus gros; et celles qui sont plus minces au milieu qu au bord font voir plus petit.
Pourquoi un tison allumé, agité en rond, fait voir un cercle de feu.
Des rayons qui paraissent autour d'une chandelle, en clignant les yeux.
(i) Mouvement pulsatif, battement
i'Il :
Explication de tout rticularités de cette expé-
rience.
Du brillement des ("toiles, et le moyen de I i brillement.
Pourquoi les lunettes d'approche nous font voir les «'toiles fixes d'autant plus petites qu'elles grossissent l'apparence -les autres ob
Pourquoi une chandelle, i de loin, nous
parait si grande.
Pourquoi la tête d'un camion (i), mise fort près de notre œil, nous paraît, celle d'une fort grosse épingle, et comment transparente.
De la distinction et de la netteté de la vision.
Pourquoi l'on se peine à regarder de trop près.
Pourquoi un pré tout vêtu d'herbe verte, où il n'y aura que bien peu de fleurettes blanches semées par-ci par-là, regardé de loin, paraît tout blanc.
De la distance.
De certains vices des yeux.
Du moyen de les corriger, à l'aide de différentes lunettes.