PAL LAPS
collections liquides de l'épididyme et du cordon. Avec les publications de Gosselin, de Panas, de Lannelongue et de Kocher, on en pénètre mieux l’anatomie pathologique et l’étiologie. Entre temps, la connaissance plus précise des tumeurs de la glande spermatique montre l'importance des hydrocèles secondaires et l’on aperçoit que l'épanchement traduit presque toujours une irritation préalable de l’épididyme.
Onle voit, des origines de la Médecine aux vingt premières années de ce siècle, l’histoire de l’hydrocèle est des plus obscures et l’on ne trouve guère, dans les savants auteurs de l’Académie Royale, plus que n’en disait Ambroise Paré ; pour lui, « la hargne aqueuse nommée hydrocèle est une tumeur au scrotum faite à raison de l’eau qui s'y amasse peu à peu ; on la reconnaît en mettant une chandelle allumée du côté de la main que l’on voit claire et lucide ».
L’hydrocèle symptomatique des affections du testicule et de l'épidyme est ne nous ne l’étudierons pas ici.
Quant à l’hydrocèle simple, est-elle réellement simple ouidiopathique, ou bien ne l’est-elle que d’une manière relative, en d’autres termes, ne dépendraitelle pas, comme la précédente, de lésions du testicule ou de l’épididyme assez peu considérables, du reste, pour passer inaperçues, ou pour ne pas devoir autrement attirer l'attention du chirurgien ? IÎne sera pas sans intérêt, avant de nous prononcer et d'émettre notre opinion, de passer en revue celles qui ont été émises sur cette question.
Citons, d'abord, l'opinion de différents médecins pour qui « cette manifestation d’une constitution hydropique souvent liée à une insuffisance sécrétoire du rein, étaitune sauvegarde contre plusieurs maladies graves. Sæpe ego vidi multos per hernias aquosas liberatos esse a gravibus affectibus ab empyemate hy drope pulmonis.Undesipenitus sanetur poteritmultos morbosposteainferre ,avaitdéjà écrit Fallope.Certains auteurs avaient même noté des lésions, plus ou moins graves et diverses du testicule et de l'épididyme mais ils les regardaient comme des conséquences d’une action délétère exercée sur ces organes par le contact de la vaginale, Fallope dit encore : Testis autem substantia abacrimonia humortis successu temporis corrumpitur. Sciendum est quod in hernia 1lla in qua continelur aqua in vagina testis et quæ aliquantisper sit diuturna corruptus est testis.
L’hydrocèle suivant Curling,, est une affection toute locale, résultant « d’un trouble de l'équilibre si exactementcombiné entre les fonctions de sécrétion et d'absorption ».
« Eneffet,dit-il,les causes qui lui donnent naissance ressemblent à celles qui, en général, tendent à produire l’épanchement danslesautres séreuses ».De son côté, Astley Cowper s’exprimait comme il suit: « On attribue souvent l'hydropisie en général, et l’hydrocèle en particulier, à une augmentation de Îa sécrétion ou à une diminution de l’absorption, mais cette explication n'est qu'une manière d’éluder la difficulté. Quant à moi,je crois qu'une diminution d'absorption est rarement la cause d’une hydropisie. Les tumé-
Abe
factions hydropiques, au contraire, sont ordinairement le résultat d’une augmentation dans l’exhalaison artérielle ; Ja preuve de ce fait se trouve dans la vascularité plus grande de la surface membraneuse qui produit le liquide dont la quantité est anormalement augmentée,vascularité que démontrent les injections sur le cadavre et que l’on peut observer sur le vivant... Toutefois, l’hydrocèle ordinaire est moins le fait de l'inflammation que celui d’un relâchement qui porte sur les artères et sur les veines et par suite duquel les orifices exhalants versent une plus grande quantité de liquide qu'à l’ordinaire. Les vaisseaux absorbants du cordon spermatique sont beaucoup plus volumineux du côté de l’hydrocèle que du côté opposé, ainsi que jai pu m'en assurer par les injections ».
John Hunter, après avoir dit que les causes de l'hydrocèle sont inconnues, ajoute: « Toutefois, l'hydrocèle de la tunique vaginale naît souvent d’une maladie du testicule; c'est ce que j'ai observé sur plusieurs malades chez lesquels on avait pratiqué l'opération pour la cure radicale. J'ai vu aussi, dans plusieurs cas, qui, d'abord, n'étaient pas autre chose que de vraies hydrocèles, car le testicule paraissait à peine malade, le testicule augmenter peu à peu de volume avec Île temps, c’est-à-dire dans l’espace d’un ou deux ans et l’eau diminuer à tel point qu'il ne restait presque plus qu'un testicule volumineux et malade, qui, pendant tout ce temps, n'avait causé que peu ou pas de douleur ».
J.-L. Petit parle de l’induration du testicule comme
Poe
d'une complication de l'hydrocèle vaginale qu'il définit : « Un épanchement liquide dans le péritestes » (tunique vaginale), ce qui ne l'empêche pas ailleurs de dire « que le gonflement préexistant du testicule ne se dissipant pas, il se forme une hydrocèle qui vient peu à peu. Cette hydrocèle, dans la suite, augmente au point de cacher Île testicule, de sorte qu'on ignore en quel état est cette partie ».
Pour Delpech, l'inflammation chronique ou la simple irritation sont des causes très familières d'hydrocèle.
Pour Percival Pott, ce qui caractérise l'hydrocèle vraie, c'est l’état naturel, mou et sain du testicule ; mais il ajoute : « Quand je dis état naturel, mou et sain du testicule, je n’entends pas avancer que l'état naturel du testicule, celui dont il jouit lorsqu'il n’est affecté d'aucune maladie, ne soit jamais altéré dans une hydrocèle simple. Je sais le contraire, je n'ignore pas que, dans l’hydrocèle, le volume du testicule est très souvent augmenté, que sa structure est souvent relâchée et que les vaisseaux spermatiques sont souvent variqueux; mais je me suis exprimé de cette manière en opposition à l’état d'induration du testicule squirrheux ».
Boyer n'est pas moins explicite que les auteurs précédents sur l’'essentialité de l’hydrocèle simple. « Lorsque l’hydrocèle, dit:il, est simple, l’organisation du testicule n’est point altérée. Seul, le volume du testicule peut changer et, très souvent, ilest très augmenté, plus rarement diminué
Quant aux causes provoquant l'hydrocèle, on a
EE CE invoqué des froissements, des contusions, une tuméfaction inflammatoire du testicule, la compression et l'irritation du cordon comme ayant quelquefois précédé le développement de l'hydrocele ; le plus souvent cette maladie s’est déclarée sans cause manifeste.
« L'hydrocèle vaginale, dit Nélaton, se montre sous l'influence des causes les plus variées, toutes les causes d'irritation du testicule, du scrotum et du cordon peuvent déterminer une hydrocèle; fort souvent cette affection se montre sans cause appréciable. » |
Richerand note Ia concomittance assez fréquente de l’hydrocèle et des lésions du testicule, sans toutefois trancher la question des rapports de causalité. Roche et Sanson estiment aussi que, généralement, « le sarcocèle a précédé et que l’hydrocèle n’en est qu’un effet. »
En résumé, si l’on en excepte Hunter et, jusqu'à un certain point, P. Pott et J.-L. Petit, on voit que les auteurs sont généralement d'accord pour affirmer que le testicule est habituellement sain, et pour donner comme consécutives les altérations de volume et de forme qu'il présente quelquefois dans l'hydrocèle.
Tel était l’état de la question lorsque M. Panas fit sa communication à la Société de Chirurgie, qui fut suivie de la publication, dans les Archives, d'un mémoire sur les causes et la nature de l’hydrocèle (janvier 1872), tendant à établir que dans la majorité des cas, l’hydrocèle prétendue essentielle, recon-
nude
naît pour cause une épididymite partielle, subaiguë, latente, ayant pour siège la queue de l’épididyme et, plus rarement, une orchite chronique. Sur huit cas pris au hasard dans son service de l'hôpital Saint- Louis, dans le courant de l'année 1872, l’induration de la queue de l’épididyme a été constante; dans deux cas d’hydrocèle des pays chauds contractés au Caire, le testicule était en même temps augmenté de volume ; dans deux autres cas, enfin, l’induration occupait une fois tout l'épididyme et une fois l’épididyme et le cordon. Souvent, le corps du testicule offrait une certaine augmentation de volume et de consistance, en même temps qu'il était douloureux à la pression.
Aucun des malades observés par Panas n’a eu d'orchite, tous étaient indemnes de syphilis, de blennorrhagie et de diathèse tuberculeuse, à quoi il faut ajouter que le testicule du côté opposé était absolument sain.
Passant ensuite à l'étude des causes de cette espèce d'orchite, M. Panas s'exprime ainsi : « En face des réponses négatives des malades atteints d’hydrocèle simple, il n’est pas facile de reconnaître la cause de l'espèce d’orchite dont nous nous occupons ici et qui, croyons-nous, engendre l’hydrocèle réputée essentielle. Mais si l’on fait attention que la plupart des malades adultes atteints d’hydrocèle ont dépassé la quarantaine et même la cinquantaine, et qu'à cet âge les altérations du col de la vessie et de la prostate sont communes (calculs prostatiques, graviers uriques, hypertrophie de la prostate), on est
Top
tenté d'attribuer à un travail irritatif, sourd, de ces parties, qui retentit jusqu’au testicule et à l'épididyme, la cause première de cette orchite ». Panas explique, d'autre part, que si cet état morbide, latent, sourd du testicule, est la cause de l’hydrocèle, il serait donc très facile de s'expliquer ainsi la fréquence malheureusement encore assez grande des récidives après injection iodée.
Malheureusement, cette ingénieuse théorie ne repose que sur un examen clinique fait au lit du malade et, comme le font très bien remarquer MM. Monod et Terrillon, il n'avait pas été démon:tré, pièces en main, que l’induration constatée parla palpation, siégeait véritablement dans l’épaisseur même de l’épididyme. Les recherches anatomiques faites par M. Lannelongue et confirmées par Marimon, dans sa thèse, montrèrent, en effet, que Panas avait été le jouetid’une illusion.
Dans ses recherches à Bicêtre, M. Lannelongue a exposé une nouvelle hypothèse devant la Société de Chirurgie, en 1873. Pour lui, cette induration, quand elle existe dans l'hydrocèle simple, est consécutive à l'irritation de la tunique vaginale et, même dans ce cas, il n’y a pas d’épididymite proprement dite, mais épaississement et induration du tissu cellulaire sous-séreux. |
On sait, il est vrai, depuis la remarque de Gendrin, que lorsque ce tissu sous-séreux enflammé pénètre dans l'intérieur d'un organe, il y transmet l’action inflammatoire, et l’on peut admettre que l'épididyme peut se trouver atteint consécutivement ; mais, dans
REY er
tous les cas, ces lésions ne sont que secondaires et assez peu marquées pour que la queue de l'épididyme puisse être considérée, dans les grosses hydrocèles, comme la partie la plus saine de l'organe.
Ce sont les agents d'irritation de la séreuse ellemême qui occupent le premier rang dans la production de l'hydrocèle, C’est aux contusions, aux froissements répétés que paraît devoir être rattachée l'exagération secrétoire, l'irritation qui produit l'hydrocèle. Toutes les circonstances qui tendent à augmenter la congestion des organes peuvent agir comme causes adjuvantes; telles sont la position déclive, quelquefois exagérée du testicule, la chaleur, etc:
Ajoutons, dit M. Marimon dans sa thèse, « qu’il existe un grand nombre de causes que l'on pourrait appeler causes latentes de l’hydrocèle ; tels sont ces petits kystes de l’épididyme qui, comme dit très bien M. le professeur Gosselin : « Ne fournissent que peu d'applications à la pathologie et intéressent plutôtl’anatomiste que le physiologiste ». Morgagniavait déjà signalé l'ouverture de ces petits kystes dans la tunique vaginale; mais il en exagérait l'importance, en croyant qu'ils secrétaient un liquide qui s’accumulait dans la cavité vaginale. M. Gosselin n'accepte pas l'explication de Morgagni enentier ; mais il croit possible l’hydrocèle comme conséquence de la rupture d’un de ces petits kystes.
Dans ces mêmes kystes il a rencontré plusieurs fois de petites concrétions dures et très fines mélangées au liquide, or ces concrétions, si elles tombent
Do dans la tunique vaginale, « me paraissent, dit-il, devoir être une cause nouvelle et plus grande d'irritation ».
Un petit kyste de l’épididyme, une induration, une transformation quelconque du tissu cellulaire faisant saillie dans la cavité vaginale agira comme un corps étranger, comme une épine, grâce surtout aux frottements que la mobilité dont jouit le testicule déterminera entre le produit morbide et la vaginale. De là un épanchement de cause irritative, et, comme le liquide épanché n’a aucune tendance à la résorption, qu'au contraire, il tend à devenir chaque jour plus considérable, nous pouvons comprendre comment il peut se former une grosse hydrocèle sous l'influence d'une cause déterminante en apparence minima. |
M. Lannelongue a souvent présenté de ces hydrocèles qu'on aurait prises pour des hydrocèles idiopathiques et dans lesquelles, en y regardant attentivement, on rencontrerait sur l'épididyme un de ces petits kystes si bien décrits par Gosselin.
Les recherches de M. Duplay viennent encore à l'appui de cette opinion sur l’étiologie de l'hydrocèle, chez les vieillards surtout. « En effet, dit-il, dans tous les cas d’hydrocèle, chez les vieillards, à l'exception d’un seul, j'ai rencontré soit des lésions de la tunique vaginale, soit des lésions d’une autre nature; plusieurs fois des plaques cartilagineuses développées dans l’épaisseur de la tunique albuginée ce qui donnait un aspect rugueux et inégal à la surface du testicule. La coïncidence de l’hydrocèle
avec les kystes de l'épididyme était assez fréquente ; j'ai pu la constater six fois; ces kystes variaient quant à leur volume, depuis celui d'un grain de chènevis jusqu’à celui d'une aveline; presque toujours 1ls étaient au nombre de deux ou trois ».
Ces diverses lésions de la tunique vaginale que nous venons de signaler, la fréquence des kystes, ces corps étrangers cartilagineux ou osseux, soit pédiculés, soit libres, nous paraissent de nature à expliquer la fréquence si grande de l’'hydrocèle chez les vieillards ; la présence de ces corps cartilagineux qui se meuvent entre les deux feuillets de la vaginale, dans les diverses attitudes du corps, nous paraissent bien propres à déterminer l’irritation de cette membrane et, par suite, l'hypersécrétion du liquide séreux qui la lubréfie.
Curling dit que, dans toutes les hydrocèles volumineuses, les vaisseaux spermatiques sont séparés et déplacés ; la substance glandulaire du testicule est habituellement saine, apte à remplir ses fonctions, et la maladie est rigoureusement limitée à la séreuse d’enveloppe. Toutefois, le testicule est un peu modifié dans sa forme et aplati par la compression qu'exerce sur lui le liquide épanché. Cette compression peut même aller jusqu'à produire l'atrophie partielle.
M. Gosselin ajoute que, dans quelques cas semblables, il a constaté de la pâleur et de l’anémie du testicule, avec arrêt de la sécrétion des spermatozoides.
OT Ruysch croit quel’hydrocèle vaginale provient d'un état variqueux des vaisseaux spermatiques.
Morgagni cite les altérations de l’intérieur de la tunique albuginée.
Pour Rochaux, l’'épanchement esttout ; pas d’affection du testicule. Il y a cependant hydrocèle aiguë à la suite de vaginalite ou d'orchite.
Hüumphy dit que « habituellement le testicule est sain et conserve son volume normal. Parfois il se trouve aplati et étalé, par suite de la pression que le liquide y exerce ».
M. Romus de Fonséca, dans sa thèse : « Considérations générales sur les hydrocèles vaginales de l'adulte », 1876,tend, comme ses devanciers ‘mmédiats, à faire de l’hydrocèle une lésion toujours symptomatique. [1 l'examine plus particulièrement,comme l'avait déjà fait Vétault, dans sa thèse de Paris, 1872, dans les orchites chroniques, le tubercule, les diflérentes lésions syphilitiques et le cancer.
Quelques années plus tard, MM. Terrillon et Schwartz, étudient l’hydrocèle dans la blennorrhagie et dans la lésion du canal déférent.
Si, maintenant, nous cherchons à résumer rapidement ce long historique, touchant la pathogénie de l’hydrocèle, nous voyons qu'elle peut se diviser en trois périodes marquant chacune une phase particulière. La première, la plus ancienne, est surtout caractérisée par ceci, que l’hydrocèle semble toujours une maladie essentielle et, comme sa présence peut masquer les lésions glandulaires, celles-ci sont consi-
SR dérées comme des complications et non comme des causes.
Puis vient une seconde période qui s'étend à peu près depuis Velpeau, 1844, jusqu’à nos jours, où les chirurgiens et les anatomo-pathologistes essaient, surtout à l’aide du microscope, de séparer les nombreuses tumeurs qui constitue le sarcocèle. On sait, en effet, que c'est à cette époque que le cancer, après avoir remplacé le sarcocèle, disparaît, à son tour, de la nomenclature anatomique pour permettre de constituer les sarcomes, carcinomes, épithéliomes, etc., etc., tumeurs rendues distinctes grâce à l’histologie.
Enfin, depuis 1872, l’attention est rappelée sur l’hydrocèle, négligée un peu pendant la période précédente, et si les auteurs qui s'occupent de cette question cherchent surtout à étudier l’étiologie et à substituer à des causes banales les lésions persistantes de l'appareil glandulaire, ils semblent se borner à l'étudier surtout comme une hydropisie.
ETIOLOGIE
Maintenant que nous sommes fixés sur la pathogénie des hydrocèles et sur les différentes hypothèses qu’elles ont fait naître, nous allons passer rapidement en revue les causes qui peuvent aider à la production de ces épanchements.
Disons, tout d’abord, que, dans la majorité des cas, l'affection peut être rapportée àuneirritation directe
AR To
de la séreuse; souvent celle-ci est d'origine traumatique et résulte des froissements auxquels, dans certaines professions, les bourses sont soumises.
On a invoqué la contusion chronique chez les individus se livrant à l'équitation (Baum, Langenbeck, Bardeleben, Esmarch, Kocher, Volkmann, Monod et Terrillon). Le traumatisme agirait tantôt sur l'épididyme, tantôt sur la vaginale elle-même. Lorsqu'il s’agit d'une contusion de l’épididyme, il se produit un épaississement et un endolorissement passagers, notamment de la queue de cet organe (Kocher) auxquels vient s'ajouter, après un temps plus ou moins long, l’'épanchement intravaginal.
D'après Monod et Terrillon il se pourrait que des froissements même légers de l’'épididyme impuissants à laisser dans cet organe aucune trace appréciable, fussent cependant capables d'agir directement sur la vaginale pour y déterminer le degré de l'inflammation nécessaire pour aboutir à l’épanchement.
L'existence d’une contusion antérieure de la tunique vaginale est parfois démontrée par les traces de suffusions sanguines constatées dans le tissu sousséreux (Kocher, Gerzmer).
Un élève de Volkmann, A. Genzmer, mettant à profit, pour étudier l’étiologie de l'hydrocèle, les nom- ‘breux cas traités par l'incision à la clinique de son maitre, est arrivé à la conclusion que le traumatisme dévait être considéré comme une cause fréquente de vaginalite chronique avec épanchement.
Le groupe des « hydrocèles traumatiques » serait, après celui des hydrocèles de cause uréthrale, le plus
Pro
nombreux. Il s'appuie, pour soutenir cette opinion, sur ce fait qu'il est habituel de trouver, dans la vaginale, les traces d’un ancien épanchement sanguin. Aussi est-il tenté de faire revivre, en partie du moins, la théorie de Velpeau rapportant à la présence d'un caillot sanguin intravaginal le développement de certaines hydrocèles. :
Tel n'est pas, cependant, l'opinion de MM. Monod et Terrillon « ce que nous savons, disent-ils, de la rareté des lésions vaginales à la suite des contusions du testicule, ne nous permet d'accepter qu'avec les plus expresses réserves cette manière de voir. I nous paraît infiniment plus probable que l'épanchement sanguin doit être sous la dépendance d’une vaginalite préexistante et se faire dans une vaginale déjà altérée ».
On sait que l’hématocèle vaginale traumatique peut être suivie d'hydrocèle (Velpeau).
Dans d’autres cas les hydrocèles sont consécutives à des lésions de l’épididyme d’origine uréthrale (Baum, Langenbeck, Volkmann, Bardeleben). Les uréthrites, etplus particulièrementles uréthritesblennorrhagiques ne sont pas toujours sans avoir quelque retentissement sur l'appareil testiculaire, sans aller, toutefois, jusqu'à provoquer une épididymite véritable.
Elles peuvent provoquer des congestions passagères de l’épididyme (Monod et Terrillon), déterminantultérieurement, du côté dela vaginale, l'irritation nécessaire pour aboutir à la formation d’une hydrocèle. La même pathogénie peut être admise lorsque
Mio l'hydrocèle survient chez des sujets porteurs d'un rétrécissement uréthral (Monod et Terrillon).
Signalons rapidement la coexistence fréquente avec l’hydrocèle de petits kystes de l'épididyme, des appendices testiculaires pédiculés, des plaques cartilaginiformes et des exsudats pseudo-membraneux, étudiés plus particulièrement par Juillard.
Lorsque toute cause locale paraît vouloir rester inaperçue, certains auteurs veulent chercher la cause de l’hydrocèle dans l’état général du sujet.
Chollet, dans sa thèse (Paris 1870), inspirée par Verneuil signale le rhumatisme et l’arthritisme. Le rhumatisme du testicule et de ses enveloppes fut signalé à l'attention des chirurgiens, dans un mémoire publié en 1860, par M. Bouisson, de Montpellier, qui avait eu, avant cette époque, l'occasion d'observer plusieurs cas d’orchite et de vaginalite d'origine incontestablement rhumatismale.
En 1845, il avait déjà esquissé les traits principaux de cette affection dans une clinique qui n’a point été publiée. Le rhumatisme du testicule se développe sous l'influence des causes qui donnent généralement naissance à cette affection. Le froid, l'humidité, les variations brusques de la température, toutes les influences qui troublent les fonctions de la peau sont les causes qui disposent le testicule à recevoir l'atteinte du rhumatisme et président à son éclosion. Chollet signale, en outre, une série d'observations dans lesquelles les hydrocèles semblent relever d’une manifestation goutteuse, car, chez tous les
= 0) malades par lui étudiés, il y avait des traces très nettes d’arthritisme.
L'hydrocèle est une affectation tellement fréquente qu'il faudrait un plus grand nombre d'observations que celles rapportées par M. Chollet, pour établir qu'il ne s’agit pas, en pareil cas, d’une simple coïncidence.
Nous devons encore signaler, en terminant cette revue des causes possibles de l’hydrocèle, la coïncidence, relativement fréquente, bien que difficile à expliquer, de l’éléphanthiasis des membres et surtout du scrotum avec l’'épanchement vaginal.
Peut-être faut-il voir, dans ce fait, la confirmation indirecte de cette donnée d'anatomie générale d’après laquelle ies cavités séreuses devraient être assimilées aux espaces lymphatiques du tissu conjonctif , la séreuse n'étant à vrai dire, qu' un us lymphatique développé.
Il ne faudrait donc pas s'étonner de voir à côté d’un éléphantiasis du scrotum, évoluer un épanchement dans la tunique vaginale. Mais, malgré le soin que l’on a ainsi apporté à étudier l’étiologie de l'hydrocèle, il est encore des cas où la maladie paraît être spontanée. Gross et Rohmer, Monod et Terrillon pensent qu'il ne s’agit, en pareilcas, que d’un épanchement déterminé par une irritation phlegmatique de la séreuse ou de l’épididyme passée inaperçue.
Il nous reste pour terminer cette étude, à dire quelques mots concernant les conditions étiologiques générales de l'hydrocèle relatives à sa fréquence, à
Ep) l'âge auquel on l'observe, au côté le plus ordinairement atteint, enfin, à l'influence de l'hérédité sursa production.
C’est au traité de MM. Monod et Terrillon que nous empruntons ces données.
« Kocher a réuni sur ces divers points, des renseignements statistiques empruntés soit à sa pratique particulière, soit à celle de Socin (de Bâle), de Baum (de Goettingen) et de Langenbeck que l’on ne consultera pas sans intérêt.
La fréquence absolue de l’hydrocèle serait, d’après cet auteur, moins considérable qu’on ne serait tenté de le croire. Relevant, en effet, toutes les affections chirurgicales traitées, ou seulement examinées, à l'Hôpital de Berne de l’année 1860 à 1867, il arrive à un total de 5.969 cas, sur lesquels on ne compte que 44 hydrocèles ce qui donne pour cette affection, une proportion de 0,73 0e.
Ce chiffre est relativement faible, ce qui tient sans doute à cette circonstance que beaucoup de malades porteurs d'hydrocèle ne s’en inquiètent pas pour si peu,et ne vont pas prendre l'avis du médecin. La fréquence de l'hydrocèle varie suivant les climats. Elle est beaucoup plus considérable dans les pays chauds.
Au Brésil, par exemple, la maladie est considérée comme épidémique ; à Rosette (Egypte), le tiers des habitants en serait atteint; à Bangkook (Siam) peu d'hommes, après cinquante ans, en sont exempts (Lancereaux).
On a invoqué, pour expliquer ces faits, la plus
grande longueur des bourses, exposant les parties à des froissemerts multipliés, l'ardeur sexuelle des habitants de ces régions, etc.
Nous préférons, avec M. Lancereaux, nous contenter de faire remarquer que ces contrées sont précisément celles où se rencontrentl’éléphantiasis,l'érysipèle et l’angiocholite endémique, et que ces affections, diverses en apparence, mais de même ordreen réalité, doivent dépendre d'une même cause jusqu'ici mal connue.
Assez commune chez les enfants, rare dans la seconde enfance, elle est surtout fréquente dans l’âge adulte et chez le vieillard. D’après la statistique de Kocher, c'est de 21 à 50 ans que s’observent les hydrocèles. D'après la statistique de Dujat l'hydrocèle serait plus fréquente à gauche qu'à droite.
Pour ce qui est de l’hérédité de l’hydrocèle, les documents font défaut et seront très difficilement réunis. L’hydrocèle est une affection tellement fréquente qu'on la rencontre souvent chez des individus dont les pères ont été atteints d’hydrocèle.